Chronique Décryptage - Votre santé en ligne

Eric Culnaërt décrypte l'actualité numérique sur France Bleu Gironde, chaque mercredi, à 7h20 et 9h10.



Aujourd'hui, votre santé en ligne



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    • Bonjour. Aujourd’hui, comment se soigner grâce à internet.
      En réalité, le remède ce n’est pas vraiment internet. Et le malade ce n’est pas vous et moi, ou pas seulement : c’est la sécurité sociale.
      Je m’explique : un peu partout dans le monde, on observe que de plus en plus les internautes utilisent internet pour se documenter en matière de santé. Le Pew Internet and American Life Project, un vaste projet de suivi sur plusieurs années des usages des internautes américains, révélait en octobre dernier que 80% d’entre eux avaient fait des recherches en ligne sur des questions médicales. Le Diagnostic de l’Aquitaine Numérique réalisé par Aquitaine Europe Communication nous apprend qu’à la même époque 55% des internautes aquitains faisaient de même occasionnellement.
      Là où l’étude américaine va un peu plus loin, c’est qu’elle nous apprend que seulement le quart des recherches médicales en ligne ont lieu à partir d’un site spécialisé consacré à la santé. Or, à mesure que cette pratique se banalise, la proportion d’internautes qui vérifient la source de l’information trouvée ne cesse de décroître : 50% le faisaient « toujours ou la plupart du temps » en 2001, ils ne sont plus que 25% aujourd’hui. Une observation à rapprocher des résultats d’une étude commanditée par le Département américain de la Santé et des Services à la personne, selon laquelle moins de 2% des destinations les plus populaires pour l’information médicale en ligne affichent dates et sources.
      Revenons en France : la Haute autorité de santé française vient d’entamer une campagne de certification des sites médicaux, en s’appuyant sur un label déjà existant : Health On the Net, ou HON. Décerné par une organisation non gouvernementale basée à Genève, ce label s’appuie sur le respect de 8 engagements, dont la transparence de l'actionnariat, l'autorité médicale des intervenants, le respect de la relation patient-médecin ou encore la nécessité de justifier toutes les informations diffusées en indiquant leur source. Mais s’il est connu des professionnels de santé, le HONcode, comme on l’appelle, ne l’est pas du grand public qui se rend en masse sur des sites comme Doctissimo.fr ou e-sante.fr.
      Pas évident donc de pronostiquer la réussite de ce label, même si l’initiative paraît bienvenue face à la profusion d’information médicale parfois douteuse qu’on peut trouver en ligne. Bienvenue, mais peut-être pas si innocente qu’il y paraît : l’ancien directeur de cette même Haute autorité de santé vient de remettre au ministre de la Santé un rapport intitulé « Perspective d’évolution de l’automédication en France ». Son diagnostic ? « L'automédication est actuellement un marché anarchique et peu lisible, il s'agit de l'ordonner et le sécuriser ». Les pistes évoquées sont multiples, mais il ne s’agit pas de lutter contre l’automédication : il s’agit bien au contraire de la rendre plus efficace de manière à limiter les dépenses de santé prises en charge. Et si les gens ont l’habitude de se renseigner sur internet plutôt que d’aller chez le médecin en cas de petit bobo, c’est autant de gagné.

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