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Pendant quatre ans, des chercheurs en géographie de l’Université de Bordeaux ont exploré plus de 10 000 sites de l’arc Atlantique, dans trois domaines : le web public, l’e-tourisme et le web vitivinicole. Ils ont livré leurs conclusions début juin.
Comment aborder cet espace “a-spatial” qu’est le web ? En quoi permet-il de comprendre le territoire réel ?
C’est le défi qu’a relevé l’équipe de recherche de l’axe 2 du programme Raudin qui, pendant quatre ans, sous l’égide de Marina Duféal, a élaboré un atlas numérique de l’arc Atlantique (France, Espagne et Portugal).
Trois domaines d’étude ont été explorés : le web public, l’e-tourisme et le web vitivinicole. Trois livrets ont été publiés.
Ils étaient présentés début juin à l’occasion du symposium “Dessine-moi un cyberespace : regards géographiques sur l’aménagement numérique des territoires”.

Ces trois livrets parus début juin sont disponibles en téléchargement au format PDF sur le site de l'Axe 2 du programme Raudin ( http://raudin.u-bordeaux3.fr/atlasnumerique )
La recherche s’est d’abord intéressée à la capacité des acteurs à se doter d’un site internet. Le web, considéré comme un espace « marqueur du territoire », est légitime pour comprendre des phénomènes concrets, théorise Marina Duféal.
Les dynamiques observées sur le web peuvent être interprétées comme en « émergence » et révéler des réalités.
L’équipe a analysé les contenus de 10000 sites de l’arc Atlantique et leur propagation sur le territoire : années de création et de mises à jour, traduction en langues étrangères, présence d’une boutique d’e-commerce, de médias, réservation en ligne, services d’e-administration, lien vers une application smartphone ou une page dans un réseau social, etc.
L’analyse de 4068 sites de collectivités françaises de l’arc Atlantique montre que 32% des mairies et 64% des intercommunalités sont dotées d’un site internet.
En 2011, 44% du Grand Ouest français est couvert numériquement (sites municipaux), cette couverture concernant 76% de la population. Les zones blanches sont essentiellement situées en milieu rural et se concentrent en Aquitaine et Midi-Pyrénées.
En règle générale, les initiatives publiques en services numériques améliorent la présence et la qualité du web public.
La mise à jour des sites publics influe sur le nombre de services innovants proposés aux citoyens : télépaiement, démarches en ligne, co-voiturage, cartographie participative (comme le projet Léon à Mérignac qui permet au citoyen de la commune de signaler en temps réel les divers problèmes constatés dans l’espace public).
Manifestement, les collectivités souhaitent adopter des démarches d’ouverture et faire participer leurs administrés. Mais les réseaux sociaux ne sont pas inclus dans ce mouvement.
Deux audits qualité des sites internet de collectivités réalisés par AEC en 2010 et 2011 l’avaient déjà montré : seuls 2,6% des mairies et 4,2% des intercommunalités ont créé une page Facebook.
L’équipe de recherche préconise d’y remédier afin d’accroître la concertation.
La collecte des données s’est concentrée sur 3199 sites d’hébergements sur la zone du Grand Ouest, en focalisant sur les campings, qui concentrent 60% de l’activité, et les organismes de gestion de la destination (OGD).
Le secteur du tourisme diversifie de plus en plus ses contenus en ligne, notamment dans le secteur public, pour mieux prendre en compte les demandes de la clientèle touristique.
Il existe une profonde disparité dans la communication touristique publique : les Syndicats d’initiative sont bien moins dotés en site internet que les offices de tourisme (27,6% de l’ensemble des OGD présents sur le web). Dans le secteur privé, 84,4% des campings s’affichent sur le web.
Les zones à forte fréquentation touristique sont généralement bien dotées numériquement, mais l’arrière-pays rattrape son retard en démontrant sa capacité d’adoption des innovations.
L’intérêt de cette étude réside aussi dans ce qu’elle peut apporter lors de l’évaluation du futur Classement des Offices de Tourisme en 2014, qui prendra en compte les Technologies de l’Information et de la Communication, dans leur stratégie de promotion touristique.
L’étude a exploré 2932 sites du cyberespace viticole de l’arc Atlantique : Val de Loire, Bordelais, Pays basque, Rioja, Douro, Porto, Vinho Verde. Elle a cherché à comprendre la diffusion spatiale dans le temps des sites web des exploitations.
Rapide dans les années 2000, à son apogée en 2011, cette diffusion s’estompe. Le web 2.0 a pris le relais avec une augmentation des blogs ou de profils professionnels sur les réseaux sociaux, propices à une nouvelle proximité avec les amateurs de vin.
Globalement, l’innovation s’est diffusée de proche en proche, les exploitations les plus isolées géographiquement étant aussi les moins bien dotées en site internet. L’étude dresse une typologie des sites fondée sur la traduction en langue étrangère, leur date de création, les services en ligne, l’ecommerce, la promotion oeno-touristique.
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