Chronique Décryptage - La vidéo sur internet
Eric Culnaërt décrypte l'actualité numérique sur France Bleu Gironde, chaque mercredi, à 7h20 et 9h10.Aujourd'hui, la vidéo sur internet
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Bonjour. Aujourd’hui on s’intéresse à la vidéo sur internet.
Il y a une quinzaine de jours, le journaliste politique Alain Duhamel a été interdit d’antenne par France Télévisions et par RTL pour toute la durée de la campagne présidentielle. Et la faute à qui ? A la vidéo sur internet !
Rappel des faits : en novembre dernier, lors d’une rencontre prétendument privée avec une soixantaine d’étudiants de Sciences Po Paris, Alain Duhamel commence par critiquer François Bayrou, avant de lâcher qu’il votera pour lui. Rencontre privée peut-être, mais propos publics, car un étudiant a filmé la scène avec une caméra numérique, sans doute un de ces modèles qui tiennent entièrement dans la main, vous savez – en tout cas, Alain Duhamel n’a rien remarqué et l’étudiant vidéaste a mis la vidéo en ligne quelques jours plus tard sur DailyMotion.
DailyMotion c’est quoi ? C’est l’équivalent français de YouTube, ce site américain que Google a racheté 1,65 milliards de dollars en octobre dernier. Le principe est le même, il s’agit d’une plateforme internet d’hébergement de vidéos à laquelle se greffent divers outils d’animation de communauté : création de profils utilisateur, systèmes de vote, de commentaire, etc. Selon Médiamétrie, DailyMotion est désormais rentré dans le trio de tête des sites français les plus fréquentés, après avoir vu ses visites multipliées par 9 en six mois pour atteindre 55 millions en décembre 2006.
En tout cas, la vidéo d’Alain Duhamel en est déjà à plus de 130000 visionnages et presque 200 commentaires sur le seul site de DailyMotion. D’ailleurs le succès explosif de ce site doit pas mal à l’actualité politique de la vidéo en ligne : c’est là qu’on peut revoir le débat télévisé de la veille, la vidéo caricaturant tel ou tel candidat… ou encore les débats publics de la Communauté Urbaine de Bordeaux. Plus généralement, c’est bien sur internet que naissent des presque-télés consacrées à la campagne présidentielle en cours : on peut citer LaTéléLibre.fr de John-Paul Lepers, un ancien de TF1 et de Canal+, ou encore le PoliticShow du bordelais Nicolas Voisin, qui a décroché un passage dans le Grand Journal de Denizot, sur Canal+, grâce à son interview exclusive du porte-parole du parti socialiste Arnaud Montebourg à la fin de sa période de silence.
Et vous savez quoi, sur internet, pas de mesure des temps de parole – les candidats l’ont bien compris, même ceux qui pour l’instant occupent tout l’espace à la télé mais qui à l’approche du premier tour s’intéresseront de plus en plus à la vidéo sur internet. Et ce n’est qu’un début : en Aquitaine, l’équipe d’Alain Rousset, premier candidat à avoir ouvert un blog de campagne en 2004, nous promet en off des surprises pour les prochaines législatives. Parions qu’il y aura une bonne dose de vidéo sur internet au menu.
Et Alain Duhamel, me direz-vous ? Dans son cas, la démocratisation des outils numériques et de la vidéo sur internet auront conduit à le priver de télé. Un blogueur a repéré la vidéo litigieuse sur DailyMotion, puis un autre, et un autre encore – jusqu’à ce que la France entière en entende parler, à la télé, à la radio et dans les journaux, et jusqu’à ce que je vous en parle à mon tour. A la semaine prochaine.
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