La conférence annuelle sur les tendances dans l'innovation numérique, organisée par AEC, s'est déroulée au café du musée CAPC, à Bordeaux, le 24 juin dernier.
Découvrez toutes les tendances 2008-2009 décryptées et analysées par l'équipe d'AEC grâce aux extraits en Mp3 des interventions et supports powerpoint de la conférence :
- L'internet sur mobile décolle-t-il ? Par Eric Culnaert, responsable de la veille Durée : 6'24" ; Slide n°7
- Succès du EEE-PC : l'ultraportable à bas prix Par Eric Culnaert, responsable de la veille Durée : 6'23" ; Slide n°8
- L'informatique dans les nuages : SaaS, PaaS, SoA Par Eric Culnaert, responsable de la veille Durée : 8'11" ; Slide n°9
- Juridique : Le commissaire aux données Par François Gilbert, directeur du service accompagnement Durée : 5'42" ; Slide n°14 et 15
L'an dernier, la Commission Informatique et Libertés (CNIL) a réalisé environ 160 contrôles, parfois à la plus grande surprise des entreprises. Résultat, presque la moitié des sondés (sur un total de 300 professionnels) déclarent ne pas maîtriser la gestion des données à caractère personnel. Des manques qui pourraient coputer jusqu’à 300.000 euros d'amende. Côté collectivités, elles seraient 69% à afficher une conformité totale (contre 64% dans le privé) avec la loi Informatique et libertés. Par ailleurs, elles sont 30% à avoir nommé un correspondant informatique et liberté (contre 25% dans les entreprises).(source Clusif, club de la sécurité de l’information français : enquête 2008 «Menaces informatiques et pratiques de sécurité en France».)
- Juridique : l'éclatement du lien de subordination en entreprise Par François Gilbert, directeur du service accompagnement Durée : 5'17 ; Slide n°16 à 18
Tendances 2007 sous observation Par Eric Culnaert, responsable de la veille à AEC. Durée totale 9'20"; Slide n°2
- La géolocalisation par GPS : de 0'00" à 1'40" - L'économie de l'intention : de 1'40" à 3'28" - Les widgets : de 3'28 à 5'45" - E-commerce et compétences numériques : de 5'45" à 9'20"
Lire le Dossier de l'Aquitaine Numérique de juin :
Aquitaine Europe Communication a le plaisir de vous inviter à sa deuxième journée annuelle
« Tendances Numériques 2008-2009» le 24 Juin 2008, de 16h30 à 18h30, au Café du Musée CAPC, 7, rue Ferrère – Bordeaux
A travers ce rendez-vous, Aquitaine Europe Communication souhaite présenter et décrypter les tendances émergentes de la période 2008-2009 dans l’innovation numérique, en mettant en avant les enjeux et opportunités pour les acteurs aquitains.
Au menu des Tendances 2008-2009 : - Société : quels bouleversements annoncent la Génération Y (ou Génération internet) qui, nous dit-on, arrive sur le marché du travail en ayant toujours baigné dans le numérique ? Peut-on l’observer en Aquitaine ?
Ils sont âgés de 15 à 29 ans, maîtrisent le web sur le bout des doigts et évoluent dans un monde hyper connecté. Les jeunes de la Génération internet laissent présager des bouleversements majeurs dans la société. A l’école, sur le marché du travail et dans le commerce. Portrait en trois questions.
La société au défi des « Y »
Qui sont-ils ? Nés avec la société du savoir, dans une période s’étirant de 1979 à 1994, les jeunes de la Génération internet (également appelée Génération Y ou Digital Natives) évoluent dans un monde où les technologies de l’information et de la communication (TIC) sont omniprésentes : internet, téléphonie mobile, messagerie instantanée et blogs constituent les quatre piliers de leur vie sociale et définissent leurs rapports à l’autre. Leur quotidien est empreint de virtualités, quelles soient locales (on « chatte » avec son voisin) ou mondiale (l’information est accessible instantanément, d’où quelle vienne). Si les membres de la Génération X sont ceux qui ont favorisé l’implantation de l’informatique dans la vie quotidienne, les membres de la Génération internet sont totalement immergés dans le numérique. Les services en ligne MySpace, FlickR, FaceBook ou Twitter sont autant d’espaces de socialisation utilisés, au quotidien, par les jeunes de cette génération qui nourrissent ainsi une conscience collective et un sens du collectif (ils maîtrisent pas exemple leur identité numérique).
Quels impacts sur la société ? Le bouleversement des modes de socialisation de la Génération internet a des conséquences sur son rapport au monde. Premier effet constaté sur les formes d’apprentissage : le rapport hiérarchique entre le « sachant » et l’ « apprenant » cède le pas à un apprentissage parcellisé, dans lequel l’élève construit lui-même son savoir en utilisant au maximum les potentialités offertes par les nouvelles technologies (les espaces de travail collaboratifs Wikis, notamment). Le professeur est alors considéré comme l’élément structurant l’apprentissage. L’Education Nationale, qui a commencé à s’adapter – grâce notamment à la dématérialisation des supports de cours – devra prendre en compte ces nouveaux comportements et former ses professeurs à l’encadrement de cette génération.
Le bouleversement le plus radical qui semble pointer à court terme concerne l’arrivée massive sur le marché du travail de cette Génération internet. L’immersion totale de ces jeunes dans la culture numérique change radicalement leur rapport au travail et à la hiérarchie. Habitués à participer, en réseaux, à l’échange d’informations avec les pairs, ils ont tendance à reproduire ce modèle d’organisation collaborative au sein des entreprises. Ces dernières devront rapidement revoir le modèle autrefois fondé sur la hiérarchie (patron-employé) afin de l’adapter à ces nouvelles normes de communication. Déjà, certaines entreprises ont compris les enjeux liés à l’arrivée de cette nouvelle génération d’employés : ouverture de bureaux de recrutement dans le monde virtuel en 3D Second Life, rendez-vous éclairs de recrutement (speed recruiting) ou encore développement du « CV vidéo » qui remplacera, à terme, le CV papier classique.
Les modes de consommation seront également impactés par la Génération internet et son usage quotidien d’internet : les actes d’achat sont de plus en plus électroniques et on peut s’attendre à une explosion du commerce en ligne dans les années à venir. De même, ils influencent grandement les décisions d’achat au sein du ménage puisqu’ils font aujourd’hui office de consultants pour leurs parents. Là encore, le monde du marketing doit tenir compte de cette évolution des comportements, en personnalisant notamment l’offre d’achat dématérialisé.
Une réalité en Aquitaine ? En ce qui concerne les usages, les données obtenues sur l’Aquitaine confirment les tendances observées par ailleurs. Les jeunes aquitains âgés de 15 à 29 ans sont beaucoup plus équipés que le reste de la population : téléphone mobile (97% en possèdent un contre 85% pour le reste de la population régionale), console de jeux (respectivement 51% contre 30%), ordinateur (84% contre 65%) et Internet (65% contre 53%) composent leur quotidien. Si l’écrit occupe une place prépondérante, c’est sous la forme de l’oralité qu’elle s’exprime via l’échange de sms et de la messagerie électronique. Toutefois, si cette génération semble homogène, les comportements se différencient selon le sexe et l’exclusion y est encore plus flagrante, puisque les membres des classes les plus populaires restent en marge de cette société de l’immédiateté. C’est sur cette frange de la population que les regards doivent dorénavant se tourner si l’on veut que tous, demain, intègrent la société du savoir et de la communication.
- Identité numérique : Les évolutions récentes liées à l’explosion des réseaux sociaux et au "phénomène" Facebook confirment que l’identité numérique devient un enjeu central. L'absence d'un cadre global de gestion de cette identité devient problématique. - Equipements : comment interpréter le succès du EEE-PC d’Azus, cette machine en rupture avec la course à la puissance qui préside aux destinées de l’informatique depuis des décennies ? - Usages : l’internet sur mobile est-il en passe de devenir une réalité ? - Services : au-delà des acronymes, quelle tendance de fond se dessine derrière les sigles SaaS, PaaS, SOA, etc. ? Un virage vers l'externalisation et consommation de l'informatique et des applications en mode service via internet. - Juridique : le lien de subordination qui régissait les rapports entre employeur et employé dans les entreprises tend à disparaître au au profit d'organisations hiérarchiques horizontales. - A suivre : retour sur les tendances mises en avant l’an dernier. La compétence TIC influe-t-elle directement sur le pouvoir d’achat ? Le web 2.0 malmène-t-il le récent cadre juridique de la Loi pour la confiance dans l’économie numérique ?
- Egalement au programme, les projets de divers acteur aquitains du numériques, par exemple dans le domaine de la e-santé, seront présentés. Inscription Renseignements : 05 57 57 01 01
C'est une première en Aquitaine. Ludique, interactive et instructive, l’opération de vote électronique organisée par AEC et l’Agence landaise pour l’informatique, le 2 juin dernier, dans le cadre du Diagnostic de l’Aquitaine Numérique 2008, a réuni une cinquantaine de participants au sein de la Maison des communes de Mont-de-Marsan.
Equipés d’un boîtier de vote électronique nominal, les représentants des communes landaises_ élus, directeur des services, techniciens informatiques ou secrétaires de mairie_ ont été interrogés sur leurs équipements et usages en matière de technologies d'information et de communication.
Pendant près de deux heures, ils ont répondu à 90 questions sur des sujets tels que la connectivité dans leur commune, l’impact économique d’internet sur le territoire, les contenus des sites internet, les services en ligne, la relation avec les administrés ou encore l’utilisation des services web.
Magie du moment : les réponses s’affichaient en direct à l’écran, établissant ainsi un premier portrait (forcément partiel, les Landes comptent 330 communes) des forces et faiblesses du département en matière numérique. L’occasion aussi pour Alexandre Bertin, statisticien à AEC, d’apporter des éléments de comparaison grâce à des données collectées sur les mêmes thèmes dans d’autres départements aquitains.
Reportage autour de cette opération originale et expérimentale : durée 5'59''
Journée marathon pour nos invités, Philippe Martin et Claude Malaison, venus du Canada présenter leur ouvrage «Pourquoi bloguer dans un contexte d’affaires ? ». Journée de travail également pour la centaine de participants entraînés dans quatre lieux différents de Bordeaux, des toits de la Cité Mondiale aux salons cosy de la librairie Mollat et du restaurant Chez Jean, en passant par les salles studieuses de l’Echangeur.
Première étape au Club AEC des professionnels du numérique (à la Cité Mondiale), le temps d’un déjeuner et d’un tour d’horizon du sujet abordé :
Claude Malaison trace un rapide panorama des évolutions à venir dans les entreprises : l’arrivée de nouveaux employés issus de la Génération Internet (Digital Natives) va inévitablement entraîner un « changement de paradigme au sein des organisations et un bouleversement des habitudes de consommation ». L’utilisation des outils du web 2.0 (blogs, podcasts, réseaux sociaux ou encore micro-blogging) par les jeunes qui ont moins de 29 ans aujourd’hui et leur aptitude à maîtriser la logique des réseaux va nécessairement impliquer l’intégration des technologies du Web 2.0 dans les entreprises, et ce, par le biais des refontes intranet.
Deuxième intervention par Philippe Martin, de la société québécoise la Fabrique de blogs, autour des opportunités offertes par les blogs d’entreprises : la blogosphère devrait fourmiller de tels projets dans les années à venir avec des investissements considérables à la clé. « De l’ordre de 300 millions de dollars en trois ans », précise Philippe Martin.
En fin de journée, les deux intervenants ont pris quelques minutes pour préciser leurs pensées à AEC : Bloguer dans un contexte d’affaires. Durée de la vidéo, 12’26’’. 1- Le contexte : l’influence de la génération internet 2- Les moyens : des outils 2.0 3- Le blog d’entreprise : une stratégie 4- Les différents types de blog d’entreprise
Deuxième étape à l’Echangeur Bordeaux Aquitaine pour une conférence intitulée « Le blog : quels usages pour l’entreprise ? ».
Au menu des échanges : l’entreprise 2.0, le blog comme outil de communication professionnel, vérités et contre-vérités sur les blogs, témoignage du responsable de la plateforme de blogs du journal Sud Ouest.
Quatrième étape, enfin, au Club des Amis2Stella de La Rhune, Networking et Gourmandise. Détente, petits-fours et conversations croisées sur les thèmes cuisine et numérique, dans un restaurant de la place du Parlement. Un Club à découvrir.
Quatre lieux à Bordeaux, quatre thèmes et quatre ambiances!
- un déjeuner-débat "Le blog dans la stratégie de communication" à l'Hôtel Mercure ;
- un atelier "Le blog : quels usages pour l'entreprise ? Bloguer pour vendre, pour influencer, pour réseauter ou communiquer...", à l'Echangeur Bordeaux Aquitaine ;
- une conférence-débat "L'impact du web 2.0 sur la société et La transmission, l'émergence du féminin", à la Librairie Mollat ;
- un dîner "Pourquoi bloguer, manger & boire ?", lieu surprise...
Chronique AEC - France 3 Aquitaine - Les seniors et internet
Chaque premier mardi du mois, Laurent-Pierre Gilliard intervient au "Midi pile" de France 3 Aquitaine pour évoquer les thèmes de la société de l'information en Aquitaine. Ce mois-ci, il était question des équipements et pratiques des seniors en Aquitaine. Ils représentent un quart de la population en Aquitaine. L’idée que l’on a des séniors et celle d’une tranche d’âge très peu utilisatrice d’Internet est en train de changer.
Le deuxième Débat Numérique a eu lieu mardi 6 mai, à l'Ijba, autour du thème "La technologie dans le corps : homme augmenté, cyborg, progrès médicaux, où va l'espèce humaine ?".
Autour de Laurent-Pierre Gilliard (AEC), animateur des échanges, deux invités de choix :
- Jean-Gabriel Ganascia, professeur d’intelligence artificielle et de sciences cognitives à l’université Pierre et Marie Curie (Paris) (à droite sur la photo). - Paul Benkimoun, médecin et journaliste à la rubrique Santé du Monde (à gauche sur la photo).
Organisé par l'Institut de journalisme Bordeaux Aquitaine et AEC, en partenariat avec les journaux Le Monde et Sud Ouest, ce Débat Numérique avait pour ambition de dépasser l'imaginaire collectif pour aborder une réalité très actuelle celle de l'invasion du corps par la technologie. Invasion ? Le mot est peut-être exagéré même si les progrèsde la science, les recherches en cours dans des laboratoires du monde entier et certains mouvements de pensées, tel le transhumanisme, projettent déjà l'avènement d'un humain transformé, amélioré, "augmenté". Faut-il en avoir peur ? Face aux perspectives offertes à l'humanité, le public présent au Débat Numérique, attentif et réactif, a davantage fait preuve de curiosité et de mesure que d'alarmisme.
Vous retrouverez bientôt sur ce blog des extraits vidéo du Débat Numérique. En attendant, voici quelques éléments de compréhension du sujet. Enjeux et limites.
Introduction(par Raphael Burgos, étudiant en journalisme) :
Mot-clé de l’imaginaire contemporain, le concept de Cyborg est né dans les années 60 dans l’esprit des chercheurs américains de la NASA qui voulaient accélérer le processus de colonisation de notre système solaire. Ce concept très sérieux envisageait des expériences diverses de modifications du corps par la technologie mécanique (bras surnuméraire, exosquelette, combinaison ne faisant qu’un avec son occupant), les drogues et l’informatique. Le cyborg, c’est donc l’humain "amplifié", au corps technologiquement modifié, l’homme-machine infatigable, inépuisable, performant et conquérant.
A présent le Cyborg apparaît comme une réalité envisageable. Le cyborg de demain naît dès aujourd’hui dans nos laboratoires. Grâce aux développements de l’ingénierie génétique, des biotechnologies, de l’informatique, l’être humain repousse les frontières du corps physique au-delà de son enveloppe anatomique. Dans le domaine de la santé, les progrès en matières de prothèses, d’implants électroniques sont phénoménaux. Voir, entendre, sentir, s’exprimer, bouger sont redevenus possibles pour des patients atteints de Parkinson, de surdité, de paraplégies, ou victimes d’accidents vasculaires cérébraux. Il s’agit alors d’augmentations réparatrices d’ordre physique mais certains envisagent déjà l’amélioration de nos capacités mentales et dépasser la norme imposée par la nature.
Le cyborg incarne tour à tour autant le rêve de toute-puissance et d’éternité que l’angoisse de la disparition de toute humanité. Il nous informe des relations que nous entretenons avec les mythes philosophiques, scientifiques, économiques et anthropologiques de notre présent. Il nous oblige à examiner la relation complexe qu’établissent nos pratiques sociales et culturelles qui mettent en crise la séparation établie entre biologique et mécanique, entre animé et inanimé, entre visibilité et invisibilité, entre humanité et machinité.
Trois questions à Jean-Gabriel Ganascia, invité du Débat Numérique :
AEC : Le corps investi par la technologie : cette perspective est-elle forcément inévitable ?J-G.G : Elle l’envahie déjà depuis longtemps : stimulateurs cardiaques, prothèses dentaires, orthopédiques, implants auditifs, silicone… La question centrale est surtout « jusqu’où ira-t-on ? » mais là, rien n’est encore défini. La recherche n’en est qu’à ses balbutiements et on ne sait pas vers où le progrès médical et technique nous entraînera. L’augmentation de l’intelligence par la technologie n’est pas neuve, non plus. L’écriture, déjà, puis l’imprimerie, avaient permis d’améliorer les capacités intellectuelles des Hommes. Aujourd’hui, la technologie nous permet de stocker des quantités énormes de données sur des supports de plus en plus légers. Cela ne signifie pas que nous aurons la maîtrise de ces informations. Ces évolutions peuvent être un bien si on sait les utiliser au mieux.
AEC : Feront-elles évoluer l’espèce humaine ? J-G.G : Elle a toujours évolué mais ces évolutions sont aujourd’hui accélérées par la rapidité des progrès technologiques. L’apparition des outils de calcul nous a fait perdre des capacités de calcul mental et l’écriture a eu le même effet sur la mémoire. A titre personnel, je ne suis pas effrayé, même s’il faut prendre ces questions au sérieux et réfléchir à leurs dangers. Les transhumanistes, par exemple, défendent selon moi une vision excessive de l’homme augmenté par l’intrusion de la technique dans son corps. Nous devons conserver une certaine idée de l’humanité, être attentif, sur le plan éthique, à ce que la technique révèle de l’Homme.
AEC : Et selon vous, que révèle-t-elle ? J-G.G : Elle révèle le corps comme une frontière qui effraye. Mais le monde dans lequel nous vivons transforme notre intelligence. La frontière entre l’intérieur et l’extérieur est floue, car la technique intégrée au corps est toujours contrôlée de l’extérieur. Les opposer n’est pas forcément pertinent. C’est vrai que des changements considérables se préparent, avec des conséquences psychiques importantes pour l’être humain, mais on en est encore loin. Le temps est aujourd’hui à la réflexion éthique.
Interviews sonores Ecoutez les témoignages de trois spécialistes du sujet (réalisées par Clément Le Goff et Jean-Christophe Wasner, étudiants à l'IJBA) :
- Alberto Masala, chercheur en philosophie – Paris IV (1'15) ; Qu'est-ce que le transhumanisme et quelles idées porte ce mouvement mondial ?
- Rémi Sussan, journaliste – InternetActu, FING (2'00") ; Limites et risques de la pensée transhumaniste et de l'augmentation humaine.
- Daniela Cerqui ; Anthropologue – Université de Lausanne (1'36"). La peau comme barrière identitaire. Augmentation Vs réparation : ou commence l'acceptable ?
- Les cyborgs existent déjà, Claudia Courtois, Le Monde, 21 octobre 2007 - Les nouvelles frontières de la santé, comment serons-nous soignés demain?, Didier Tabuteau, Paul Benkimoun , Broché, 13 novembre 2006. - L'intelligence artificielle, Jean-Gabriel Ganascia, Editions Cavalier Bleu - Wikipedia, article "cyborg"
Quelques films :
- Metropolis, Fritz Lang, 1927 - Robocop, Paul Verhoeven, 1987 - Ghost in the shell, Mamoru Oshii, 1995 - Welcome to Gattaca, Andrex Niccol, 1997 - Star Wars, Georges Lucas
Littérature, Science Fiction :
- Qui?, Algis Budriy, Presse de la Cité, 1958 - Le dernier de son espèce, Andrea Eschbach, l'Atalante, 2006 - L'Homme-plus, Frédérick Pohl, Poche, 1990 - Le cycle des Robots. Les robots et l’empire.Isaac Asimov Paris, J’ai lu, 2001 - Les yeux d'Heisenberg, Franck Herbert, Pocket, 2004
Homme augmenté: - Automates et créatures artificielles d'Héphaïstos: entre science et fiction, revue techniques et culture, n°43-44 - Pistorius avantagé par ses prothèses, L'Equipe, 19 décembre 2007 - Le pacemaker du cerveau, l'Express, 6 décembre 2007 - Quasimodo, fiction de l'étranger, Revue Corps et cultures, 2000 - Après l'homme, le cyborg? Jacques Dufresne Éditions Multimondes, 1999
Cyborg: - Vers une intelligence cyborg, Sciences Humaines, février 2008 - Manifeste cyborg, Donna Harraway, Editions Exils, 2007 - Je suis un cyborg, Le Figaro, 15 décembre 2007 - L'utopie cyborg, revue Quasimodo, n°7, 2003 - Moi, Kevin, 48 ans, cyborg, Les Echos, 22 avril 2002 - Elle parle cyborg, L'Expansion, 11 octobre 2001
Transhumanisme: "Dans les années 1980, Max More, philosophe anglais expatrié aux Etats-Unis, fonde l’Extropy Institute, sans doute première association officielle ouvertement transhumaniste. Depuis, d’autres groupes ont été créés, comme la World Transhumanist Association (WTA), par Nick Bostrom qui dirige aujourd’hui le Future of Humanity Institute à l’université d’Oxford. Tous ces mouvements défendent la possibilité de l’immortalité physique, l’augmentation des capacités humaines (notamment l’intelligence), la fusion finale entre l’homme et la machine. Bien souvent, ils s’opposent à ce qu’ils considèrent comme l’antiscientisme ambiant, porté par le renouveau religieux, et défendent les bienfaits de la technologie et de la science en général. Malgré un socle commun, les transhumanistes se déchirent volontiers sur les sujets plus concrets, comme la politique (les opinions vont de l’ultralibéralisme à la gauche), ou les sujets d’actualité (par exemple la guerre en Irak) sur lesquels il n’existe aucun consensus. En revanche tous sont d’accord pour rejeter le racisme, le sexisme ou le recours aux solutions totalitaires du type « meilleur des mondes »." Rémi Sussan, in Sciences Humaines, mai 2007
- Le refus des conditions humaines, Libération, 18 mars 2008 - Les apôtres de l'homme machine, La Tribune, 17 janvier 2007 - Le corps amplifié de Sterlac, Libération, 12 octobre 2007 - Les Utopies posthumaines.Contre-culture, cyberculture, culture du chaos, Remi Sussan, Omniscience, 2005. - La Fin de l’homme. Les conséquences de la révolution biotechnique, Francis Fukuyama, Gallimard, coll. « Folio actuel », 2004. - "Vers une ontologie du cyborg", in, Le corps comme lieu de métissages, Daniela Cerqui p. 125-142. Paris : L’Harmattan, 2003.
Hybridité : - Devenir hybride, Bernard Andrieu, Dilecta, 2008 - Ethnographie. Fiction? Axel Guïoux, Evelyne Lasserre et Jérôme Goffette, Anthropologie et Sociétés, vol. 28, n° 3, 2004, p. 187- - Matrix, machine philosophique, Badiou A., T. Benatouil, E. During, P. Maniglier, D. Rabouin, J. P. Zarader, Paris, Ellipses, 2004 - À l’image de l’homme. Du Golem aux créatures artificielles. Philippe Breton, Paris : Seuil (« Science ouverte »), 1995.
Bionique : - La bionique, quand la science imite la nature, Agnès Guillot, Dunod, 2008
Biotique : - Cancer, parkinson, maladie cardio-vasculaire, paralysie, on pourra presque tout soigner, le Nouvel Observateur, 20 décembre 2007
Interface haptique: - Les neuro-nano-biotechnologies feront-elles la prochaine révolution sexuelle?, Libération, 18 mars 2008 - Toucher pour connaître. Psychologie cognitive de la perception tactile manuelle, Y. Hatwell, A. Streri, E. Gentaz, Paris, PUF, 2000 - http://lsc.univ-evry.fr/~ashaptics/ - http://www.haptique.com/fr/haptique/
Androïde: - Le rêve de l'homme machine, de l'automate à l'androïde, Gaby Wood, Autrement, 2005 - Robot: Mere Machine to Transcendent Mind, Hans Moravec, Oxford University Press, 1999.
Nanotechnologies: - Nanotechnologies et mégadéfis, Alternatives Economiques, 1er juin 2005
" Homme augmenté, cyborg, progrès médicaux, où va l'espèce humaine ? "
Le Débat Numérique
Prochaine rencontre le 6 mai 2008, à 18 heures, à l’IJBA
« La technologie dans le corps des humains : homme augmenté, cyborg, progrès médicaux... Où va l'espèce humaine »
Avec : - Jean-Gabriel Ganascia, professeur d’intelligence artificielle et de sciences cognitives à l’université Pierre et Marie Curie (Paris) - Paul Benkimoun, journaliste au Monde - Claudia Courtois, journaliste, correspondante au Monde, auteur de l’article " Les cyborgs existent déjà".
Si la capacité qu'à l'homme de se transformer est caractéristique de sa nature même, les dernières années ont vu les progrès technologiques se multiplier dans ce domaine, au point qu'on parle maintenant de la possibilité d'une «post-humanité» engendrée par l'application des technologies sur le corps -et notamment le cerveau- humain.
Aujourd'hui, les rêves de mutation se partagent entre "pop culture", recherche militaire, recherche scientifique et marché du loisirs. Ces rêves d'hommes augmentés pourront-ils permettre à l’Homme d’allonger son espérance de vie, voir, comme l’imaginent certains, de vaincre la mort ? Est-il possible de faire une différence claire entre l’utilisation des techniques à des fins médicales de réparation (redonner la vue à un aveugle) et à des fins d’amélioration du corps humain (donner à un soldat la possibilité de voir de nuit) ? Que l’on cherche à multiplier la force physique, les capacités intellectuelles ou le simple bien être, notre responsabilité éthique est en jeu.
Ouvert à un large public, le Débat Numérique est un lieu de réflexion, d’analyse et de communication autour des grands thèmes sociétaux liés aux nouvelles technologies numériques : usages, consommation, droit, éducation, innovation, etc.
Ce rendez-vous d’une heure trente met en relation un journaliste du Monde, auteur d’un article sur la thématique choisie, un expert du sujet et les participants.
La rencontre aura lieu de 18h à 19h30 sur le plateau de l’IJBA.
Cinéma et audiovisuel : la création à l'ère numérique
AEC et l’agence régionale Aquitaine Image Cinéma (AIC) organisaient, le 7 avril dernier, au Conseil régional, un colloque réunissant des professionnels de l’image autour de "l’économie de la création à l’heure du numérique".
Les droits d’auteurs doivent être maintenus, le constat est unanimement partagé par les acteurs des filières de l'audiovisuel et du cinéma. Mais ce colloque aura surtout mis en exergue les dissensions qui s’expriment au sein du secteur : réalisateurs, artistes, producteurs, sociétés d’auteurs, fournisseurs d’accès internet et spectateurs qui participaient à cette rencontre en ont témoigné.
Les mutations imposées aux acteurs du cinéma et de l’audiovisuel par le développement des technologies numériques, notamment les nouveaux modes de consommation des œuvres culturelles, déchaînent une guerre des "anciens" et des "modernes". Deux prises de positions qui ne relèvent pas uniquement d’un conflit de générations.
De gauche à droite : Philippe Lemoine, Caroline Bordes (AIC), Laurent-Pierre Gilliard (AEC) et Daniel Sauvaget.
Ecoutez le point de vue de Philippe Lemoine, PDG du groupe Laser, fondateur du Forum d’actions modernité, auteur de "La nouvelle origine", paru en 2007 aux Editions Nouveaux Débats Publics : "Contestation créative et économie numérique : le rôle de la contestation – dans les usages ou dans la création – et son rapport à l’évolution des modèles économiques" (22'49).
Ecoutez l'analyse de Daniel Sauvaget, géographe, économiste, enseignant en cinéma et audiovisuel, Université de Paris III : "Mutation économique du secteur audiovisuel, prospective et comparaisons des usages et pratiques en salles et dans les foyers"(29'44).
"La réponse des fournisseurs d’accès (FAI) au piratage tient en deux points. En premier lieu, Etat, ayants droit des industries du cinéma et de l’audiovisuel et fournisseurs d’accès à internet se sont mis d’accord sur la mise en place de la riposte graduée : dans un premier temps, avertissement par courrier électronique et, dans un deuxième temps, suspension de l’abonnement à internet. Il est à souligner que le fournisseur d’accès ne contrôlera pas lui-même les usages des abonnés – téléchargements illicites notamment – mais mettra en place la riposte sur plainte d’ayant droits. Les fournisseurs d’accès insistent sur la nécessité de renforcer les catalogues de films disponibles en vidéo à la demande (VOD). Ils soulignent la nécessaire évolution de la chronologie des médias, la règle définissant l'ordre et les délais dans lesquels les diverses exploitations d'une œuvre cinématographique peuvent intervenir (salle, DVD, vidéo à la demande, télé payante, télévision)."
Des élèves du lycée Montesquieu, option cinéma, assistaient à la journée, sur les bancs l'Assemblée régionale. Ils ont présenté une étude menée auprès de 100 élèves de leur établissement scolaire (centre-ville de Bordeaux), âgés de 15 à 18 ans. Elle visait à analyser les habitudes de consommation des œuvres culturelles par les jeunes de cet établissement scolaire.
Résultats : - 69% d’élèves déclarent télécharger des films sur internet. Dans 93% des cas le téléchargement est illégal. - 54% téléchargent des films déjà vus au cinéma. Les films téléchargés sont parfois anciens (20%), récents (38%), voire les deux (42%). - 77% de ceux qui téléchargent ne sont pas satisfaits de la qualité d’image. Ils sont 92% à aller régulièrement au cinéma. 47% sont conscients des enjeux sur la propriété intellectuelle et 44% connaissent les sanctions pénales.
Conclusions du colloque : - Une évolution du cadre juridique, une mise en adéquation des offres avec les attentes des consommateurs et une sensibilisation de la filière régionale sont les prochaines étapes des mutations de la filière du cinéma et de l’audiovisuel.
Chronique AEC - France 3 Aquitaine - Les audioguides numériques
Chaque premier mardi du mois, Laurent-Pierre Gilliard, directeur de l'information à AEC, intervient au "Midi pile" de France 3 Aquitaine pour évoquer les thèmes de la société de l'information en Aquitaine.
Ce mois-ci, il était question des guides touristiques, un secteur en pleine mutation. Ces guides sont aujourd’hui multimédias, avec des vidéos pour montrer ce qu'on ne peut pas voir, des cartes détaillées pour se déplacer sans se perdre, des animations 2D et 3D pour reconstituer ce qui n'existe plus, des illustrations sonores pour attiser l'imagination, des jeux ou des énigmes pour ne pas s'ennuyer... Des exemples en images.
Yann Leroux est psychologue clinicien et psychanalyste. Il étudie la dynamique des relations en ligne en général et les similitudes de comportement de groupe dans les environnement numériques (webs, forums, réseaux sociaux, jeux en ligne…) en particulier.
Pour AEC, il analyse la notion de groupe en ligne et les phénomènes spécifiques qui s'expriment au sein de ces espaces collectifs : partage collaboratif, relations conflictuelles, place faite à l'individu, etc.
Les conseils de Yann Leroux aux modérateurs de groupes en ligne : "Face à un conflit exprimé sur le groupe, armez vous d'une Charte mais surtout de patience".
Isabelle Falque-Pierrotin était invitée par AEC pour évoquer l’accès public à l’internet dans le cadre de la conférence intitulée "Mutations numériques, mutations juridiques", organisée le 21 mars dernier, au Grand -Théâtre de Bordeaux.
AEC : Le Forum des Droits de l’internet a publié en décembre une Recommandation sur les lieux d’accès public à l’internet. Que vise-t-elle ?
Isabelle Falque-Pierrotin : C’est une feuille de route opérationnelle, pratique, à destination des acteurs du terrain_ gestionnaires et animateurs de lieux d’accès public à l’internet_ qui vise à répondre à leurs interrogations en matière de bonnes pratiques, de protection de la vie privée ou de respect des règles sur la propriété intellectuelle. La législation en matière d’espaces publics d’accès à l’internet est soit imprécise soit méconnue. Le Forum des Droits mène un travail d’explicitation de la règle et de traduction en bonnes pratiques. Au fond, cette recommandation est aussi une réflexion sur le rôle joué par ces espaces publics dans la société.
AEC : A la lecture de cette Recommandation, on a le sentiment que tout reste à faire en matière d’accès public à l’internet en France. N’est-ce pas un constat d’échec ? I.F-P : Les structures d’accès se sont mises en place de manière spontanée, voire artisanale, au fil de la dernière décennie. Leurs cadres juridiques sont très hétérogènes. Jusqu’à présent, ils rendaient service mais on ne s’en occupait pas vraiment dans les territoires. Avec la démocratisation d’internet et l’augmentation du taux d’équipement informatique des foyers, une forte demande s’exprime dans la population pour davantage de services, un décryptage des technologies et une pédagogie des usages.
AEC : Les pouvoirs publics n’ont pas joué leur rôle dans ce domaine ? I.F-P : Certaines collectivités ont mis en place des initiatives mais il n’y a pas eu de politique publique contrôlée pour développer un réseau certes hétérogène, mais très riche. Notre recommandation s’adresse avant tout aux pouvoirs publics locaux pour les inciter à aller dans le sens d’une reconnaissance des lieux publics d’accès à l’internet. Il faut leur donner les moyens d’agir tout en ne rigidifiant par leur fonctionnement.
AEC : Quel serait l’enjeu d’une telle politique publique? Créer une culture commune de l’internet ? I.F-P : Le cadre des nouveaux usages n’est pas clairement compris par les internautes qui s’interrogent sur le téléchargement, la protection de leur vie privée sur la toile, les risques pour leurs enfants… Les points d’accès public jouent un rôle de formation essentiel. L’autre enjeu concerne les télé-procédures et l’e-administration. C’est une question de lien à la démocratie par les outils numériques : en la matière, la fracture numérique est avant tout une question de formation.
AEC : Le travail du Forum des Droits sur l’Internet est donc de sensibiliser sur ces questions ? I.F-P : Nous travaillons sur la régulation au sens large, pas seulement juridique. Internet est un espace dont les règles doivent être respectées et intégrées par les usagers eux-mêmes.
AEC : Il s’agit donc aussi de gouvernance de l’internet… I.F-P : Jusqu’à présent, la gouvernance de l’internet était centrée essentiellement autour des questions technologiques. On s’aperçoit que ce sujet touche aussi à des enjeux de société : quel doit être le rôle des Etats, des utilisateurs et des acteurs dans la reconnaissance de règles communes ?
AEC : Que pensez-vous de l’attribution récente à Eric Besson, Secrétaire d’Etat chargé de la prospective et de l’évaluation des politiques publiques, de compétences élargies au « développement de l'économie numérique » ? I.F-P : Son portefeuille et ses missions doivent encore être précisés mais nous ne pouvons que nous féliciter de cette nomination car elle signifie une reconnaissance, au sommet de l’Etat, de l’importance du numérique dans l’économie. C’est un premier pas. Nous demandions depuis trois ou quatre ans qu’une telle stratégie soit élaborée.
AEC : Le Forum des Droits sur l'Internet dévoile ces jours-ci les résultats de sa consultation publique 2008 auprès des internautes. Que révèle-t-elle ? I.F-P : En effet, nous consultons chaque année les internautes afin que nos recommandations soient en adéquation avec leurs attentes. Je suis frappée par la montée en puissance des craintes liées à la protection de la vie privée. Les internautes sont demandeurs de services personnalisés mais ils ont peur de l’utilisation qui pourrait être faite de leurs données personnelles. C’est une position ambigüe qui nous renvoie vraiment à une question de méthode : comment chacun_ citoyen, entreprise ou Etat_ peut-il agir pour préserver les informations personnelles et la vie privée ?
AEC : Ce sont aussi des chantiers européens… I.F-P : Oui, et nous travaillons en réseau avec des organismes équivalents au Forum des Droits sur l'Internet en Allemagne, Belgique, Angleterre, Autriche, Espagne, etc. sur des sujets comme la téléphonie mobile et la protection de l’enfance ou encore la gouvernance des réseaux. Ce sont des sujets neufs pour tout le monde et je dois dire que le travail du Forum des Droits inspire les autres pays sur un plan méthodologique : pour construire des finalités communes, nous associons tous les acteurs du monde numérique, publics, privés, ONG et consommateurs. Nous cherchons des points d’accord « gagnant-gagnant » entre tous les interlocuteurs. Nous possédons ainsi une expertise et une compréhension réelle des sujets qui permettent de bâtir des politiques publiques cohérentes. Autre point fort de la France, sa tradition humaniste : nous nous préoccupons toujours de l’éthique, de la place de l’homme et de la protection des enfants. C’est un atout à valoriser.
AEC : Quels seront les thèmes de travail du Forum des Droits sur l'Internet en 2008 ? I.F-P : La protection de l’enfance sur internet, les médicaments et pharmacies en ligne, un bilan de l’utilisation des machines de vote électronique dans les entreprises ou encore l’e-Commerce. La protection de la vie privée fera l’objet d’une consultation spécifique des internautes et nous allons lancer en mai un groupe de travail ""internet et développement durable" au sein duquel nous étudierons les questions d’accessibilité et le bilinguisme des sites internet.
Propos recueillis par Suzanne Galy
N.B : La conférence "mutations numériques, mutations juridiques" était organisée en partenariat avec l'Université de Bordeaux 4 et le Forum des Droits sur l’Internet.
Aller plus loin sur ce sujet :
La Délégation aux usages de l'internet a mis en place des services et ressources en ligne à destination des responsables et animateurs de lieux d'accès public à internet. Ils pourront y trouver : un service d'assistance juridique en ligne (réservé aux espaces labellisés NetPublic), une charte des usagers des espaces multimédias, un guide juridique du responsable/animateur d'espace, une FAQ, un guide pratique du droit d'auteur.
Le Débat Numérique : une vie sous l'oeil de la technologie
Organisé par Aquitaine Europe Communication et l’Institut de journalisme de Bordeaux Aquitaine (IJBA), en partenariat avec les journaux Le Monde et Sud Ouest, le premier Débat Numérique a réuni 130 participants environ, le 11 mars dernier, à Bordeaux.
Animé par Laurent-Pierre Gilliard, directeur de l'information à AEC, il se déroulait dans l’amphi-plateau de l’IJBA autour de deux intervenants : Michel Alberganti, journaliste au Monde et écrivain et Jean-Marc Manach, journaliste et spécialiste des nouvelles technologies.
Au terme des échanges, une série de préconisations pour l’avenir ont été établies (lire plus loin).
Photo : L'amphi-plateau de l'Institut de journalisme Bordeaux Aquitaine a accueilli 130 participants pour ce premier Débat Numérique.
Vidéosurveillance, capteurs, puces RFID, traçage des données sur Internet… Les systèmes de contrôle et de surveillance de la population, d’analyse des comportements et de stimulation de la consommation se multiplient et mettent en jeu la question de la protection des données privées des individus. Pour preuvre : en 2007, 1,7 milliards de puces RFID ont été vendues dans le monde ; on en vendra 650 milliards en 2018 et plusieurs milliers de milliards de puces seront alors connectées à internet.
De quel futur augurent toutes ces technologies de surveillance ? Que restera-t-il des libertés individuelles ? Comment garder la maîtrise sur ces évolutions ?
Visionnez la version longue (1h33) du Débat Numérique sur la plateforme www.webcampus64.com
Ecoutez les témoignages de deux utilisateurs de puces RFID :
Patrick Chambion, vétérinaire.
Smail Tedjimi, Chercheur à l'Institut National Polytechnique de Grenoble.
(interviews réalisées par Yann Saint-Sernin et Willy Le Devin, étudiants à l'IJBA).
Les préconisations proposées à l'issue du débat : Technique : • Encourager la R&D sur la maîtrise du rayon d'action des puces RFID afin qu'elles ne soient limitées qu'à l'usage visé. Par la loi, contraindre les industriels à anticiper le « silence technologique des puces » RFID par les consommateurs. Education : • Informer/sensibiliser les individus sur les risques liés à la présence de leurs informations personnelles sur les réseaux. Intégrer au sein des enseignements fondamentaux l'intérêt de maîtriser et de protéger son identité numérique. Le débat public : • Médias, associations, élus, institutions et organismes publics doivent remplir leur mission d'information et d'alerte à la population sur les questions de protection des données personnelles. Inciter à la création d'espaces citoyens de vigilance, d'alerte, de réflexion et d'analyse sur l'utilisation des technologies de surveillance et leurs dérives. Gouvernance : • Renforcer les pouvoirs de la CNIL en France. Créer un organisme européen de l'Internet des objets (type CNIL) avec des prérogatives régaliennes, donc un droit de sanction.
• RFID Journal, journal papier et web exclusivement consacré à la RFID et ses applications technologiques : http://www.rfidjournal.com/ ; • Le site fer de lance de l'industrie RFID francophone : www.filrfid.org/
Aspects techniques : • Wikipedia : La radio-identification ; l' Internet des objets • "Qu’est-ce que la technologie RFID ?", Didier Sanz, Le Figaro, 26 décembre 2007 ; • Radioétiquette (RFID), Libération, 14 avril 2007 ; • "Tout identifier à distance avec un tatouage radio", Michel Alberganti, Le Monde, 11 février 2007 ; Libertés individuelles : • Livre : Sous l’œil des puces, la RFID et la démocratie, Michel Alberganti, Actes Sud, Mars 2007; • "Risques : Vélib’ soupçonné de flicage", Environnement & Stratégie, 25 juillet 2007 ; • "Les marques aiment votre vie privée", Sophie Peters, Les Echos, 8 novembre 2007 ; • "Les étiquettes intelligentes inquiètent les consommateurs", Le Monde Economique, 27 février 2007 ; • "Ars sous surveillance", Marie Lechner, Libération, 10 septembre 2007 ; • "Mille milliards de mouchards", Michel Alberganti, Le Monde, 2 juin 2006 ; • "La CNIL au bord de la crise", Michel Alberganti, Le Monde, 19 juillet 2007 ; • "Petits trucs pour tenter de préserver son droit à la déconnexion ", Jean-Marc Manach, Le Monde, 18 novembre 2007 ; • "Big brother, le golem et le surhomme", Sylvestre Huet, Libération, 14 avril 2007 ; • "Des collégiens anglais testent les puces RFID", Les Echos, 29 janvier 2008 ;
Applications : • Commerce - "La technologie NFC veut faire converger les services sur mobile", Cédric Duval, Les Echos, 8 février 2008 ; - "Supertec veut rendre la PLV intelligente", Frank Niedercorn, Les Echos, 7 décembre 2007 ; - "Saudi Chemical Company investit dans ExploTrack et devient la première société du Moyen-Orient à pénétrer le marché mondial de la sécurité des explosifs", PR Newswire Europe, 23 janvier 2008 ; • Logistique - "Des ultrahautes fréquences pour automatiser la traçabilité sanitaire", Paul Molga, Les Echos, 2 mai 2007 ; - "Olivier Burah, directeur de Tagsys : « Pfizer a fait appel à nous pour insérer une puce sur chaque pilulier Viagra vendu dans le monde »", S. Godeluck, lesechos.fr, 24 septembre 2007 ; - "Les entreprises doivent maintenant s’organiser pour entrer dans l’économie du temps réel", Antoine Reverchon, Le Monde Economique, 27 février 2007 ; - "SCM : faire rimer complexité et souplesse", Trends Business ICT, 20 décembre 2007 ; • Sécurité - "Sécurité : Demain, la plage sous surveillance", Estelle Leroy, La Tribune, 19 septembre 2007 ; - "Dans le Val d’Oise, à gauche comme à droite, la vidéosurveillance s’invite dans la campagne", Olivier Zanetta, Le Monde, 17 février 2007 ; - "Surveillance tous risques", Michel Alberganti, Le Monde, 16 février 2008 ; - "La PME en herbe : Editag renforce la protection des musées", Gérard Tur, La Tribune, 11 février 2008 ; • Divers - "L’hôpital de Nice trace les malades grâce à la RFID", Cédric Duval, Les Echos, 18 octobre 2007 ; - "PACA : Stid franchit un nouveau palier et se tourne vers l’international", Gérard Tur, La Tribune, 8 janvier 2008 ; - "Un ciberzoo à la maison", Didier Sanz, Le Figaro, 5 décembre 2007 ; - "Miroir, dis-moi ce que je dois porter aujourd’hui", Michel Alberganti, Le Monde, 8 juillet 2007 ;
Aspects sociaux et sociétaux : • "Automatisation : les caissières s’inquiètent pour leur emploi", Cédric Morin, Les Echos, 26 juin 2007 ; • "Mobilisation contre les caisses sans caissière dans les hypermarchés", Mathilde Visseyrias, Le Figaro, 13 avril 2007 ; • "Futurs : faire peau neuve", Yan de Kerorguen, La Tribune, 2 mai 2007 ; • "Rage against the machines", Frédéric Roussel, Libération, 21 juin 2007 ;
« La technologie dans le corps des humains : homme augmenté, cyborg, progrès médicaux, où va l'espèce humaine ? »
Avec : - Jean-Gabriel Ganascia, professeur d’intelligence artificielle et de sciences cognitives à l’université Pierre et Marie Curie (Paris) - Paul Benkimoun, journaliste au Monde - Claudia Courtois, journaliste, correspondante au Monde, auteur de l’article « Les cyborgs existent déjà »
" Cinéma et audiovisuel à l’heure du numérique " - Colloque le 7 avril prochain
Internet et le numérique ont profondément bouleversé l’industrie culturelle du cinéma et de l’audiovisuel au niveau de la création, de la diffusion ou de la consommation des oeuvres.
Quelles sont ces mutations en cours ou à venir, aussi bien dans les foyers que dans les salles ? Quels modèles économiques apparaissent, au niveau international, dans un respect des libertés individuelles et des droits d’auteur ?
A l’occasion du 400ème anniversaire de la fondation de la ville de Québec, Aquitaine Image Cinéma et Aquitaine Europe Communication proposent un colloque sur le thème
"Cinéma et audiovisuel : la création d’origine incontrôlée. L’économie de la création à l’heure du numérique"
Il se déroulera le lundi7 avril prochain, à partir de 10 heures, auConseil régional d’Aquitaine.
Vendredi 21 mars dernier, au Grand-Théâtre de Bordeaux, AEC, le Forum des Droits sur l’Internet et l’Université de Bordeaux 4 accueillaient une centaine de participants pour une journée de colloque autour des mutations juridiques engendrées par les évolutions des technologies numériques.
Photo, de gauche à droite : Isabelle Falque-Pierrotin (présidente du Forum des droits sur l'internet), Marcel Desvergne (président d'AEC), Emmanuel Kessous (laboratoire SENSE d’Orange labs) et Hervé Le Guyader (directeur d'AEC).
Parmi les nombreux thèmes abordés, Emmanuel Kessous a analysé les mutations des utilisateurs d’internet et leur impact sur l’économie. Chercheur en sociologie économique au laboratoire SENSE d’Orange labs, il a mis en lumière « le passage d’une économie de stock à une économie de flux » : le contact et la familiarité deviennent plus importants que le contenu sur la toile et l’attention se fait rare dans l’économie numérique. L’utilité d’un bien découle en partie de sa consommation par les autres et, dans ce schéma, les préférences exprimées jouent un rôle majeur.
Autre sujet traité, le pistage des internautes avec une analyse du réseau social Facebook par Eric Culnaert, chargé de la veille à AEC. Maître Daniel Lasserre, avocat, est revenu sur la cybersurveillance des salariés en rappelant que « la vie privée a une existence sur le lieu de travail à travers l’utilisation de l’informatique à des fins personnelles. Pour se protéger, le salarié créera un dossier personnel. L’employeur rédigera une charte informatique pour réglementer l’utilisation des outils ».
Sommaire des interventions du colloque :
De l’importance de la problématique du droit et du numérique: L’angle du territoire, l'angle du régulateur, l'angle du sociologue.
L’encadrement juridique des lieux d’accès publics à internet.
Mutations juridiques, état des lieux et zoom sur 4 mutations : Retour sur 2007, perspectives 2008 ; Valeur et valorisation de la donnée publique au sein des collectivités ; L’enjeu du « Creative Commons » pour la diffusion du patrimoine immatériel public ; Entre anonymat et pistage systématique ; La cybersurveillance des salariés : droit du travail et numérique.
Lire le compte-rendu complet du colloque rédigé par les étudiants de l'association Deci-Deça, du master 2 "Propriété intellectuelle", Université de Bordeaux IV.
Consulter les supports d'interventions de : Eric Culnaert,"Entre anonymat et pistage systématique" : Les innovations de services et leur adoption rapide par les utilisateurs, notamment dans le cadre des réseaux sociaux, brouillent les règles du jeu en matière de données personnelles, de définition de la vie privée, d’identité en ligne – elles posent à terme la question d’un cadre général de confiance et d’interopérabilité.