Bonjour. La semaine dernière, je vous présentais les résultats du dernier Diagnostic de l’Aquitaine Numérique réalisé par Aquitaine Europe Communication, en soulignant que les taux d’équipement (ordinateur, internet, téléphonie mobile) avaient connu ces dernières années une croissance rapide. La croissance est moins rapide en ce qui concerne le développement et l’appropriation des services par les entreprises et les collectivités : seulement 10% des TPE aquitaines gèrent électroniquement leurs relations avec leurs fournisseurs ; 15% des PME proposent des services en ligne avancés tels que catalogue interactif, suivi de commande, paiement ou service après vente. 10% des mairies proposent une gestion dématérialisée des appels d’offres et très peu encore parmi celles qui ont un site y intègrent des services d’inscription, de réservation et encore moins de paiement en ligne pour tout ce qui concerne la vie quotidienne : bibliothèque, cantine, garderie, etc. Au passage, 130 communes girondines disposent d’un site internet, soit une proportion de 24% à l’échelle du département. La prochaine étape passe notamment par la formation. En 2007, 83% des Aquitains n’ont jamais été formés à l’usage d’internet. Il existe d’ailleurs un véritable décalage entre formation et pratique : 83% des communes n’ont jamais formé leur personnel aux technologies de l’information et de la communication, et seulement 2% prévoient de le faire, alors que la moitié des personnels de mairie utilise déjà internet. Un signe encourageant, néanmoins : la prise de conscience du potentiel stratégique des outils et de leurs applications se développe. En 2005, le chef d’entreprise n’était le responsable de la politique TIC de son entreprise que dans 34% des PME ; l’an dernier, la proportion était montée en flèche à 44%, et cette année encore elle grimpe de presque 10 points, à 53%. Une implication qui s’accompagne d’une attente forte vis-à-vis des pouvoirs publics : 47% des dirigeants de PME en attendent en premier d’être formés, ainsi que leurs salariés, aux usages et aux enjeux des technologies de l’information et de la communication. Un vaste chantier, sur lequel nous aurons l’occasion de revenir lors d’une prochaine chronique. En attendant, la semaine prochaine on mettra provisoirement de côté le sujet pour s’intéresser au retour en grâce de ce qui a failli être une révolution au début des années 2000 : le livre électronique. A la semaine prochaine.
chronique AEC - France Bleu Gironde - Le Diagnostic de l'Aquitaine Numérique
Eric Culnaërt décrypte l'actualité numérique sur France Bleu Gironde, chaque mercredi, à 7h20 et 9h10.
Aujourd'hui, le responsable de la veille à AEC évoque le Diagnostic 2007 de l'Aquitaine Numérique qui vient de paraître.
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Bonjour. Aujourd’hui, comme promis, on se penche sur les résultats 2007 du Diagnostic de l’Aquitaine Numérique, qui ont été rendus publics ce lundi. Chaque année, Aquitaine Europe Communication réalise en effet un bilan statistique de l’Aquitaine vue par le prisme des technologies de l’information et de la communication. Les chiffres indiquent d’abord qu’en matière d’équipement, notre région est bel et bien entrée dans l’ère du numérique. Si l’on se focalise sur la Gironde, 94% des mairies sont connectées à internet, tout comme 93% des PME et 53% des ménages. Précisons d’ailleurs que 44% des ménages girondins sont connectés à haut débit. Il faut néanmoins nuancer ce constat encourageant. Les TPE girondines ne sont connectées qu’à 57% ; dans le double contexte de globalisation de l’économie et d’émergence d’un internet de plus en plus centré sur l’information locale, l’accompagnement des TPE vers internet est un axe fort de gain de compétitivité : seulement 17% disposent d’un site web, et 6% commercialisent leur offre via internet. Nous reviendrons la semaine prochaine sur cet enjeu plus général de l’appropriation des services avancés par les entreprises et les collectivités. En matière d’équipement, les courbes de projection rejoignent les déclarations faites par les Aquitains : un quart d’entre eux n’envisagent pas de se connecter d’ici 2010, et l’on peut penser qu’une part significative de ces réfractaires ne se connectera sans doute jamais. Il convient donc de ne pas oublier cette population, souvent âgée et rurale, à l’heure de la dématérialisation croissante des services, notamment administratifs. Il ne faudrait pas en effet que le succès de la déclaration de revenus en ligne et d’autres téléservices, après avoir entraîné la fin de la réduction d’impôts de 20 euros, finisse par pénaliser les non connectés, d’autant que des zones blanches demeurent, et que tous les services ne sont pas accessibles, ni au même prix, sur l’ensemble du territoire. Lors de la soirée de présentation des résultats du Diagnostic à Cap Sciences, la délégation TIC du Conseil régional a d’ailleurs présenté un outil cartographique qui sera prochainement ouvert au public. Cet outil permettra de connaître précisément la disponibilité des services télécoms en tout point du territoire : téléphonie, ADSL et ordre de grandeur du débit disponible, etc. Et cette disponibilité impacte de plus en plus la vie de nos concitoyens. Un chiffre seulement : en Gironde, 33% des ménages achètent par internet. Sur ce, je vous dis : à la semaine prochaine. Nous mettrons en regard ces taux d’équipement avec l’usage des services avancés qu’ils devraient permettre.
Chronique AEC - France Bleu Gironde - le machine-to-machine
Eric Culnaërt décrypte l'actualité numérique sur France Bleu Gironde, chaque mercredi, à 7h20 et 9h10.
Aujourd'hui, le responsable de la veille à AEC évoque le "machine-to-machine" à Gradignan. .
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Bonjour. Aujourd’hui, on parle machine-to-machine à Gradignan. Le machine-to-machine, c’est la capacité qu’ont de plus en plus de machines – et d’objets en général – de produire de l’information et de l’échanger, en dehors de toute intervention humaine. Le développement du machine-to-machine s’appuie sur plusieurs évolutions : baisse du prix des composants, multiplication des capteurs, généralisation des interfaces informatiques, multiplication des réseaux de communication, généralisation de standards pour l’échange et la consultation de données via internet. Concrètement, ça donne quoi ? Eh bien, il existe de nombreuses applications pour la gestion de flottes de véhicules, notamment. Chaque véhicule communique en temps réel sa position à un serveur central, via les réseaux de téléphonie mobile, ce qui permet d’optimiser les temps de réaction lorsqu’il s’agit par exemple d’intervenir chez un client pour un dépannage. Les applications dédiées à la maintenance centralisée et de plus en plus automatisée d’un parc de machines installées un peu partout sont d’ailleurs un autre cas de figure classique. Les fabricants de copieurs numériques haut-de-gamme proposent ainsi de plus en plus de services avancés reposant sur le suivi en temps réel d’un certain nombre de paramètres : il est possible d’anticiper la commande de pièces de rechange en cas de panne, d’optimiser par un pré-diagnostic les déplacements des équipes de maintenance, de veiller au réassort automatique du client en toners, etc. Pour que tout ça fonctionne, il faut bien sûr que les machines puissent communiquer avec le serveur central qui traite les informations. Il faut donc qu’elles puissent se connecter à un réseau. Or ces réseaux sont multiples et hétérogènes, leurs performances et leur disponibilité sont variables. Les fabricants de machines sont donc confrontés à une difficulté : doivent-ils intégrer dans leurs produits le plus possible de technologies réseaux ? Cette compatibilité maximale augmente le prix de revient des matériels, donc complique leur commercialisation, et c’est un choix d’autant plus risqué que les technologies et les normes évoluent vite en la matière. L’autre terme de l’alternative consiste à proposer des modèles différents en fonction de la disponibilité des réseaux à l’endroit de leur commercialisation, ce qui complique d’autant la chaîne et le suivi de production. Télécom Design, basée à Gradignan, propose une solution ingénieuse : le fabricant installe dans ses machines un boîtier universel à la place des traditionnelles cartes électroniques dédiées. Un système de modems enfichables interchangeables permet d’adapter la machine au réseau effectivement disponible, qu’il s’agisse d’un réseau filaire, Wifi, ou encore de téléphonie mobile. C’est toujours un défi pour une PME d’imposer une solution technologique, mais le jeu en vaut la chandelle : selon le cabinet IDATE, le marché potentiel est de 500 millions de machines à équiper d’ici 2010. Allez, à la semaine prochaine : on parlera du Diagnostic de l’Aquitaine numérique, bilan annuel de la société de l’information en Aquitaine réalisé par Aquitaine Europe Communication, et dont les résultats 2007 seront rendus publics lundi prochain 1er octobre à 17h, à Cap Sciences.
Chronique AEC - France Bleu Gironde - Les réseaux sociaux
Eric Culnaërt décrypte l'actualité numérique sur France Bleu Gironde, chaque mercredi, à 7h20 et 9h10.
Aujourd'hui, le responsable de la veille à AEC évoque les réseaux sociaux en ligne..
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Bonjour. Aujourd’hui, on parle des réseaux sociaux en ligne. Un réseau social en ligne, kézaco ? Eh bien, de façon très générale, c’est un site où l’on s’inscrit pour être en contact avec les autres membres inscrits. En pratique, on commence par se créer un profil : on remplit une sorte de fiche d’identité, du genre de celles que les professeurs font remplir à leurs élèves en cette période de rentrée scolaire. Cette fiche comporte un certain nombre de renseignements personnels : lieu de résidence, centres d’intérêt, goûts musicaux, curriculum vitae – selon le site, la nature et la quantité des informations demandées varient, ainsi que les usages. Sur MySpace, qui compte aujourd’hui 180 millions d’utilisateurs de par le monde, ce sont d’abord des jeunes qui se retrouvent, et l’usage d’un pseudonyme est largement répandu. Sur Viadeo, qui réunit plutôt des adultes centrés sur leur réseau professionnel, on se présente sous sa véritable identité.
Viadeo est d’ailleurs un bon exemple du fonctionnement d’un site de réseautage social généraliste. Une fois inscrit, vous disposez d’un moteur de recherche interne, qui vous permet de savoir si telle ou telle personne est également inscrite. Si oui, vous accédez à une version expurgée de sa fiche, qui ne comporte que quelques informations de base. Pour entrer en contact avec cette personne, deux solutions : la première, vous payez pour être mis directement en relation, c’est alors le site lui-même qui s’en charge et qui vous permet de lui envoyer un message. La seconde solution repose sur la capacité du site à trouver un chemin entre vous et la personne qui vous intéresse : si parmi vos contacts figure quelqu’un qui connaît la personne qui vous intéresse, ou quelqu’un qui connaît quelqu’un qui la connaît, le site vous l’indique. Et alors, eh bien, à vous de faire jouer vos relations… Au final, chaque membre inscrit demeure libre d’accepter ou de refuser quelqu’un dans le cercle de ses relations directes, ce qui donne accès à une version enrichie de sa fiche personnelle, à la possibilité de lui laisser des messages directement sans passer par un tiers, etc. Chaque utilisateur dispose par ailleurs de divers outils pour suivre l’évolution de son propre réseau, un graphique lui permet notamment d’identifier d’un coup d’œil le nombre de ses contacts directs et indirects. Et chaque semaine il reçoit par mail une synthèse d’activité : qui a rejoint le cercle de tel ou tel de ses contacts, qui a consulté sa fiche, etc. Viadeo est bien implanté sur la France entière : depuis la naissance du site sont naturellement apparus divers regroupements, qu’on appelle des « hub ». Regroupement par centre d’intérêt, par branche professionnelle, par secteur géographique. C’est ainsi qu’il existe par exemple un « hub » bordelais, lui-même comportant diverses subdivision comme le hub « Bordeaux arts et spectacles ». Ce dernier est d’ailleurs assez actif, et organise chaque mois des soirées au cours desquels les membres du « hub » se retrouvent en vrai, autour d’un thème, d’une expo, d’un invité de marque… et d’un bon restaurant.
Le fonctionnement de détail diffère d’un site à un autre, tout comme les centres d’intérêts sur les sites sociaux spécialisés. Sur Babelio.com, par exemple, c’est l’amour des livres : chaque utilisateur construit sa propre bibliothèque virtuelle idéale, dépose des fiches de lecture et les partage avec le reste des membres inscrits, en discute avec eux, etc. Le premier essor des sites sociaux date déjà de 2003, mais l’année écoulée a vu la multiplication des sites spécialisés de ce genre. En France, le réseau Peuplade.fr est en train de généraliser à tout le territoire son concept de réseau social consacré à la vie de quartier, un concept repris par La Poste pour son tout nouveau site, encore en phase bêta, appelé toutpresdecheznous.fr : sur une carte Google Maps sont recensés les divers membres du site, mais aussi les idées de sortie et de soirées, etc. Allez donc y faire un tour, ou bien allez découvrir Facebook, le dernier réseau social à la mode, qui ne compte pour l’instant « que » 40 millions d’utilisateurs mais dont la croissance est ultra-rapide.
Alors, bon réseautage social, et à la semaine prochaine.
Chronique AEC - France Bleu Gironde - La télé perso de Free
Eric Culnaërt décrypte l'actualité numérique sur France Bleu Gironde, chaque mercredi, à 7h20 et 9h10.
Aujourd'hui, le responsable de la veille à AEC évoque la Freebox TV Perso.
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Bonjour. Aujourd’hui, on revient sur le lancement cet été de FreeBox TV Perso. Les abonnés disposant de la dernière version de la Freebox, appelée Freebox HD, déjà diffusée à près d’un million d’exemplaires, peuvent désormais diffuser leur propre chaîne de télé, via l’ADSL.
Comment ça marche ? Côté matériel, on peut se contenter de brancher directement son caméscope sur l’une des prises vidéo de la Freebox HD. C’est par une connexion analogique que la vidéo est transférée vers la Freebox, qui se charge de la convertir au format numérique et de diffuser le résultat vers le réseau de l’opérateur. Il est donc possible de brancher un magnétoscope VHS, un lecteur DVD de salon, un disque dur multimédia, ou n’importe quel appareil disposant d’une sortie vidéo analogique. Ceux qui désirent bénéficier de fonctions évoluées peuvent choisir de faire leur montage sur PC avant de transférer leur chef d’œuvre via la sortie S-Video. Une fois les branchements idoines effectués, tout se pilote avec la télécommande de la Freebox, via l’interface qui s’affiche sur le téléviseur lorsqu’on sélectionne le canal 13. Après lui avoir donné un titre et l’avoir classée dans l’une des catégories préétablies – humour, information, jeux, etc. – il est possible de diffuser sa vidéo en direct ou en différé, de la laisser accessible à tous ou d’en réserver l’accès à quelques uns : dans ce dernier cas, on peut la protéger par mot de passe, ou bien dresser la liste des abonnés Free autorisés à la visionner. Chaque personne autorisée est identifiée par son numéro de téléphone Free en 09, ou par son pseudo TV Perso si elle en a créé un.
Vers qui diffuse-t-on, justement, quand on crée sa TV Perso ? Eh bien, vers tous les abonnés de Free éligibles au service de télévision par ADSL, appelé Freebox TV, soit un peu moins de deux millions de foyers. Contrairement à ce qui se passe pour diffuser, pas besoin de la dernière box pour recevoir les programmes. Par contre, pas d’accès à TV Perso depuis son ordinateur, on doit impérativement passer par son téléviseur connecté à la Freebox, via le canal 13. La même interface utilisée pour mettre en ligne des vidéos permet d’accéder aux « chaînes » créées par les freenautes. La navigation à la télécommande permet de choisir entre les chaînes « live », diffusées en direct, et les vidéos diffusées en différé, accessibles à la demande et à la carte comme sur n’importe quelle plateforme de type YouTube ou DailyMotion. Outre le classement par catégories, une zone de recherche en mode texte permet de trouver une vidéo en fonction de son titre, de sa description ou de son auteur.
Alors, révolutionnaire, le nouveau service de Free ? Assiste-ton à la démocratisation de la télé, sur le modèle des blogs pour l’expression en ligne ? Va-t-on voir la force de frappe des sites de partage de vidéo en ligne propulsée jusque sur la télé ? Pour l’instant, les contenus proposés dans le cadre du service Freebox TV Perso, certes vieux de seulement 2 mois, ne sauraient prétendre révolutionner l’écriture télévisuelle, et sans doute n’est-ce pas l’enjeu. Mais on sait déjà que TV Perso est un genre d’OVNI réglementaire. TV Perso c’est a priori bien de la télé, puisque c’est diffusé… sur la télé. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel devrait donc avoir son mot à dire sur ce qui s’y passe. Or des contenus adultes se retrouvent sur le canal 13 y compris en dehors de la catégorie dédiée, protégée par le verrou parental de la Freebox, et ce à n’importe quelle heure du jour et de la nuit.
utre sujet de friction : le piratage. Il n’a fallu que quelques heures pour que Canal+ s’émeuve de la reprise sur le canal 13 de certains de ses programmes sportifs payants. Free, en l’occurrence, se retranche derrière son statut de simple prestataire technique. Chaque freenaute créateur d’une TV Perso, d’ailleurs parfaitement repérable par le biais de son identifiant Freebox, serait responsable des contenus qu’il diffuse. En clair, Free entend transposer sur la télé un distinguo mis en place en 2004 par la loi pour la confiance dans l’économie numérique, destinée à réglementer les contenus mis en ligne sur internet. Cette loi crée deux statuts, celui d’éditeur responsable a priori des contenus qu’il diffuse, et celui d’hébergeur, qui ne peut voir sa responsabilité engagée que s’il ne met pas un terme à une infraction qui lui est signalée. La loi de 2004 est déjà bien malmenée par les avancées technologiques et les usages massifs qui en découlent ; l’avenir nous dira si la position de Free est tenable ou si elle contribuera à fragiliser tout l’édifice. A la semaine prochaine.
Chronique AEC - France Bleu Gironde - La musique sans limite
Eric Culnaërt décrypte l'actualité numérique sur France Bleu Gironde, chaque mercredi, à 7h20 et 9h10.
Aujourd'hui, le responsable de la veille à AEC évoque le téléchargement illimité de musique sur internet.
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Bonjour,
Aujourd’hui, j’ai une bonne nouvelle à vous annoncer : faites chauffer les modems, télécharger de la musique gratuitement et en toute légalité, c’est possible. Il y a une quinzaine de jours, Neuf Cegetel a annoncé que son offre triple play (internet, téléphone et télévision) s’enrichissait d’un service de téléchargement de musique illimitée. Dans le cadre de leur forfait à 29 euros et quelques, les abonnés de Neuf peuvent piocher à volonté dans l’un des neuf genres musicaux du catalogue d’Universal Music, qui comporte en tout 150 000 titres. Du coup, ça n’a pas traîné, Orange a déclaré préparer une offre du même genre pour le premier semestre 2008. Bien évidemment, Orange indique soigner ses partenariats de manière à proposer un catalogue le plus étoffé possible. La bataille du toujours plus a donc commencé : plus de débit, plus de programmes télé, et maintenant plus de morceaux de musique. Neuf a en effet déjà précisé qu’au terme de son partenariat exclusif de six mois avec Universal, d’autres maisons de disques seraient invitées à proposer leur catalogue.
De son côté, Free s’est empressé de révéler qu’il soutenait Deezer, un site qui ne permet pas de télécharger de la musique, mais de l’écouter en ligne, gratuitement là aussi. Au passage, on parle de streaming pour désigner les technologies permettant de jouer un fichier audio ou vidéo hébergé en ligne sans le télécharger sur l’ordinateur au préalable. L’annonce de Free, en réalité, ne change rien pour l’internaute, qui peut déjà librement aller sur le site Deezer.com et y écouter les morceaux de son choix. Ce qui est plus intéressant, c’est que Deezer rouvre après une période de fermeture forcée : il vient en effet de trouver un arrangement avec la SACEM pour le partage de ses revenus publicitaires avec les auteurs-compositeurs. Un modèle qui se rapproche en fait de celui de la radio sur internet, ce qui est assez logique : Deezer, c’est un genre de webradio à la carte.
Et pour Neuf, me direz-vous ? On ne peut quand même pas parler de webradio : il y a bien téléchargement des fichiers sur l’ordinateur, on peut en faire ce qu’on veut ensuite, non ? Eh bien, pas tout à fait : c’est là qu’interviennent les fameuses DRM, ces verrous numériques. En l’occurrence, les fichiers pourront être téléchargés sur 3 ordinateurs différents, ainsi que sur plusieurs baladeurs et téléphones mobiles, mais à condition qu’ils soient compatibles avec la solution DRM de Microsoft. C’est le cas de n’importe quel PC équipé d’une version récente de Windows Media Player, mais pas celui de l’iPod, par exemple. Détail qui a son importance, si vous résiliez votre abonnement à Neuf, la licence associée expire et les DRM rendent les fichiers téléchargés inutilisables, quel que soit le support. Le téléchargement correspond donc ici finalement à une location ou à un prêt. C’est d’ailleurs en réalité le cas de toutes les solutions de vente de musique ou de vidéo en ligne incluant des DRM, comme l’a récemment prouvé Google en cessant son activité de vidéo à la demande : les films commercialisés via la plateforme sont du coup devenus illisibles. Google a mis en place un système de dédommagement, d’ailleurs assez contestable, mais a bel et bien cessé de faire vivre le système de DRM autorisant la lecture des films déjà vendus.
Ce n’est pas pour rien que certaines maisons de disques et plateformes de téléchargement légal commencent, en ce moment même, à tester la vente de fichiers musicaux sans DRM malgré leur crainte du piratage. Mais on n’est plus dans le téléchargement gratuit et légal, comme promis en début de chronique. Alors, fausse promesse ? Eh bien non. Sur un site comme dogmazic.net on peut télécharger gratuitement de la musique sans DRM, en toute légalité, puisqu’elle est proposée volontairement par les musiciens dans le cadre de licences dites libres, sur le modèle du logiciel libre ; on reviendra dans une prochaine chronique sur ce qu’est le logiciel libre. En attendant, et avant de vous saluer, une dernière info : dogmazic.net est un enfant du pays. Le site, qui propose aujourd’hui près de 1200 heures de musique dans tous les genres, est mis en ligne par l’association bordelaise Musique Libre.
Alors, bon téléchargement, et à la semaine prochaine.
Chronique Décryptage - 5 ans d’équipement numérique
Eric Culnaërt décrypte l'actualité numérique sur France Bleu Gironde, chaque mercredi, à 7h20 et 9h10.
Aujourd'hui, bilan de cinq années d'équipement numérique
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Bonjour. Aujourd’hui, faisons le bilan d’une demi-décennie d’équipement numérique. En France, la population des internautes a presque triplé ces 5 dernières années, passant de 11 millions en 2001 à 28 millions fin 2006, ce qui signifie que la moitié de la population française est désormais connectée – un chiffre qui se retrouve à l’identique à l’échelle de la population aquitaine, comme le montre la dernière édition du Diagnostic de l’Aquitaine Numérique : 50% de foyers connectés, contre seulement 18% en 2000. Cette croissance, quoique spectaculaire, en masque une autre : de 1% de foyers aquitains connectés à haut débit en 2000, on est passé en 2006 à 41%, un chiffre qui se retrouve à peu de choses près à l’échelle française : au 31 décembre 2006, le nombre d'abonnements à internet en haut débit avait atteint près de 12,7 millions selon le régulateur français des télécoms. Fait significatif, la notion même de haut débit a fortement varié au cours des cinq dernières années : les 512 Kbits/s qui faisaient rêver il y a seulement quatre ans font désormais pâle figure face aux quelque 10 Mbits/s qu’offrent désormais en milieu urbain les fournisseurs ADSL. Et déjà la fibre optique promet pour bientôt du 100 Mbits/s… Non seulement les débits descendants (d’internet vers l’ordinateur de l’internaute) ont augmenté, mais les débits ascendants (de l’ordinateur de l’internaute vers internet) en ont fait autant, même s’ils demeurent généralement inférieurs. Sur ce dernier point, notons cependant qu’avec la fibre optique, les débits deviendront symétriques – mais sans attendre jusque là, il est d’ores et déjà devenu techniquement envisageable pour l’internaute de ne plus se contenter de consulter l’information disponible sur internet. Il peut désormais également mettre en ligne ses propres contenus, même lorsqu’ils sont relativement « lourds » (image, son, vidéo). Les appareils photo numériques, justement, se sont banalisés : en Aquitaine, on est passé de 9% de foyers équipés en 2002 à 50% en 2006, une proportion qui se retrouve à peu de choses près à l’échelon national. Dans le même temps, les appareils d’entrée de gamme ont vu leur prix divisé par deux environ (de 300 à 150 euros, toutes promos cumulées dans les deux cas) ; les performances techniques ont connu une évolution inverse, la densité moyenne des capteurs a par exemple été multipliée par 4. Autre évolution technologique, certains téléphones haut de gamme permettent de faire de la vidéo dans une qualité très convenable sur internet, et on sait par ailleurs que 17% des Aquitains sont désormais équipés d’un enregistreur à disque dur numérique, autre source de contenus numériques en ces temps d’explosion de la vidéo en ligne. L’équipement informatique, qui permet d’organiser, de transformer et de diffuser des contenus numériques, a suivi : de 40% de foyers aquitains équipés en 2000, on est passé à plus de 60% aujourd’hui. Les logiciels professionnels de traitement d’image et de montage vidéo, pour rester dans ce registre, ont vu leur prix baisser de façon significative, des versions grand public allégées et aux interfaces simplifiées sont apparues. Et nous verrons la semaine que tous ces contenus issus des internautes, de plus en plus nombreux sur internet, s’inscrivent dans un vaste mouvement de recomposition du web autour de l’utilisateur, à quoi l’on colle par commodité l’étiquette web 2.0. A la semaine prochaine.
Eric Culnaërt décrypte l'actualité numérique sur France Bleu Gironde, chaque mercredi, à 7h20 et 9h10.
Aujourd'hui, les widgets
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Bonjour. Aujourd’hui, on parle des widgets. On reviendra tout à l’heure sur la signification de ce mot et ce qu’il désigne. Mais pour commencer, j’ai envie de vous demander si vous vous rappelez comment vous accédiez à l’information sur internet il y a seulement quelques années. Si vous avez fait partie des pionniers, il y a de fortes chances pour que la procédure ait ressemblé à ce qui suit : j’allume mon ordinateur, je lance un logiciel pour connecter mon modem téléphonique, je lance un navigateur internet qui me dirige d’office vers le portail de mon fournisseur d’accès, lequel me propose un annuaire de sites classés par catégories et sous-catégories, dans lequel je farfouille jusqu’à trouver – ou pas – mon bonheur. Puis, assez vite, sont arrivés les moteurs de recherche, et notamment Google qui s’est rapidement imposé grâce à l’efficacité de ses algorithmes et son interface minimaliste extrêmement simple à utiliser ; bon nombre d’entre nous ont d’ailleurs mis Google en page d’accueil de leur navigateur, le moteur de recherche devenant la porte d’entrée vers internet. Au point que bon nombre d’utilisateurs, même lorsqu’ils connaissent l’adresse d’un site, l’inscrivent dans la zone de recherche de Google plutôt que dans la zone de d’adresse d’Internet Explorer (ou de tout autre navigateur qu’ils utiliseraient). Parallèlement, l’ADSL et le câble se sont développés, avec des débits rendant la navigation plus aisée mais aussi la connexion permanente : plus besoin de démarrer le modem, l’ordinateur est connecté à internet dès le démarrage. L’étape suivante a consisté pour Google, souvent à la pointe en matière d’innovations, à proposer la Google Bar, qui intègre le moteur de recherche dans la barre des tâches et permet de faire des recherches sur internet sans même à avoir à lancer un navigateur. Eh bien, les widgets, ce sont un peu les enfants de la Google Bar : ce sont des petits programmes ultra-spécialisés qui viennent se greffer sur le bureau Windows (si vous êtes sous Windows, mais il en existe pour les autres systèmes d’exploitation également) – qui se greffent sur le bureau, donc, et proposent en continu de l’information mise à jour via internet : Google Desktop propose ainsi des fils d’infos, mais cela peut-être également une horloge synchronisée avec les grand serveurs mondiaux, un service météo en temps réel , les cours de la bourse ou les dernières promotions de votre magasin préféré. Ce n’est plus vous qui allez chercher l’information sur internet, c’est elle qui vient vers vous. Les dernières versions de Windows, le fameux Vista, et de Mac OS sont d’ailleurs construites de manière à faciliter l’intégration de ces gadgets. Car c’est en effet la traduction du mot widget : un gadget, un bidule. Sauf que ces bidules sont en réalité tout sauf des gadgets du point de vue de ceux qui vous les proposent : il s’agit d’imposer sur votre bureau, où la place est chère et limitée, un canal de communication privilégié, avec tout ce que ça implique en termes de marketing. D’un point de vue technologique, par ailleurs, les widgets s’inscrivent dans un courant général qui tend à effacer les frontières entre votre ordinateur et internet : c’est ainsi par exemple que de plus en plus d’applications bureautiques, traitement de texte, gestion des contacts et des rendez-vous, etc. sont désormais proposées sous forme de services en ligne. Même Microsoft va dans cette direction avec les développements actuels de Windows Live et la déclinaison Live de sa suite Office. On assiste donc à un double mouvement : l’information en provenance d’internet est intégrée dans le bureau de l’utilisateur, et l’information de l’utilisateur est traitée en ligne. On se retrouve la semaine prochaine pour évoquer d’autres évolutions marquantes de ces 5 ou 10 dernières années. A la semaine prochaine.
Eric Culnaërt décrypte l'actualité numérique sur France Bleu Gironde, chaque mercredi, à 7h20 et 9h10.
Aujourd'hui, la technologie GPS (Global Positioning System, que l'on peut traduire en français par « système de positionnement mondial »)
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Bonjour. Aujourd’hui, on parle GPS. Le GPS et de manière générale tout ce qui a trait à la géolocalisation – c’est-à-dire à la capacité de repérer les coordonnées géographiques d’une personne, d’un objet ou d’une information – sera l’un des gros dossiers de l’année 2007 en matière de technologies de l’information et de la communication. Pour tout vous dire, cela fait même quelques années que c’est un gros dossier. Alors, pourquoi choisir de vous en parler aujourd’hui, précisément ? Cela tient à une coïncidence : la semaine dernière, Frédéric Beigbeder faisait paraître dans le Nouvel Observateur un papier assassin sur le pistage systématique des individus, où il expliquait que le fonctionnement du GPS en faisait un immense Big Brother, dans la mesure où chaque utilisateur aurait envoyé un signal permettant à un satellite de le repérer, pour ensuite l’informer de sa position. Or il se trouve que le 22 mars dernier, j’ai été invité à parler technologies de mobilité lors du forum annuel des stratégies du eTourisme organisé par la Chambre de commerce et d’industrie de Bordeaux. Du coup, j’ai un peu révisé, vous vous en doutez. Je ne me prononcerai pas sur le côté Big Brother des technologies de géolocalisation en général, mais je peux en revanche vous affirmer que le GPS ne marche pas, mais alors pas du tout comme ça. Alors, le GPS, comment ça marche ? En réalité, ce sont les satellites, une trentaine en tout suspendus au-dessus de notre tête, qui envoient en continu un signal en direction de la Terre, chacun le sien. Votre GPS, pour sa part, n’émet aucun signal vers les satellites, il se contente de recevoir le signal émis par les satellites à portée – la mise en œuvre de diverses techniques de triangulation et de correction d’erreur lui permet d’en déduire votre position, pour ensuite l’afficher sur une carte, vous guider, vous proposer de l’information sur ce qui se trouve à proximité, tout ça à partir d’une base de données cartographique déjà mémorisée dans l’appareil et qu’il est le plus souvent possible de mettre à jour via internet. J’y reviendrai sans doute dans une prochaine chronique, notamment pour vous expliquer comment les GPS de voiture et autres GPS autonomes utilisent les ondes FM et l’internet mobile pour vous proposer de l’information spécifique en fonction de l’endroit où vous vous trouvez. En attendant, parlons chiffres une minute. Un GPS autonome standard coûte aujourd’hui entre 200 et 500 euros, hors mises à jour logicielles. Il s’en est vendu plus d’un million en France l’année dernière, le Diagnostic de l’Aquitaine Numérique réalisé par Aquitaine Europe Communication constatait un taux d’équipement aux alentours de 8%, pour une moyenne nationale à 6%. La tendance est mondiale : la plupart des grands équipementiers ont quasiment doublé leurs ventes sur l’année 2006, et l’on commence même à voir apparaître dans certains pays des panneaux invitant les automobilistes à lever le nez et à ne pas trop se fier à leur GPS pour cause de zone mal couverte. Galileo, le GPS européen devrait quant à lui si tout se passe bien devenir opérationnel sous peu; un groupe de travail baptisé TOPOS a d’ailleurs été créé par la Région et divers partenaires privés pour anticiper les applications de Galileo. En attendant de pouvoir vous en dire plus, rendez-vous la semaine prochaine, nous parlerons Bluetooth.
Eric Culnaërt décrypte l'actualité numérique sur France Bleu Gironde, chaque mercredi, à 7h20 et 9h10.
Aujourd'hui, le happy slaping, une pratique très contestable...
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Bonjour. Aujourd’hui, nous allons parler de la façon dont le numérique transforme notre société, pour le meilleur et pour le pire, et de la difficulté d’encadrer ces évolutions par la loi. Vous le savez, nos téléphones mobiles sont devenus de petits bijoux de technologie : aujourd’hui, bon nombre d’entre nous se promènent avec dans leur poche un appareil capable de faire des petits films dans une qualité acceptable, au moins pour une diffusion via internet. Lors des attentats de Londres, en 2005, les premières et parfois les seules images de la tragédie vécue par les victimes prisonnières du métro ont été filmées de cette façon. Désormais tout un chacun dispose donc des moyens techniques pour devenir reporter d’un jour, et filmer l’événement dont il est le témoin accidentel, en plein feu de l’action et bien souvent avant l’arrivée des journalistes. On parle même de journalisme citoyen : la démocratisation des moyens de produire de l’information et de la diffuser ensuite, via internet, ferait naître parallèlement à la presse un cinquième pouvoir, pour reprendre le titre d’une manifestation qui se tiendra à Paris ce samedi 24 mars. Je vous parlais des attentats de Londres : c’est aussi en Angleterre, en 2005, qu’on a vu apparaître les premiers cas de happy slapping. Cette pratique qui consistait à gifler un passant au hasard tout en filmant la scène avec son téléphone mobile, a très vite donné lieu à des agressions de plus en plus violentes, au point de devenir un phénomène de société. Un phénomène qui n’est pas longtemps resté circonscrit au pays d’Orange Mécanique. En février 2006, deux jeunes de 19 ans ont été condamnés par le tribunal correctionnel de Bordeaux à six et huit mois de prison avec sursis pour des gifles portées sur des mineurs dans le tramway et filmées en direct. En janvier dernier, quatre jeunes, dont trois mineurs de 16 ans et 17 ans, ont agressé un collégien de 14 ans en plein centre de Blanquefort et ont filmé la scène avec un téléphone mobile. Le Parlement vient précisément d’adopter, dans le cadre de la loi du 5 mars 2007 relative à la prévention de la délinquance, une disposition qui entend lutter contre cette mode détestable du happy slapping , en l’étendant à toutes les atteintes volontaires à l’intégrité de la personne (torture, violences sur mineur, viol, agression sexuelle, etc.). La personne qui filme ces infractions sera désormais réputée complice des auteurs sans qu’il soit nécessaire de prouver le lien de complicité, et sera donc éligible aux mêmes peines. Mais le texte adopté va plus loin encore : la personne qui diffuse ces enregistrements, que ce soit sur le réseau de l’école ou sur YouTube ou DailyMotion, ces plateformes de vidéo en ligne dont je vous parlais lors d’une précédente chronique, encourt désormais des peines allant jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 75000 euros d’amende, soit dans certains cas des peines supérieures aux auteurs des faits eux-mêmes. Le texte crée donc une infraction nouvelle, avec cette seule exception qu’elle ne s’applique pas lorsque l'enregistrement ou la diffusion résulte de l'exercice normal d'une profession ayant pour objet d'informer le public – en clair, le journaliste est protégé, mais pas le simple quidam témoin d’un événement qui sort son téléphone mobile et se met à filmer, sauf si c’est dans le seul but que l’enregistrement serve de preuve en justice. Alors, si l’envie vous prend de jouer les journalistes citoyens, faites attention à ce que vous filmez… et à la semaine prochaine.
Eric Culnaërt décrypte l'actualité numérique sur France Bleu Gironde, chaque mercredi, à 7h20 et 9h10.
Aujourd'hui, votre santé en ligne
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Bonjour. Aujourd’hui, comment se soigner grâce à internet. En réalité, le remède ce n’est pas vraiment internet. Et le malade ce n’est pas vous et moi, ou pas seulement : c’est la sécurité sociale. Je m’explique : un peu partout dans le monde, on observe que de plus en plus les internautes utilisent internet pour se documenter en matière de santé. Le Pew Internet and American Life Project, un vaste projet de suivi sur plusieurs années des usages des internautes américains, révélait en octobre dernier que 80% d’entre eux avaient fait des recherches en ligne sur des questions médicales. Le Diagnostic de l’Aquitaine Numérique réalisé par Aquitaine Europe Communication nous apprend qu’à la même époque 55% des internautes aquitains faisaient de même occasionnellement. Là où l’étude américaine va un peu plus loin, c’est qu’elle nous apprend que seulement le quart des recherches médicales en ligne ont lieu à partir d’un site spécialisé consacré à la santé. Or, à mesure que cette pratique se banalise, la proportion d’internautes qui vérifient la source de l’information trouvée ne cesse de décroître : 50% le faisaient « toujours ou la plupart du temps » en 2001, ils ne sont plus que 25% aujourd’hui. Une observation à rapprocher des résultats d’une étude commanditée par le Département américain de la Santé et des Services à la personne, selon laquelle moins de 2% des destinations les plus populaires pour l’information médicale en ligne affichent dates et sources. Revenons en France : la Haute autorité de santé française vient d’entamer une campagne de certification des sites médicaux, en s’appuyant sur un label déjà existant : Health On the Net, ou HON. Décerné par une organisation non gouvernementale basée à Genève, ce label s’appuie sur le respect de 8 engagements, dont la transparence de l'actionnariat, l'autorité médicale des intervenants, le respect de la relation patient-médecin ou encore la nécessité de justifier toutes les informations diffusées en indiquant leur source. Mais s’il est connu des professionnels de santé, le HONcode, comme on l’appelle, ne l’est pas du grand public qui se rend en masse sur des sites comme Doctissimo.fr ou e-sante.fr. Pas évident donc de pronostiquer la réussite de ce label, même si l’initiative paraît bienvenue face à la profusion d’information médicale parfois douteuse qu’on peut trouver en ligne. Bienvenue, mais peut-être pas si innocente qu’il y paraît : l’ancien directeur de cette même Haute autorité de santé vient de remettre au ministre de la Santé un rapport intitulé « Perspective d’évolution de l’automédication en France ». Son diagnostic ? « L'automédication est actuellement un marché anarchique et peu lisible, il s'agit de l'ordonner et le sécuriser ». Les pistes évoquées sont multiples, mais il ne s’agit pas de lutter contre l’automédication : il s’agit bien au contraire de la rendre plus efficace de manière à limiter les dépenses de santé prises en charge. Et si les gens ont l’habitude de se renseigner sur internet plutôt que d’aller chez le médecin en cas de petit bobo, c’est autant de gagné.
Eric Culnaërt décrypte l'actualité numérique sur France Bleu Gironde, chaque mercredi, à 7h20 et 9h10.
Aujourd'hui, la vidéo sur internet
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Bonjour. Aujourd’hui on s’intéresse à la vidéo sur internet. Il y a une quinzaine de jours, le journaliste politique Alain Duhamel a été interdit d’antenne par France Télévisions et par RTL pour toute la durée de la campagne présidentielle. Et la faute à qui ? A la vidéo sur internet ! Rappel des faits : en novembre dernier, lors d’une rencontre prétendument privée avec une soixantaine d’étudiants de Sciences Po Paris, Alain Duhamel commence par critiquer François Bayrou, avant de lâcher qu’il votera pour lui. Rencontre privée peut-être, mais propos publics, car un étudiant a filmé la scène avec une caméra numérique, sans doute un de ces modèles qui tiennent entièrement dans la main, vous savez – en tout cas, Alain Duhamel n’a rien remarqué et l’étudiant vidéaste a mis la vidéo en ligne quelques jours plus tard sur DailyMotion. DailyMotion c’est quoi ? C’est l’équivalent français de YouTube, ce site américain que Google a racheté 1,65 milliards de dollars en octobre dernier. Le principe est le même, il s’agit d’une plateforme internet d’hébergement de vidéos à laquelle se greffent divers outils d’animation de communauté : création de profils utilisateur, systèmes de vote, de commentaire, etc. Selon Médiamétrie, DailyMotion est désormais rentré dans le trio de tête des sites français les plus fréquentés, après avoir vu ses visites multipliées par 9 en six mois pour atteindre 55 millions en décembre 2006. En tout cas, la vidéo d’Alain Duhamel en est déjà à plus de 130000 visionnages et presque 200 commentaires sur le seul site de DailyMotion. D’ailleurs le succès explosif de ce site doit pas mal à l’actualité politique de la vidéo en ligne : c’est là qu’on peut revoir le débat télévisé de la veille, la vidéo caricaturant tel ou tel candidat… ou encore les débats publics de la Communauté Urbaine de Bordeaux. Plus généralement, c’est bien sur internet que naissent des presque-télés consacrées à la campagne présidentielle en cours : on peut citer LaTéléLibre.fr de John-Paul Lepers, un ancien de TF1 et de Canal+, ou encore le PoliticShow du bordelais Nicolas Voisin, qui a décroché un passage dans le Grand Journal de Denizot, sur Canal+, grâce à son interview exclusive du porte-parole du parti socialiste Arnaud Montebourg à la fin de sa période de silence. Et vous savez quoi, sur internet, pas de mesure des temps de parole – les candidats l’ont bien compris, même ceux qui pour l’instant occupent tout l’espace à la télé mais qui à l’approche du premier tour s’intéresseront de plus en plus à la vidéo sur internet. Et ce n’est qu’un début : en Aquitaine, l’équipe d’Alain Rousset, premier candidat à avoir ouvert un blog de campagne en 2004, nous promet en off des surprises pour les prochaines législatives. Parions qu’il y aura une bonne dose de vidéo sur internet au menu. Et Alain Duhamel, me direz-vous ? Dans son cas, la démocratisation des outils numériques et de la vidéo sur internet auront conduit à le priver de télé. Un blogueur a repéré la vidéo litigieuse sur DailyMotion, puis un autre, et un autre encore – jusqu’à ce que la France entière en entende parler, à la télé, à la radio et dans les journaux, et jusqu’à ce que je vous en parle à mon tour. A la semaine prochaine.
Eric Culnaërt décrypte l'actualité numérique sur France Bleu Gironde, chaque mercredi, à 7h20 et 9h10.
Aujourd'hui, les blogs
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Bonjour à tous, Eric Culnaërt pour votre rendez-vous du mercredi avec Décryptage et l’actualité du numérique. Aujourd’hui, les blogs. On vous l’a dit, à la radio, à la télé, dans la presse, les blogs sont devenus un phénomène explosif sur internet. La barre des 100 millions de blogs dans le monde a été franchie fin 2006, on estime qu’il s’en crée un nouveau chaque seconde. Et plus question de limiter le phénomène à quelques ados en mal d’expression intime : d’abord aux Etats-Unis puis en France, les politiques s’en sont emparés. L’Aquitaine compte d’ailleurs quelques titres de gloire de ce point de vue, Alain Rousset ayant le premier ouvert un blog de campagne à l’occasion des élections régionales de 2004. Autre blogueur illustre, Alain Juppé a utilisé le sien pour maintenir le lien avec la France et Bordeaux durant son séjour canadien. Signe des temps, même les entreprises s’intéressent au phénomène, ainsi que j’ai pu le constater récemment lors d’un débat auquel j’avais été convié par le MEDEF de Gironde. Les communes, malgré l’échec de la plateforme de blogs de Seignosse sans doute lancée trop tôt, en 2004, y voient quant à elles un outil d’animation. C’est le cas à Oloron, où la mairie lance un concours de blogs en partenariat avec France Bleu Pau Béarn. Selon Médiamétrie, près d’un tiers des internautes, soit 9 millions de Français, consultent au moins un blog chaque mois. Plus de 3 millions et demi auraient également créé un blog, mais ils sont bien moins nombreux à le faire vivre – bon nombre de blogs vivent en effet ce que vivent les roses, et se fanent à peine éclos, délaissés par leur propriétaire. Néanmoins, à supposer que seul un blog sur 10 serait actif, ce qui est la fourchette basse, cela signifierait que plus de 300 000 Français en tiennent un et l’alimentent régulièrement. Alors pourquoi un tel succès, et qu’est-ce qu’un blog, exactement ? Un blog, c’est un site internet un peu spécial : on le crée généralement en quelques minutes en passant par une plateforme en ligne gratuite, comme Blogger (la plateforme de Google), le français Six Apart ou encore Blog Spirit. Skyrock a quasiment trusté l’audience des jeunes avec sa plateforme Skyblogs, mais de plus en plus de médias lancent la leur, comme le journal Le Monde ou le gratuit 20 minutes – le quotidien régional Sud-Ouest devrait d’ailleurs bientôt ouvrir la sienne. Une fois le blog créé, on accède en ligne à une interface de publication très simple et on peut commencer à mettre en ligne ses articles. Le principe de publication est chronologique, chaque nouveau message vient s’empiler sur le précédent. La navigation dans les articles est facilitée par des systèmes d’archives chronologiques, par catégories, par mots-clés. Mais ce qui fait la grande force des blogs, c’est qu’ils sont un outil de mise en relation : il est possible de laisser des commentaires sur les blogs des autres, de pister automatiquement les blogs qui parlent de vos articles, etc. Cet aspect de réseautage social des blogs est tellement déterminant dans leur succès, que très vite se sont créés des réseaux de blogueurs qui ont fait connaissance en ligne avant de se retrouver en vrai, à l’occasion d’une soirée. Pour ceux d’entre vous qui s’intéressent à la question, d’ailleurs, sachez qu’une de ces soirées aura lieu ce vendredi 23 février à 20h30 au bar L’Avant-Scène, rue Bories à Bordeaux. Au plaisir de vous y retrouver…
Eric Culnaërt, responsable de la veille à AEC, prend la suite de Frédéric Autechaud pour évoquer sur France Bleu Gironde l'actualité du numérique.
Aujourd'hui, la messagerie instantanée.
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Une chronique un peu particulière aujourd’hui, et une voix nouvelle. Bonjour à tous, je m’appelle Eric Culnaërt et je m’apprête à prendre la relève de mon collègue Frédéric Autechaud pour votre rendez-vous du mercredi avec Décryptage et l’actualité du numérique. En effet, Frédéric nous quitte et part s’installer à Québec… mais ce n’est pas triste, car grâce à internet nous allons garder le contact. Comme presque 100 millions d’Européens et plus de 30 millions d’Américains, nous utilisons en effet un logiciel de messagerie instantanée. Lui c’est Yahoo! messenger, moi Windows Live Messenger, le produit Microsoft. Il y a des tas de logiciels de ce type, on peut aussi citer AOL instant messenger – AOL a en fait racheté le pionner du domaine, ICQ, lancé par la société israélienne Mirabilis à la fin des années 90. Comment ça marche ? C’est tout simple : une fois le logiciel installé, on vous attribue un identifiant personnel, que vous communiquez à vos amis et contacts pour qu’ils vous ajoutent à leur liste. De même, vous vous constituez une liste de contacts. Ensuite, chaque fois que vous vous connectez à internet, un serveur central avertit vos amis de votre présence et vous permet de savoir qui est en ligne, qui est disponible pour une conversation, etc. Comme son nom l’indique, la messagerie instantanée permet un dialogue en direct et en temps réel. A l’origine les échanges se faisaient exclusivement au clavier, en mode texte – par chat ou clavardage, pour reprendre le mot qu’Alain Juppé de nouveau maire de Bordeaux a rapporté de Québec où Fred part s’installer. Avec l’évolution des logiciels et l’augmentation des débits, il est devenu possible d’échanger des fichiers, de tenir des conversations audio et même vidéo, par webcam. Ces logiciels sont gratuits, Yahoo, Microsoft et les autres misant sur la publicité et la commercialisation de produits dérivés destinés à la personnalisation du logiciel, sur le même principe que les sonneries pour téléphone mobile. Mais le véritable objectif des géants de l’internet, c’est de se constituer une communauté d’utilisateurs à qui il sera ensuite plus facile de proposer d’autres services, certains payants mais pour la plupart gratuits et rentabilisés par la pub – saviez-vous qu’internet représente désormais pas loin de 6% des budgets de publicité mondiaux, tous médias confondus ? Et c’est comme à la télé : plus il y a de monde qui regarde, plus ça rapporte. C’est pour ça que chaque logiciel essaye de garder pour lui ses utilisateurs, et ne permet pas de dialoguer avec ceux des concurrents. Sauf que ça commence à bouger de ce côté-là : il existe depuis longtemps un logiciel appelé Trillian qui permet de se connecter à différents services de messagerie instantanée à la fois. Mais pour Fred et moi, même pas besoin, Microsoft et Yahoo ont en effet signé l’an dernier un partenariat permettant à leurs utilisateurs respectifs de dialoguer sans recourir à un logiciel supplémentaire. Alors, à bientôt Fred, on garde le contact par messagerie instantanée.
Découvrez l'ensemble des chroniques "Décryptage" de Frédéric Autechaud, responsable éditorial à AEC, diffusées sur France Bleu Gironde avant le 7 février 2007.
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