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Trois questions à François Elie, philosophe, président de l’Adullact et auteur du livre Economie du Logiciel Libre. Il sera le coordinateur du thème "Collectivités, Administrations et Politiques Publiques" lors des Rencontres Mondiales du Logiciel Libre, organisées à Bordeaux, du 6 au 11 juillet.
Propos recueillis par Julie Fauchie
Quel message souhaitent lancer les RMLL aux « Collectivités, Administrations et Politiques Publiques » ?
Le thème sera dédié aux actions des collectivités locales et des administrations, et aux développements informatiques financés sur fonds publics. Même si peu d’élus sont attendus, il permettra de sensibiliser, de parler et de faire connaître des logiciels conçus par ou pour les collectivités qui, même s'ils n'ont rien de révolutionnaire dans leur fonctionnement, obéissent à des logiques métiers où l'utilisateur est important.
Si l’Etat et les collectivités ne se sont pas encore toutes emparées du libre, c'est par méconnaissance des enjeux et des avantages qu'elles pourraient en retirer. Même si les RMLL attirent surtout des passionnés d’informatiques, on appuiera l'idée que les partisans du libre sont de tous horizons et de tous bords politiques, même s'ils se définissent comme des libertaires ou des libéraux face à des conservateurs. Le libre est une question de philosophie, plus que de politique, ce qui est un paradoxe.
Pourquoi les collectivités ont-elles intérêt à adopter des logiciels libres ?
Les logiciels libres garantissent une indépendance totale vis à vis des éditeurs. Dans notre société de l'information, il est urgent de s'intéresser aux libertés publiques. Les intégrer, c'est aussi faire le choix de l'accompagnement et de la formation. La question est également d'ordre économique même si libre ne veut pas dire gratuit : à l'achat, il est possible que le logiciel libre soit plus cher que le logiciel propriétaire mais, contrairement à ce dernier, on ne le paye qu'une fois. Avec la crise financière, les collectivités et l'Etat mais aussi les contribuables doivent s'intéresser au libre. N'oublions pas que c'est d'argent public dont il s'agit. Il faut que les collectivités maîtrisent les coûts.
Il existe beaucoup d'initiatives vertueuses qui confirment les atouts du monde du logiciel libre. Les lycées d'Ile de France utilisent un Environnement Numérique de Travail fonctionnant en libre, dont le code source se trouve sur le site de l'Adullact. La plateforme de télétransmission S2LOW, un service à moindre coût, permet aux collectivités la transmission dématérialisée du contrôle de légalité.
En quoi le logiciel libre permet-il de moderniser les administrations ?
Les éditeurs de logiciels propriétaires ne permettent pas aux administrateurs de les faire beaucoup évoluer et de les améliorer. Avec un logiciel libre, les collectivités qui ont besoin de nouveaux modules peuvent les faire développer et les partager : un logiciel libre est gratuit une fois qu'il a été payé.
Pour cette raison, je pense que dans dix ans, les logiciels propriétaires n'existeront plus. L'informatique va peu à peu se libérer, comme les mathématiques autrefois propriétaires (se souvenir que Pythagore ne divulguait pas les théorèmes et les démonstrations). En France, nous sommes parmi les premiers à avoir cette vision, d'autres en Europe nous imitent.
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