[Compte-rendu événemenquable] When Doctors Meet Hackers Congress 2017

23/01/2018 par Paul-Antoine EVAIN.
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[Compte-rendu événemenquable] When Doctors Meet Hackers Congress 2017

Que se passe-t-il lorsque les médecins rencontrent les professionnels du numérique ? Nous avons assisté vendredi 13 octobre au WDMH Congress à l’Hôtel de Région à Bordeaux. L’évènement est organisé par l’association AquiHealth , crée par six médecins en 2015, et en partenariat avec la Région. S’il en est à sa deuxième édition, c’est la première fois que le congrès a lieu sous le nom « When Doctors Meet Hackers ».

Le futur de la santé connectée se joue en Nouvelle-Aquitaine !

Ce sont 500 participants qui étaient attendus sur tout le weekend pour discuter de l’état de la santé aujourd’hui mais surtout imaginer ensemble la santé de demain. Le but du congrès est en effet de réunir les professionnels de la santé et ceux du numérique afin qu’ils puissent échanger et travailler ensemble autour de la e-santé. La ville de Bordeaux et la Région Nouvelle-Aquitaine veulent ainsi se positionner comme leaders en France de la santé numérique et de l’innovation médicale.

 

Les enjeux de la e-santé

La journée d’ouverture s’est déroulée autour de quatre tables rondes et quatre keynotes animées par une vingtaine de speakers. Les participants se sont réunis autour d’experts de la santé et du numérique pour discuter de sujets tels que l’innovation dans les hôpitaux publics, l’e-santé dans les pays émergents ou les nouvelles techniques d’évaluation grâce aux nouvelles technologies.

L’après-midi a été lancée par Uwe Diegel, co-créateur d’iHealth entre autres, par un keynote intitulé « Casser les codes des anciens » dans lequel il constate notamment qu’en France, de nombreuses études pilotes sont menées mais il n’y aucun modèle économique pour les étendre par la suite. Il soulève aussi la question des données ; les patients ne sont pas opposées à l’utilisation de leurs données de santé afin de contribuer à la recherche médicale, ainsi le problème n’est pas lié à la sécurité des données mais plutôt à l’utilisation que l’on en fait, nous avons tendance à faire des relations directes entre deux variables qui ne sont pas nécessairement liées. Les médecins récupèrent beaucoup de données, l’enjeu est de le faire intelligemment. La donnée n’a de la valeur que si elle est utilisée, aujourd’hui les médecins ont les réponses, mais ils n’ont pas les questions.

Son intervention a donné le ton de l’esprit de l’évènement qui a pour objectif ambitieux de trouver de nouvelles solutions aux problématiques de la santé connectée. Comme l’explique Uwe Diegel, nous nous approchons de ce rêve mais celui-ci reste fragile. Nous sommes selon lui à l’aube de découvertes technologiques qui vont bouleverser la relation entre patients et médecins dans le futur.

La table ronde suivante a mis en avant le problème de la règlementation « Les gens auront des usages qui seront en avant de la règlementation » explique le Professeur Bernard Claverie, la meilleure solution serait de se donner les moyens d’encadres les nouvelles pratiques avant d’être obligé de les interdire. Le problème n’est pas l’usage bienveillant mais la monétisation.

Enfin, au cours de la table ronde sur les nouvelles évaluations, nous avons appris qu’il y a aujourd’hui plus d’objets connectés que d’humains sur terre. L’enjeu est de passer du simple dispositif de bien-être au dispositif médical. La discussion s’oriente par la suite vers la question de l’évaluation des médecins, une interrogation surgit alors : pourquoi évaluer et par qui évaluer ?

En parallèle de ses discussions, les visiteurs pouvaient participer à des master classes juridiques sur les thèmes de la règlementation des dispositifs médicaux en santé connectée ou encore le traitement des données.
Ainsi, l’écosystème de la santé est en plein bouleversement, il doit faire face à l’élargissement des métiers et l’ouverture de nombreux champs. La technologie continue en effet d’améliorer l’efficacité de la santé mais Francis Jutand, Directeur Général Adjoint de l’Institut Mines Télécom constate que la complexification entrainée nous mène vers une inévitable dérégulation. Selon le Professeur Christine Balague « le temps de l’innovation est beaucoup trop rapide », il y a donc de nouvelles règles et de nouveaux apprentissages à faire. Mais il reste optimiste pour le futur de la santé connectée « Je pense que le mariage entre les médecins et les hackers sera un beau mariage ».

 

Le Hackaton : point culminant du congrès

L’évènement s’est prolongé tout le weekend autour d’un hackaton ouvert à tous. Professionnels de la santé, développeurs, patients ou encore étudiants on unit leurs forces pendant 45 heures d’affilées pour travailler sur des prototypes innovants qui répondent à des problématique en e-santé, avec notamment une imprimante 3D à leur disposition. Le congrès s’est achevé dimanche après-midi par une remise des prix en présence du Président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, Alain Rousset.

 

 

WDMH : L’événement e-santé à découvrir…

‘When Doctors Meet Hackers’, un lieu d’innovation et de rencontre entre les professionnels et les passionnés du secteur de la santé et du numérique.

Cet événement s’est tenu durant le weekend du 13, 14 et 15 Octobre réunissant plus de 400 participants. Le premier jour a pris la forme d’une conférence qui rassemblait différents intervenants experts dans plusieurs domaines ainsi que celui de la médecine. Le deuxième jour de l’événement, l’équipe organisatrice a proposé des ateliers pour les participants au Hackathon afin de les former et de les orienter dans leurs projets respectifs. L’équipe organisatrice a veillé à accompagner les participants étant donné leur expériences et leur appartenance au domaine de la médecine. Le dernier jour était consacré à la finalisation des pitchs des projets et la présentation du pitch final devant un comité d’évaluation. Cinq prix étaient à gagner lors de ce dernier jour de compétition. Afin d’en savoir plus sur cet événement, nous avons interviewé un des membres de l’équipe organisatrice, Monsieur Edouard Lhomme, qui nous confie en répondant à nos questions :

Comment est né cet événement ?
L’équipe fait partie de l’association qui s’appelle « Aquithealth », cette organisation a été créée en 2015. Dans l’optique de lier le domaine de la santé au domaine du numérique, nous nous sommes fixé comme objectif de monter un événement d’une grande envergure à Bordeaux et qui serait le rendez vous des passionnés et des professionnels de la santé et des nouvelles technologies. Et cela afin de casser les codes entre les professionnels de santé et ceux du développement numérique, réunir tous ces gens sur un même événement ou tout le monde pourrait faire du networking, échanger des idées et travailler sur des projets en gestation afin de les porter à maturité.

Présentez nous un peu votre équipe
Au total, nous sommes est une petite dizaine à organiser ça ; quatre médecins en interne au CHU et d’autres membres qui nous ont rejoint en cours de route. Nous avons déjà beaucoup de travail à coté donc ce n’est pas évident de réussir à le faire. Nous sommes des médecins, mais sur cet événement nous sommes impliqués dans tout, de la création du site web, au contact de partenaires, à la communication…Et nous n’avons rien encore externalisé. Nous avons pour objectif de nous développer et d’assurer une continuité dans ce que nous faisons afin d’aller encore plus loin et d’assurer un réel impact sur notre région. Nous voulons remercier tous nos sponsors pour leur confiance et collaboration, grâce à eux on a pu mener à bien cet événement. On est fier d’avoir constitué un grand réseau de partenaires que nous tenons à garder pour d’éventuelles collaborations dans les prochains événements à organiser.

Est-ce la première édition de l’événement ?
Cet événement a vu le jour l’année dernière mais sous un autre nom, qu’est : « Hacking Health » c’est le même format d’événement que celui de cette année.
« Hacking Health » (lien : http://hacking-health.org/), C’est un mouvement international d’origine canadienne qui vise à briser les barrières dans le secteur médical en innovant dans le domaine de la santé. A la suite du grand succès de l’événement de l’année dernière à Bordeaux, nous avons décidé de refaire une édition de cet événement mais en ayant ce mouvement international comme partenaire, donc en créant un événement avec notre propre marque, on voulait vraiment se dissocier en portant un projet qui soit régional, émanant de l’Aquitaine, que nous avons nommé « When Doctors Meet Hackers ».

Depuis quand préparez vous le projet WDMH?
Emna Drira When Doctors Meet Hackers Hôtel de la région, Bordeaux
Depuis que nous avons clôturé l’événement « Hacking Health» qui s’est tenu en 2016, nous avons commencé à préparer cet événement. L’organisation est un vrai chronophage. Et puis le travail en équipe ne marche pas à tous les coups. Pour nous ça a marché puisqu’on est amis à la base, on a l’habitude de travailler ensemble donc c’est plus facile.

Quelles sont les nouveautés que vous avez mises en place, à part votre propre marque, par rapport à l’événement de l’année dernière ?
Nous avons renforcé la première journée de conférence : vingt speakers experts pour la journée de lancement. L’année dernière, nous n’en avions eu que huit. Nous avons planifié de faire un événement d’une plus grande envergure, avec plus de tables rondes, plus d’ateliers, plus d’intervenants de grande renommée … Nous avons accueilli le business developer d’Apple dans le secteur de la santé, le fondateur de SAS 3D, le fondateur de PATEL Health (chatbots for health) et d’autres experts et spécialistes. Ce qui a vraiment suscité beaucoup d’intérêt, il y avait une forte audience.

Cette édition a également réuni plus de participants : Moins de projets en quantité mais plus de projets de qualité. Nous sommes réellement impressionnés par la qualité des projets qui ont été présentés au cours de WDMH. Le fait qu’on arrive à avoir de vraies problématiques du terrain avec la participation des acteurs du CHU par exemple est un atout majeur pour assurer la faisabilité de ces projets.

Comment évaluez-vous le succès de votre événement ?
Il y a des indicateurs qui nous renseignent sur la réussite de l’événement comme le nombre de participants au cours des trois journées, qui est assez important. Le nombre de projets développés (10 projets) est un indicateur encore plus important. Nous projetons de faire un premier suivi en janvier et un autre un peu plus loin sans doute pour voir ou ils en sont. Nous n’hésiterons pas à les aider aussi s’ils ont besoin de contact ou d’orientations quand le cas se présente.

Quelles sont vos prochains projets ?
Nous débrieferons l’événement avec l’équipe en interne et puis avec nos partenaires pour évaluer nos retombées et voir ce que nous allons préparer pour l’année prochaine. Et nous verrons aussi si nous continuerons à organiser les sessions mensuelles de Networking que nous avons mis au point tout au long de l’année qui s’est écoulée ou encore organiser des sessions un peu plus espacées. Nous visons également à améliorer la digitalisation de nos événements en donnant plus d’accès au grand public.

Le Hackathon a pris fin en primant quatre projets. Un projet a réussi à décrocher deux prix : « CAP SOS », une application destinée au grand public visant à favoriser la prise en charge en urgence par un centre antipoison lors d’un incident toxique. Il a obtenu le grand prix du WDMH et le prix spécial ‘Solutions patients’.

Le projet « Meditest », une plateforme web qui permet de lutter contre les faux médicaments, a décroché le prix spécial du Conseil Régional de Nouvelle Aquitaine.

Quant au projet « Healthprover », un complément aux stratégies combinées de prévention des Infections Sexuellement Transmissibles (IST), a obtenu le prix spécial du partenaire Lilly. Finalement le projet « Satelia », un outil novateur qui permet d’accompagner le patient tout au long du processus de prise en charge lors d’une opération en ambulatoire, a été récompensé par le prix spécial ‘Solutions pour les Professionnels’.

 

Compte rendu réalisé par Dina AYAD et Emna Drira

étudiantes en Master Communication ISIC, Université Bordeaux Montaigne


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