[AEC - Aquitaine Analytic] Artisanat et numérique : "Adapter les outils numériques aux besoins des artisans"

28/06/2010 par Suzanne GALY.
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Couverture de l'étude Aquitaine Analytic "La mobilité numérique des artisans en Aquitaine : une pratique encore balbutiante"

Malgré la recrudescence de l’utilisation des technologies de mobilité dans les milieux professionnels, l'étude récente Aquitaine Analytic 10 "La mobilité numérique des artisans en Aquitaine : une pratique encore balbutiante", réalisée par AEC, révèle que les artisans n’exploitent pas suffisamment les possibilités qu’offrent les technologies numériques, en termes de gain de temps et de commodité. Explications et pistes d’évolution avec Didier Dupouts, Secrétaire Général de la Chambre Régionale des Métiers et de l’Artisanat.

Aquitaine AnalyTIC n°10

"La mobilité numérique des artisans en Aquitaine : une pratique encore balbutiante"

Couverture de l'étude AEC "La mobilité numérique des artisans en Aquitaine : une pratique encore balbutiante" Télécharger cette étude d'AEC (PDF - 805 Ko)

- Les artisans aquitains investissent progressivement dans des ordinateurs à usage strictement professionnel mais ils les connectent encore assez peu à internet.
- La formation sera indispensable pour développer chez les artisans aquitains des usages numériques en mobilité.
- Tous les artisans ne sont pas égaux dans l’utilisation des outils numériques nomades : les secteurs du bâtiment et de la production adoptent des usages innovants, loin devant le secteur de l’alimentation.
- Des fractures géographiques : les artisans des Landes sont aujourd’hui les mieux équipés d’Aquitaine en outils de mobilité.

Voir aussi le site du Système d'information et d'Aide à la décision numérique en Aquitaine - Contact : alexandre.bertin@aecom.org

INTERVIEW

Didier Dupouts, Secrétaire Général de la Chambre Régionale des Métiers et de l’Artisanat.

Didier Dupouts, Secrétaire Général de la Chambre Régionale des Métiers et de l’Artisanat en Aquitaine

Propos recueillis par Julie Fauchie

Quels sont les usages professionnels que peuvent faire les artisans des outils de mobilité tels que le GPS, le PDA, le smartphone ou le tablet PC ?

Les usages des outils de mobilité vont être extrêmement différents en fonction des types d’activités et de clientèle que les entreprises artisanales ont choisi de développer. Il y a des activités qui vont être, par essence, plus nomades que d’autres. Elles intégreront des opérations de transport, de livraison ou de réalisation de prestations, de services hors du siège de l’entreprise. C’est le cas notamment des artisans du bâtiment qui peuvent travailler davantage sur leur chantier que dans l’entreprise elle-même. Dans ce cadre, il est important d’avoir à disposition des outils pour favoriser le fonctionnement de l’entreprise à distance. Les instruments de positionnement géographique permettent de gagner du temps. Les commandes de matières premières peuvent être réalisées en temps réel, grâce à une connexion internet, au fur et à mesure qu’elles sont consommées. Les devis vont être édités chez le client. Seule l’imagination des professionnels peut établir des limites à l’usage des technologies numériques.

Comment expliquez-vous le faible équipement et le peu d’usages numériques de la part des artisans ?

Si les artisans n’ont pas intuitivement fait évoluer leurs pratiques professionnelles en y intégrant les outils numériques mobiles, c’est qu’ils n’en ont pas ressenti le besoin. Les entreprises de sous-traitance ont effectué ces changements assez naturellement car elles dépendent de sociétés plus grandes et ont, de cette manière, été imprégnées par les évolutions technologiques. Elles ont la nécessité de travailler avec la même réactivité et en conséquence, avec les mêmes outils que le donneur d’ordre.
Pour des secteurs d’activité comme l’alimentation ou les services, les prestataires en nouvelles technologies n’ont pas encore proposé aux artisans des produits novateurs permettant d’améliorer leur compétitivité. Un artisan de l’alimentaire, par exemple, a une activité traditionnelle, avec un magasin où les clients se déplacent. Il ne perçoit pas d’emblée les bénéfices apportés par la mobilité numérique pour son entreprise.

Comment, selon vous, inverser cette tendance ?

Les fabricants doivent être en capacité d’adapter leurs outils ou logiciels au fonctionnement des très petites entreprises. Il faut véritablement développer une offre de produits « clé en main », adaptée en termes d’ergonomie et d’accessibilité à l’usage de chefs d’entreprise, déjà très occupés par la gestion de leurs affaires. Une assistance et un accompagnement au déploiement et à l’utilisation du produit sont alors indispensables, contrairement aux grandes entreprises qui ont la main d’œuvre requise pour intégrer, paramétrer et animer les outils.

Est-ce aujourd’hui indispensable pour les artisans d’être visible sur la Toile ?

Je pense qu’une visibilité sur internet peut être très utile pour les entreprises artisanales qui ont des compétences originales et des marchés ou clients éloignés. Ce n’est pas la même priorité pour des entreprises ayant un marché de proximité. Cela fait parti des actions que mènent les Chambres des Métiers. On a une démarche qui s’appelle « Artisans Gourmands d’Aquitaine » qui cherche à promouvoir des savoir-faire particuliers. On se pose la question de savoir si cette promotion se fera en ligne. Il faut avoir un projet, une réflexion, un produit avant d’investir internet ou d’autres instruments de mobilité.

Comment faire découvrir les pratiques de mobilité aux artisans ?

Il faut leur proposer des démonstrations concrètes faisant la preuve que les usages numériques peuvent améliorer leur organisation, pas uniquement sur la fabrication mais plutôt sur la promotion de leurs activités. A la demande de certains organismes, les Chambres de Métiers peuvent être amenées à dispenser ces formations à des chefs d’entreprises et à leur conjoint et, ainsi, se positionner comme un relais pour sensibiliser les artisans à l’usage des nouvelles technologies. Il faudrait aussi s’appuyer sur des initiatives exemplaires en la matière, malheureusement elles sont assez rares. Cela encouragerait pourtant le développement de pratiques numériques dans la filière car l’artisanat fonctionne beaucoup sur les échanges entre condisciples ou amis. Par ailleurs, n’oublions pas la porosité entre l’activité professionnelle et personnelle dans l’entreprise artisanale. Ainsi, la pratique de l’usage privé des outils de mobilité fait davantage pour leur diffusion dans l’entreprise que n’importe quelle action de formation ou de communication.

Contact : Didier Dupouts , Secrétaire Général de la Chambre Régionale des Métiers et de l’Artisanat - 05 57 22 57 29

Mots clefs
Economie numérique - entreprises - études-et-statistiques - filière - Mobilité
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