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Un très beau plateau d’intervenants compose les premières rencontres d’Aqui.fr , organisées le 23 septembre prochain, à Cenon (33), sur le thème Informations : l'effet numérique. Entretien avec Joël Aubert, directeur-fondateur de ce pure player aquitain de l’information.
C'est un "rendez-vous professionnel" à destination de la presse et les médias que proposent Joël Aubert, son équipe et l'Association des Amis d'Aqui !, le 23 septembre prochain, au Rocher de Palmer de Cenon (33) . Une journée d'échanges et de réflexion (organisée en partenariat avec AEC) pour inciter les journalistes d'aujourd'hui et de demain à "être au coeur des évolutions" de leur secteur, fortement ébranlé par les outils et usages numériques.
"Le journalisme a de l'avenir !", clame avec ferveur ce journaliste fondateur du premier pure player aquitain de l'information. Pour en faire la démonstration, évoquer les nouveaux outils et les tendances de consommation de l'info, parler des sources, du Cross Media, des modèles économiques de la presse (notamment en ligne), Joël Aubert réunit un panel d'intervenants prestigieux :
Pierre Haski ( Rue 89), Eric Scherrer (France Télévisions), Yves Eudes (Le Monde), Sabine Torres (Dijon Scope), Denis Robert (journaliste), Nicolas Voisin (Owni.fr), Philippe Chaffanjon, (directeur de France-Info), Roland Cayrol (politologue), Antoine Chotard (veilleur à AEC).
Pour évoquer les nouveaux défis de la presse, vous invitez des journalistes, des blogueurs et des développeurs d’outils sur le web. Ont-ils tous les mêmes responsabilités face aux bouleversements qui touchent les médias ?
On ne les considère pas tous sur le même plan, bien sûr, mais il est important que nous, journalistes, ne regardions pas les blogueurs et les développeurs avec condescendance ou certitude. Le web, les réseaux sociaux et les blogs sont devenus une source irremplaçable d’informations à explorer dans le cadre d’une enquête. Il arrive de plus en plus souvent que Facebook nous apprenne des choses sur la vie locale.
Aux USA, comme le souligne Eric Scherer dans son nouveau livre ( A-t-on encore besoin des journalistes ? , ndlr) les journalistes signent des contrats de travail stipulant qu’ils doivent posséder un compte sur Twitter ! Les réseaux sociaux sont également pertinents à écouter en tant que « palpeurs » d’intérêt sur un certain nombre de sujets, à l’image de ces sites qui proposent aux internautes de miser sur un sujet d’enquête et, par ce biais, de participer à son financement.
Mais le lecteur, lui, distingue-t-il une information publiée par un blogueur de celle publiée par un journaliste ?
Dans la plupart des cas, la confusion est forte. C’est donc à nous, journalistes, de dire et de montrer ce que nous faisons et comment nous le faisons. Notre rencontre du 23 septembre est proposée dans cet esprit : nous présenter comme des journalistes et des éditeurs qui dialoguent avec des équipes pluridisciplinaires composées d’experts_ le veilleur d’AEC_ ou de développeurs de nouveaux outils pour l’information_ Nicolas Voisin, de Owni. Ils nous incitent à nous interroger sur les nouveaux formats, les nouvelles écritures que nos « lecteurs-visiteurs » veulent rencontrer. Chez Aqui.fr, nous faisons du journalisme mais nous n’avons rien démontré. Nous expérimentons !
Pour vous qui êtes directeur d’un site internet d’information en ligne, le principal challenge face à l’avenir se situe dans la stabilisation d’un modèle économique ou dans la qualité éditoriale du contenu ?
L’ambition éditoriale l’emporte mais elle reste intimement liée à la question du modèle économique. On ne peut pas défendre l’idée qu’une information de qualité sur la Toile ne pose jamais la question de son financement. La gratuité est-elle éternelle ? La publicité, les activités de formation ou d’éventuels partenariats ne constituent pas des réponses suffisantes. Il faut prendre le lecteur à témoin de cette situation et poser la question de sa contribution au modèle économique d’un journal d’information. Serait-il scandaleux que nos lecteurs parisiens, environ un tiers des abonnés à notre newsletter hebdomadaire, consentent à donner 1€ par moi à Aqui.fr ? Cela nous apporterait des possibilités supplémentaires, pour faire de l’enquête par exemple.
Mais la construction d’un projet comme Aqui.fr est forcément lente et ça n’a pas été simple d’en arriver là ! Moi-même, je suis surpris par ce qu’on arrive à créer en ligne et par le niveau de notoriété de notre publication, notamment chez les décideurs politiques et économiques. Nous défendons une ligne éditoriale, nous sommes présents dans le débat public. Sans sensationnalisme. Nous faisons notre métier et c’est ce que nous voulons montrer le 23 septembre. Nous ouvrons une réflexion entre acteurs de l’information.
Pourquoi avoir sollicité le témoignage d’élus pour cette rencontre (Vincent Feltesse, président de la CUB ; Alain Rousset, président de la Région Aquitaine ; Philippe Madrelle, président du Conseil général de Gironde et Philippe Meynard, maire de Barsac, ont confirmé leur participation) ? Qu’attendez-vous d’eux ?
Nous voulons comprendre ce que ces évolutions de la société de l’information changent pour eux, dans leur manière de s‘exprimer et dans leur lien à la société. Comment s’emparent-ils du web et des réseaux sociaux ? Quand on voit la campagne d’Obama en 2008, aux Etats-Unis… Les politiques français ont un vrai retard ! C’est la question de la démocratie qui est en jeu, celle de la représentativité. Combien de Landais séniors sont actifs sur le web et combien y rencontrent leur conseiller général ? En tant que journalistes, cette question ne peut nous laisser indifférents.
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