La moitié des sites internet publics d’Aquitaine est vraiment de qualité

10/12/2012 par Suzanne GALY.
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Les sites des collectivités d’Aquitaine sont-ils accessibles à tous ? Les résultats 2012 de l‘observatoire aquitain de la qualité du web public sont dévoilés dans le Diagnostic de l’Aquitaine numérique, réalisé chaque année par AEC et présenté ce lundi 10 décembre à Bordeaux.

L’accès aux services publics en ligne est un usage de plus en plus courant dans les différentes sphères de la société (habitants et entreprises). Selon les chiffres du Diagnostic 2012 de l’Aquitaine numérique , réalisé par AEC et dévoilé lundi 10 décembre au cours d’une conférence à l’Hôtel de Région (Bordeaux) :

  • 60% des Aquitains effectuent des démarches administratives en ligne et 15% utilisent un moteur de recherche pour trouver une information administrative.
  • 19% des PME d’Aquitaine répondent à des appels d’offres dématérialisés.

Afin de s’adapter à ces évolutions et y répondre de manière optimale, les collectivités publiques doivent adopter des démarches qualité répondant à un ensemble de critères : meilleure ergonomie des sites par des interfaces plus intuitives mais aussi déclinaisons des services web en version mobile.

Qu’en est-il en Aquitaine ?

200 sites internet aquitains analysés chaque année

AEC et la Région (Délégation TIC) se sont associés à la société bordelaise Temesis depuis 2010 pour créer un observatoire de la qualité du web public en Aquitaine. Un échantillon de 200 sites internet (150 sites internet de communes et 50 d’intercommunalités d’Aquitaine) a été analysé cette année encore au regard d’un référentiel de 60 critères de qualité et d’accessibilité.

Les résultats de cet audit sont publiés dans le Diagnostic 2012 de l’Aquitaine numérique . Ils révèlent que

  • Le taux de conformité des sites web des communes aquitaines aux critères du référentiel atteint 48% en 2012 ; il était de 46% en 2010. La progression de la qualité du web public est donc très faible.
  • Les communes de grande taille (+10 000 habitants) progressent le plus avec une augmentation moyenne de 8 points de leur taux de conformité.

iStockphoto.com@ FrancescoCorticchiaLes critères retenus dans le référentiel sont répartis en 6 grandes familles : la visibilité, l’utilisabilité, la technique, la eDemocratie, l’eAdministration, la proximité et ce qui relève du « contact » et des « infos sites ».

Ces critères peuvent être objectivement testés par les administrateurs des sites web à l’aide de l’outil Opquast Reporting .

  • Les communes misent avant tout sur leur visibilité (critère qui marque la plus forte progression avec +18 points), en améliorant les contenus du site dont elles maîtrisent la création et la publication.
  • Les critères techniques sont ceux qui connaissent la progression la plus faible. Cela est lié à la dépendance des communes à leurs prestataires web.
  • Plus de proximité et des informations sur le fonctionnement de la mairie plus précises : au niveau des services aux usagers, les progrès sont réels. Les communes semblent donc tenir compte des nouveaux usages et des exigences de plus en plus précises des citoyens.

 

La « qualité », un enjeu complexe et peu considéré

« Lors de la création ou de la refonte de leur site internet, les collectivités s’attachent davantage à l’aspect visuel et aux fonctionnalités : propose-t-il un agenda, un fil d’informations, etc. Les critères techniques qui favorisent l’accès de tous au site, ou son référencement, sont beaucoup plus complexes à appréhender. Ils sont nombreux, ne sont pas visibles tout de suite dans le site et sont très peu connus », souligne Agnès Passault, présidente du groupe Aquitem/alienor.net .

Cette société bordelaise a fait depuis quelques années des questions d’accessibilité et de qualité de l’internet sont cheval de bataille. Elle a créé des sites web pour bon nombre de collectivités locales de toutes tailles et applique à la lettre le référentiel de bonnes pratiques Opquast (sur lequel s’appuie l’observatoire aquitain).

Elle peut se targuer d’avoir été en charge de la refonte de trois des huit sites aquitains ayant enregistré entre 2011 et 2012 la plus belle progression en termes de qualité/accessibilité (Libourne, Périgueux et Cadaujac).

Résultats observatoire qualité des sites aquitains

Agnès Passault, présidente d'Aquitem

 

Agnès Passault témoigne :

« Nous avons modélisé nos réponses aux appels d’offres publics pour intégrer de manière systématique à nos projets web ces critères de qualité et d’accessibilité. C’est pour nous un réflexe à toutes les étapes de la fabrication des sites. Je constate cependant que les cahiers des charges imposés par les collectivités dans leurs marchés publics ne permettent par toujours de mettre en application ces bonnes pratiques ».

La spécialiste plaide pour qu’un « modèle de cahier des charges » soit proposé aux collectivités afin de les aider dans leur projet de refonte de site. Il intégrerait « un référentiel de base de critères de qualité ».

« Le client n’a pas la culture de ces choses là pour déployer des démarches vertueuses… Surtout dans les petites et moyennes communes. Pourtant cela n’a pas d’incidence sur le budget global du projet ».

Au-delà de la qualité du service rendu à l’internaute-citoyen, ces « bonnes pratiques » visent à assurer l’égalité de tous face à l’administration électronique. La loi du 11 février 2005 impose d’ailleurs aux services de communication en ligne du secteur public le respect des recommandations internationales pour l’accessibilité.

Selon le décret d’application de cette loi, les sites de l’État devaient adopter ces bonnes pratiques d’accessibilité en mai 2011. Ceux des collectivités territoriales (et des établissements publics qui en dépendent) en mai 2012.

Mots clefs
Aquitaine - bonnes-pratiques - e-administration - entreprises - études-et-statistiques - fractures - Mobilité - Usages
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