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24 projets présentés au démarrage, 12 sélectionnés à main levée une heure plus tard, 54 heures de brainstorming et un lauréat à l’arrivée.
Le Startup week-end Bordeaux , organisé du 20 au 22 mai, a fait cogiter les méninges d’une centaine de jeunes développeurs, informaticiens, entrepreneurs, designers, marketeurs et financiers réunis pour concevoir des services numériques innovants pour le web et les mobiles. Ambiance au deuxième jour de l'événement.
Café, sucettes et boisson énergisante à volonté. Ordinateurs portables lancés à plein régime et, pour plusieurs participants, l’iPad au bout des doigts. Le week-end dernier, du 20 au 22 mai, dans l’impeccable Executive Center de
BEM
à Talence (Bordeaux Management School), un souffle nouveau habillé en T-shirt et bermuda a imprégné le bâtiment.
Le lieu, lumineux et bien équipé,
accueille habituellement des formations
pour cadres élégants, et refoule les étudiants futurs commerciaux qui étudient à proximité. « Ce week-end, on mange des pizzas et personne ne porte de cravate », confirme gaiement Baptiste Legrand, co-organisateur du premier
Startup Week-end Bordeaux
.
La moyenne d’âge atteint tout juste 25 ans. 60% des participants sont des professionnels du web et du numérique. Le reste est étudiant. On croise surtout des garçons, et heureusement quelques filles. L’assemblée affiche un CV attractif : entrepreneurs débutants ou confirmés, commerciaux, ingénieurs, développeurs web et informatique, graphistes, juristes, professionnels du marketing, financiers et comptables.
Au deuxième jour de l’événement, le samedi après-midi, Baptiste Legrand paraît sur-sollicité, mais très ému : 24 porteurs de projets se sont déclarés candidats pour participer au dernier né des événements numériques bordelais. 12 ont été sélectionnés le premier soir (lire plus bas), dont un projet « Mystère » à inventer en deux jours. Spontanément, des équipes pluridisciplinaires de 4 à 9 personnes se sont constituées avec pour mission de faire évoluer les projets, de l’état d’idée jusqu’au prototype ou au business plan. Elles étaient accompagnées dans ce challenge par une équipe de « coachs » expérimentés.

Le Startup weekend, c’est le «concept star venu de Seattle et qui a séduit la Silicon Valley et le monde entier », nous raconte la plaquette de communication. Dans les faits, on le constate : les méninges sont sacrément remuées et les participants complètement investis.
Ils échangent, sans souci du qu’en dira-t-on, au cours d’ateliers qui ne suivent aucun planning précis. Le laboratoire à concepts fonctionne à plein, entre deux « flash conférences » proposées dans l’amphithéâtre. Elles sont prévues pour inspirer les participants, les pousser à brasser des concepts et à valider leurs hypothèses.
« Ici, les innovateurs mettent un pied à l’étriller. Leur idée est testée, corrigée ou complètement repensée. Ils la font mûrir. Le Startup weekend est un outil et non une fin. C’est un tremplin », commente Baptiste Legrand. Des investisseurs locaux suivent l’événement de loin, sur Twitter, et certains font partie du jury qui délivre les prix aux lauréats (Hervé Berthou de Systonic, par exemple).
Ce jury, composé aussi d’entrepreneurs (Jean-Luc Rumeau de AXYZ, par exemple) et de représentants de collectivités (Yann Pennec du Conseil Régional d’Aquitaine, par exemple) joue un rôle de validation de la viabilité des projets et les prix sont conçus pour aider les innovateurs à passer à l’étape supérieure du développement de leur idée : accompagnement juridique et comptable, accompagnement par AEC à l’Auberge numérique , formation, conseil et coaching par Bordeaux Unitec Technopole, etc.
Dans le hall d’entrée, l’écran plat suspendu annonce une « nuit blanche » à partir de 21 heures : pour festoyer ou pour bosser ? « C’est le moment du rush créatif, l’heure où les participants se lâchent et où les idées fusent ! », s’enthousiasme Baptise Legrand. Il n’y a pas d’heure pour innover.
Les partenaires de l'événement :
BEM
, AEC,
NEOXIA
,
dolist.net
,
Audexial
, Axa, Cofinnov
Camille Berteau (22 ans) et Baptiste Legrand (28 ans)
Bordeaux fourmille d’événements consacrés au numérique : conférences, débats, ateliers de créativité, clubs de professionnels, etc. Qu’apporte le Startup week-end à cet écosystème déjà très dynamique ?
Nous sentons en effet un bouillonnement local autour du numérique, mais aucun événement ne nous semblait orienté vers la production de services numériques innovants. Nous nous sommes demandés : « Que se passe-t-il quand on réunit les idées et les compétences des publics que nous avons l’habitude de croiser toute l’année dans l’écosystème numérique local ? »
C’est l’esprit du Startup week-end : faire émerger des projets de services « funs » ou sérieux, très innovants, et les accompagner dans une première phase de maturation. En un week-end, des porteurs de projets ont présenté une idée, constitué une équipe pluridisciplinaire et ont été accompagnés par des coachs pour aboutir à un business plan, voire un prototype. C’est un peu l’esprit du « garage californien » de Bill Gates, mais sans le garage (sourires).
« Créer une startup en 54h », c’est votre slogan. Est-ce un défi réaliste ou plutôt un concept de com’ ?
Startup week-end un déclencheur d’idées et d’entreprises, un « shaker social numérique » : on secoue et on regarde si ça mousse. Les différents Startup week-ends organisés à travers la France et dans le monde entier ont donné des résultats inattendus, avec des services numériques imaginés en une seule nuit et qui fonctionnent très bien sur internet. C’est le cas de Super-Marmite , Jimmy Fairly , ou HashtagSense (projet porté notamment par Camille Berteau et vainqueur du Start up week-end Montpellier, ndlr)
C’est un concept, en effet, mais qui reste très réaliste. Nous ne disons pas qu’une startup se monte en un week-end mais l’événement permet de démarrer un projet qui trouvera, plus tard, des financeurs et un public.
Question à Camille Berteau :
Il y a une grande majorité d’hommes qui participe au Startup week-end Bordeaux. Comment convaincre les femmes qu’elles ont leur place dans de tels événements ?
J’ai pas mal communiqué auprès des femmes que je connais et, pour élargir notre public potentiel,
nous avons fait du teasing avec une vidéo de promotion
qui a été visionnée plus de 5000 fois ! Moi-même, je suis très présente dans ce milieu du numérique et je constate que beaucoup de femmes ont envie de créer et d’entreprendre. Je suis plutôt satisfaite de notre événement car sur 12 projets sélectionnés, deux sont portés par des filles ! Bien sûr, nous cherchons à favoriser la mixité des sexes et des compétences.
Le projet qui remporte la première édition du Startup Weekend Bordeaux est le projet Pileecee, porté par le développeur bordelais Thomas Parisot . Pileecee avait été présenté le vendredi soir comme un projet de “GPS déroutant” : un service Web ou hors-ligne proposant de façon spontanée ou aléatoire un parcours ludique, inattendu et/ou insolite aux personnes en itinérance ou recherchant de nouveaux horizons. Les parcours sont générés sur un principe de hasard calculé et enrichis avec les feedbacks utilisateurs : anecdotes ou amélioration des propositions de parcours en fonction des expériences vécues.
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