Il fait Twitter sa classe de maternelles

16/12/2011 par Suzanne GALY.
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Rencontre avec Philippe Guillem, professeur des écoles à Talence qui expérimente l’envoi quotidien de messages sur Twitter par ses élèves de 5 ans.

Comment l’école intègrent-elle les technologies numériques dans son quotidien ? Un témoignage concret nous apporte des éclairages. Rencontre, dans le cadre du colloque annuel de l’ association nationale des acteurs de l’école , avec Philippe Guillem, professeur des écoles à Talence qui expérimente l’envoi quotidien de messages sur Twitter par ses élèves de 5 ans.

Philippe Guillem a fait entrer Twitter dans sa salle de classe en mai dernier.

Chaque jour, ses élèves de 5 ans de l’école maternelle Albert Camus (@camusmat04), à Talence (Gironde), planchent sur l’écriture d’un message de 140 caractères maximum destiné à leurs parents « followers ». Le réseau social, conçu comme un fil de discussions par messages courts entre ses membres, est devenu leur livre d’or où s’inscrivent les joies quotidiennes, les expériences nouvelles et les anecdotes de la vie à l’école.

L’enseignant témoignait sur sa démarche dans le cadre du colloque annuel de l’ association nationale des acteurs de l’école (An@e), organisé le 14 décembre, à Cenon (Rocher de Palmer), sur le thème « Au doigt & à l’œil - De l’intelligence plein les doigts ».

« Plaisir » d'apprendre

Philippe Guillem, instituteur à Talence, a aussi introduit en classe un cahier de vie numérique sous forme de tablette tactile - credit AEC« Utiliser Twitter, c’est d’abord un moyen d’ouvrir un dialogue sur les activités scolaires. C’est donc apprendre aux enfants à prendre du recul sur le quotidien. Les élèves choisissent le thème sur lequel ils veulent écrire, ils décident des mots à utiliser et me les dictent afin que je tape le message.

Twitter est un exercice d’écriture intéressant car il nécessite une intention de communiquer et de la précision dans les sujets et les mots choisis. C’est aussi, de fait, un exercice d’expression car les enfants doivent me dicter à l’oral un message écrit dans un français de qualité », témoigne Philippe Guillem, visiblement passionné par l’expérience.

Pour l’enseignant, la pertinence du réseau social en tant que support pédagogique ne réside pas dans sa dimension ludique. « Au cœur de la démarche, il y a avant tout un apprentissage de la vie numérique : ce qu’on dit et ne dit pas sur internet, ce qu’on accepte et ce qu’on refuse. L’idée est bien d’aider les élèves à élaborer une attitude de prudence et de responsabilité dans l’utilisation des réseaux sociaux », dit-il.

Philippe Guillem défend cependant haut et fort la notion de « plaisir » : plaisir de communiquer un message aux parents, plaisir d’apprendre. Il le constate chez ses élèves : « Lorsque, après deux mois et demi et 40 messages, j’ai demandé aux élèves s’ils voulaient arrêter d’écrire sur Twitter, leur réponse fut unanimement et fermement NON ! ».

« Comparé à un exercice d’écriture sur support traditionnel, fiches papiers par exemple, l’impact pédagogique de Twitter est fort car les enfants y parlent d’eux-mêmes et de ce qui les touche. Ca a du sens pour eux et cela mobilise leur attention. Un des domaines d’apprentissage en maternelle est le « vivre ensemble ». Le Savoir est lié au « savoir être » : savoir pourquoi on est à l’école, comprendre qu’on apprend pour soi-même. Dans cet esprit, la notion de plaisir est primordiale », poursuit l’enseignant.

Philippe Guillem intègre depuis longtemps les nouvelles technologies à ses démarches pédagogiques. Engagé dans l’aventure Twitter par sa seule volonté, il a aussi initié en septembre la rédaction d’un cahier de classe sur tablette tactile. Cette dernière, alimentée quotidiennement par les textes des enfants agrémentés de photos et de vidéos, circule dans les familles qui restent ainsi connectées à la vie de l’école.

« Les parents sont ravis, même les plus réfractaires. 80% d’entre eux se sont créés un compte Twitter pour suivre les messages de la classe », glisse Phillipe Guillem dans un sourire.

Philippe Guillem évoque cette expérience dans son blog : http://philippe.guillem.free.fr/blog

 

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