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Les entreprises françaises sont à la hauteur de la compétition économique mondiale ! La vie privée n’est pas si menacée qu’on ne le croit par internet ! Le jeu vidéo ne met pas en danger, il socialise !
Les intervenants de la Conférence « Le Politique et LES numériques », proposée par AEC le 14 septembre, au Rocher de Palmer à Cenon (33), se sont appliqués à démonter les mythes qui perdurent sur les mondes numériques. Avec réalisme et optimisme. Synthèse des échanges et extraits vidéo.
Appréhendons avec optimisme les bouleversements de nos sociétés et finissons-en avec les mythes sur le numérique !
Sur la scène du Rocher de Palmer, théâtre des quatre « dialogues » de la Conférence 2011 de la Civilisation Numérique, le ton est donné par Alain Minc, président d’AM Conseil, économiste et essayiste.

Il s’exprime autour du thème « LES numériques et la mondialisation économique ». Dans le contexte actuel de compétition économique écrasée par des géants (Google, Apple, Microsoft), au sein duquel se débattent des PME françaises et des startups en recherche de modèles d’affaires, le premier écueil à éviter est le « syndrome du déclin assuré », met en garde Alain Minc.
Il exalte « la modernisation techniques des entreprises françaises » qu’il juge « du meilleur niveau international ». S’il concède un retard de l’Europe dans le domaine du « net pur », Alain Minc valorise « les grands acteurs des télécoms » ou les « sociétés de services informatiques de premier rang mondial ». Il cite tour à tour Cap Gemini, Atos, France Télécom-Orange et fustige « le mythe de la startup conquérante. Il ne faut pas sous-estimer le mammouth industriel, moins pataud qu’on ne le croit ». Il invite l’auditoire à se poser cette question, qu’il estime la seule éclairante face aux enjeux de la mondialisation : « Quelle est la part réelle du produit intérieur français ouvert à la concurrence internationale ? Si on le compare avec celui de l’Allemagne, on s’apercevra qu’il n’est pas si faible que cela ».
Tranquillement, il observe que « la partie n’est pas jouée. Dans la sphère du net, aucun modèle économique n’est stable. On ne sait pas qui seront les joueurs dominants dans dix ans et quels seront les modèles gagnants ». Une seule certitude : il faut limiter les abus de position dominante par la régulation. Elle lui paraît possible et envisageable : « Nous ne sommes pas impuissants », clame l’économiste qui en appelle à « interdire des acteurs comme Google de jouer en permanence de la connexité ». Un horizon se dessine.
Vidéo du dialogue (55'11)
Pour dialoguer autour du thème « LES numériques et la culture », Nicolas Gaume est l’orateur de choix. Dans son parcours d’entrepreneur, semé d’embuches et de succès, il a fait naître de nombreux jeux vidéo. Aujourd’hui PDG de
Mimesis Republic
et président du Syndicat national du jeu vidéo, il créée des « jeux sociaux », connectés aux réseaux sociaux comme Facebook. 
« Le jeu n’est pas un espace dangereux ! », défend-il. « Ce qu’il porte en lui est aussi varié que ce que la télévision véhicule. Moi, je crois qu’il porte des valeurs : un joueur qui joue aux jeux vidéo fait l’expérience de l’échec et de la tentative. Le pourquoi et le comment fondent l’action. Par l’interaction, la grammaire du jeu, le joueur se pose des questions. Cela a plutôt tendance à aiguiser l’appétit de "vraie vie"».
Lire aussi notre entretien avec Nicolas Gaume
Vidéo du dialogue (52'41)
Isabelle Falque-Pierrotin, conseiller d’état,
présidente
de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (
CNIL
), elle non plus, ne veut pas crier au loup. Invitée à évoquer les thèmes «LES numériques et la vie sociale », elle aborde la notion de vie privée et affirme que « l’évolution est moins importante qu’on ne le croit ». Les réseaux sociaux du web propices au dévoilement de soi n’entament pas la sphère privée de l’individu, ou alors de manière volontaire. 
Aujourd’hui, les données personnelles, celles qui constituent l’identité de l’individu, servent avant tout à « créer des liens », ce qui ne semble pas être un problème pour la vice-présidente de la CNIL. « Il faut apprendre aux internautes à gérer cette identité numérique. La CNIL doit aussi innover en proposant des outils techniques simples et économiques protecteurs de la vie personnelle ».
Lire aussi notre entretien exclusif avec Isabelle Falque-Pierrotin, présidente de la CNIL
Vidéo du dialogue (55'45)
Les observations de Christophe Aguiton, chercheur dans le laboratoire de sciences humaines et sociales d'
Orange Labs
, font écho aux propos de la vice-présidente de la CNIL. Au fil d’une présentation sur le thème « LES numériques et le pouvoir », il pose des mots nouveaux sur les effets induits par la dimension sociale du web. Au-delà des problématiques de protection de la vie privée, Aguiton explicite ce qu’il nomme « la zone grise d’internet : le web en clair-obscur », celle qui rend public des échanges autrefois contenus dans une sphère confidentielle (les discussions entre amis). « Ce sont par exemple ces salariés qui s’expriment sur Facebook à propos de leur employeur et sont condamnés par la Justice. Mais dans ce champ du web en clair-obscur, rien n’est encore défini : les salariés pourraient être relaxés en appel. La distinction entre public et privé n’est pas prête d’être tranchée ».
Parfois pris au piège dans cette zone grise d’internet, le Politique doit gérer la transparence. « La frontière entre l’écrit et l’oral est de plus en plus ténue. Internet grave dans le marbre », soupire le sociologue des usages d’internet. Les modes d’expression et d’interaction sur la Toile, similaires à ceux de la vie réelle selon Aguiton, invitent en revanche le Politique à une réflexion sur la Gouvernance : « Selon moi, quand la technologie arrive dans l’espace public, la meilleure façon de procéder est le consensus », conclu le chercheur.
Vidéo du dialogue (1h05')
crédits photos AEC
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