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Données numériques, open data …. Entre usage commercial et usage citoyen, y a t-il forcément conflit ou peut-il y avoir complémentarité ?
Retour sur le Débat Numérique organisé le mardi 5 avril, à Bordeaux, par AEC et l'IJBA, avec pour invités : Laurent Bourgitteau-Guiard (Snapp'), Sylvain Maire (Fing), Antoine Chotard (AEC).
Données numériques, open data …. On en entend parler de plus en plus. Sans savoir vraiment ce que ces mots désignent. C'est pourtant très concret.
Téléchargez la bibliographie sur le thème du débat
Prenons un exemple : à Bordeaux, les données des utilisateurs de Vcub alimentent un service sur Iphone qui indique les bornes les plus proches et le nombre de vélos disponibles. Bien pratique quand on est en retard et à la recherche d'une borne libre pour poser son vélo mais savoir qui prend un vélo, où et quand, permet-il de surveiller nos déplacements ?
Rennes a ouvert ses données. Paris et la Cub s'apprêtent à le faire. Des données publiques accessibles à tous : c’est le rêve des militants de l'open data. Mais quelle est la nature de ces informations ? Pourquoi ces villes ont-elles fait le choix d'ouvrir ces données ? Comment envisagent-elles leur réutilisation par le secteur privé ?
Qui collecte et utilise nos données numériques ? A qui appartiennent-elles ? Entre usage commercial et usage citoyen, y a t-il forcément conflit ou peut-il y avoir complémentarité ?
Pour éclairer ce sujet, trois spécialistes :
Pour introduire le onzième débat numérique, une vidéo réalisée par Ludivine Tomasi et Brune Daudré (étudiantes en première année à l'IJBA) a été projetée. Cette vidéo présentait une application pour téléphone intelligent aidant l'utilisateur à mieux gérer ses finances. Pour ce faire, les créateurs de la start-up doivent collecter les données numériques bancaires de leurs clients. Ils nous ont demandé de ne pas diffuser cette vidéo par peur de la concurrence, leur application n'étant pas encore sortie sur le marché.
Néanmoins, vous pouvez retrouver ci-dessous des éclairages juridiques de leur avocat, Maître Giusti, sur les données numériques personnelles et leur utilisation.
Le régime légal des données personnelles
vidéo 2'59
Cas de litiges dans le traitement des données personnelles
vidéo 1'34
! suite à un problème technique lors de l'enregistrement du débat, le son des vidéos suivantes est assez faible.Nous vous conseillons de régler vos paramètres de sortie
de son en conséquence et d'accepter toutes nos excuses.
Quel intérêt pour l'utilisateur de partager ses données numériques personnelles ?
vidéo 1'58
A quoi servira la libération des données publiques de la CUB ?
vidéo 4'02
Les enjeux de la constitution d'un patrimoine de données.
vidéo 4'28
Cloud-computing, widgets, context-aware, algorithme prédictifs... Parmi ces anglicismes et ce jargon numérique, nous avons pu mieux saisir certains concepts et phénomènes.
Il existe deux types de données numériques. Les données numériques déclaratives classiques (nom, adresse mail, numéro de téléphone etc.) qui peuvent être utilisées librement. Avec un bémol pour les données déclaratives dites « sensibles » comme les données bancaires qui, elles, requièrent plus de précautions.
Mais il existe également toutes les données bancaires récoltées à notre insu, comme les données permettant la géolocalisation.
La définition d'une donnée numérique est très large et englobe des données de formes et de nature différentes. Aujourd'hui la question de leur collecte et de leur réutilisation fait débat tant le flot de données est colossal, continu et non-maitrisé.
Le comportement de l'utilisateur a évolué.
Aujourd'hui, il est de plus en plus acteur de la libération de ses données et des traces numériques qu'il laisse derrière chacune de ses connexions. 70 % d'entre eux acceptent qu'on utilise leurs données. Les utilisateurs sont moins méfiants qu'avant. Le spectre de « big brother » s'estompe. Comme si le numérique ne représentait plus une menace ou une atteinte pour les libertés individuelles.
Cette tendance est tout de même à nuancer : il existe un paradoxe entre le service rendu et la perception des données et de leur utilisation. L'utilisateur veut bien transmettre ses données de géolocalisation pour que l'application lui dise où se trouve la pizzeria la plus proche. Mais l'utilisateur ne veut pas que la pizzeria lui envoie une publicité sur son mobile.
Évidemment, la tentation de l'échange et de la revente de toutes ces données collectées par les sites internet, les applications pour mobiles est de plus en plus forte pour les commerciaux. Savoir «qui je suis, où je me trouve et à quel moment » représente le saint graal pour ceux qui veulent se faire de l'argent. Et les données numériques permettent de répondre à ces questions.
Mais il n'y a pas que ça. Cette collecte des données permet aussi la création de nouveaux services comme les applications pour mobiles. Elle favorise l'innovation en France avec l'apparition de nombreuses starts-up. Et elle sert la recherche médicale. Il peut également y avoir une utilisation plus vertueuse, plus citoyenne de toutes ces données. C'est le cas, certes controversé, de Wikileaks mais aussi du data-journalism ou encore de la libération des données publiques (Open data).
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