La qualité de l'accès à internet et aux usages qui en découlent conditionnera dans dix ans la compétitivité des territoires et leur attractivité. Dans cette perspective, l'arrivée du
Très haut débit en Aquitaine apparaît comme indispensable et inéluctable.
Face à ce constat, les élus doivent relever un défi majeur :
assurer l'égalité de tous, habitants et entreprises des zones urbaines et rurales, face à une révolution numérique engagée partout dans le monde.
Près de 150 participants, venus de toute l'Aquitaine, ont assisté aujourd'hui (9 avril) aux premières
Assises aquitaines du Très haut débit, organisées par la
Région et AEC, en collaboration avec la
Caisse des Dépôts.
Pourquoi le développement des réseaux de fibre optique en Aquitaine doit-il constituer une priorité pour les élus ? Comment les collectivités peuvent-elles agir pour assurer l'égalité numérique des territoires et offrir des services concurrentiels à leurs administrés ? Existe-t-il des bonnes pratiques et des modèles exemplaires de déploiement de réseau ? Quel dialogue engager avec les opérateurs de télécommunication ? Les Assises aquitaines du Très haut débit ont été l'occasion d'évoquer ces questions, de partager expériences et bonnes pratiques, de l'échelon européen à l'échelon local, mais surtout de mobiliser les élus locaux autour de l'avenir numérique de leur territoire.
Résumé des échanges1- Très haut débit : pourquoi et pour faire quoi ?
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Fin 2008, la France comptait plus de 17 millions d’abonnés à l’internet haut débit (55% des ménages aquitains sont connectés). Source de nouveaux besoins, notamment audiovisuels, le numérique fait appel à des débits toujours plus importants. Le Très haut débit et le déploiement de réseaux de fibre optique au plus près de l’abonné (FTTH, fibre à domicile) apparaissent ainsi comme « une évolution inexorable », souligne Xavier Rolland-Billecart, directeur régional de la Caisse des Dépôts.
« Nous ne connaissons pas le dixième des services que rendra le Très haut débit, même si nous en identifions déjà quelques-uns : c’est la télévision en haute définition ; c’est le sous-traitant aéronautique qui élabore en direct avec l’avionneur distant le concept de la pièce de fuselage dont celui-ci a besoin ; c’est le grand chirurgien d’une métropole qui diagnostique la nécessité d'une intervention dans un hôpital secondaire », précise Alain Rousset, président du Conseil régional d’Aquitaine, en ouverture des Assises. « Nous n’avons pas le droit d’attendre la venue de toutes ces applications nouvelles, faute de quoi notre pays, notre région, seront irrémédiablement décrochés de la compétitivité mondiale, comme du partage du savoir et de la culture ». Gérard Hardy, directeur adjoint du cabinet Tactis, confirme : « En 2013, 66 % des abonnées au FTTH (Fibre à domicile) seront des asiatiques. La problématique aujourd’hui est celle de la compétitivité de la France ».
Chef d’entreprise dans les Landes, Laurent Raboteau témoigne des perspectives offertes par le Très haut débit : « Dématérialisation, déclarations légales en ligne, archivage de documents, suivis de projets, formation à distance, visioconférence… L’ADSL représente une limite pour des sociétés comme la nôtre pour qui l’enjeu est d’être présent en permanence sur internet ». Rémy Juston, maître de conférence à l’université d’Agen, enfonce le clou : « Le collaboratif et le e-learning sont en plein développement à l’université. Le haut débit ne suffit plus ».
Sur les fauteuils de la salle de l’Assemblée, quelques voix s’élèvent : dans certains territoires aquitains situés en zone blanche, la priorité est pour l’heure d’accéder à internet, même à bas débit. Cette revendication prise en compte, les intervenants s’accordent toutefois sur la nécessité de préparer dès aujourd’hui l’arrivée du Très haut débit en Aquitaine.
2- Les collectivités locales, moteurs du déploiement
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Assurer l'égalité de tous, habitants et entreprises des zones urbaines et rurales, face à une révolution numérique engagée partout dans le monde : c’est le défi que devront relever les collectivités locales, désignées par Francis Idrac, Préfet de région et préfet de Gironde, comme les mieux à même d’éviter « une fracture numérique » territoriale. Dans un contexte de concurrence sur le marché des télécommunications, cette question de l’équité territoriale est centrale : « Les opérateurs privés s’occuperont des grands centres urbains, puisque le marché les y appelle. N’attendons pas de leur générosité naturelle qu’ils aménagent vertueusement notre territoire », remarque Alain Rousset. Sans intervention publique dans les réseaux de fibre optique, 13 millions de Français ne seront jamais connectés au Très haut débit, prévient Gérard Hardy, du cabinet Tactis.
Depuis 2004, l’article 14-25-1 du Code des collectivités territoriales donne compétence aux collectivités pour engager des chantiers de réseaux de télécommunication. « Il faut créer des espaces supplémentaires de marché », explique Michel Eimer, délégué TIC au Conseil régional d'Aquitaine, et ainsi permettre l’accès des abonnés à des offres de services concurrentielles. Mais les coûts sont importants pour des entités parfois modestes (communautés de communes, par exemple) cantonnées à investir dans des chantiers non rentables. « Néanmoins, il faut se lancer », défend Michel Eimer. « Plutôt que de chercher un modèle économique immédiat, il faut privilégier un modèle d'investissement sur du Très haut débit dans des zones où le déploiement n'est pour l'instant pas rentable pour les opérateurs télécoms, mais qui le sera sûrement dans 15 ans ", interroge-t-il. Le Préfet, de son côté, fixe les priorités : « Une première étape de déploiement devrait consister à couvrir les zones d’activités commerciales d’intérêt communautaire ainsi que les communes de plus de 5000 habitants ». Les maires sont appelés à faire installer dès aujourd’hui des fourreaux en sous-sol afin de faciliter l’accueil, demain, de réseaux de fibre optique.
3- Stratégie : la lisibilité des réseaux télécoms
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La première des actions stratégiques pointées par les intervenants est la nécessité d'accroître la lisibilité des réseaux existants, comme le prévoit d'ailleurs la loi de Modernisation de l'Economie (LME) depuis sa modification en janvier dernier. Michel Eimer conseille de mettre en place « des systèmes d’information géographiques (SIG) des réseaux télécoms présents sur les territoires, ainsi que sur ceux à venir », afin de permettre l'élaboration de schémas directeurs de déploiement de la fibre optique collant aux réalités et attentes des citoyens et des entreprises. Fort de son expérience de Président du syndicat mixte Manche numérique (réseau FTTH départemental), Gilles Quinquenel va plus loin et conseille d’« intégrer ces schémas directeurs du numérique dans des documents d’urbanisme ». Voulus comme des leviers de l'action politique, ces schémas directeurs visent à établir une stratégie commune de déploiement des réseaux à très haut débit entre l'ensemble des acteurs concernés : Etat, collectivités territoriales et élus, opérateurs de télécommunication, bailleurs sociaux, syndicats d'énergie et d'électricité, etc. « Sans dialogue, sans partage d’expérience ni partenariats stratégiques, il est impossible de construire des réseaux », témoigne Eric Kerrouche, Président de la Communauté de communes Maremne Adour Côte-Sud. Sa collectivité vient de lancer officiellement un réseau haut débit.
Le futur schéma directeur pour le développement du Très haut débit de la région Aquitaine a été mis en débat lors de ces Assises. Il sera proposé au vote de l’Assemblée régionale pendant l’été.
4- Quel rôle pour l’Etat ?
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« Nous pouvons envisager des cofinancements pour la construction de réseaux de fibre optique mais la présence de l’Etat est nécessaire », a ainsi déclaré Bernard Vauriac, conseil régional chargé des TIC. L'engagement insuffisant de l'Etat dans les nouveaux réseaux de communication à Très haut débit a souvent été dénoncé lors de ces Assises. « Le leadership de l’Etat doit être mis en œuvre en concertation avec les territoires », répond Jérôme Coutant, responsable du pôle Aménagement numérique des territoires à la Diact. Ce positionnement se traduit par l’existence d’un outil de concertation mis en place en 2008 : le Comité pour la couverture numérique des territoires (CCNT). Animé par la Diact, il réunit l’Etat et les associations d’élus et de collectivités. Sébastien Soriano, chef du service régulation haut débit et collectivités territoriales de l’Arcep, rappelle également que les collectivités ne sont pas seules face au chantier du Très haut débit: « L’Autorité les accompagne dans le cadre du Comité des réseaux d’initiative publique », lance-t-il. « L’Etat prendra sa part dans les schémas directeurs notamment après la révision à mi-parcours des Contrats de Plan Etat-Région (CPER, ndlr) », précise Jérôme Coutant. « Personne n’exclut que la révision à mi parcours du CPER puisse permettre d’introduire une dimension supplémentaire pour la couverture numérique par les fonds européens », confirme Frédéric Mac Kain, Secrétaire générale aux affaires régionales, en conclusion de ces Assises aquitaines du Très haut débit. « L’Aquitaine a mis en oeuvre une démarche régionale exemplaire de concertation et de mise en cohérence des initiatives numériques régionales à travers le Pôle Aquitain pour la Société de l’information (PASI). Il est opportun de maintenir un leadership sur la méthode appliquée et la mise en œuvre de ces initiatives ».
Les propos introductifs
(Photo, de gche à drte : Xavier Roland-Billecart, Frédéric Mac-Kain (SGAR), Alain Rousset, Marcel Desvergne)
Francis Idrac, Préfet de région, préfet de la Gironde.
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"La mise en oeuvre du THD doit être une logique de projets plus qu'une logique de moyens. Nous ne pourrons couvrir en réseau de fibres tous les territoires en même temps. Les chantiers seront engagés les uns après les autres selon la qualité des projets déposés par les collectivités.
Dans cette perspective, le gouvernement proposera de son côté une première étape : couvrir les Zones d'activités économiques d'intérêt communautaire et les communes démographiquement les plus importantes. Objectif à terme : la mise à niveau des réseaux de collecte des communes de plus de 1000 habitants. Il faut donner à l'Aquitaine une meilleure compétitivité avec la meilleure égalité territoriale possible."
Xavier Roland Billecart, directeur régional Caisse des Dépôts.
Lire
"La Caisse des Dépôts a rempli sa mission sur plusieurs axes : infrastructures, services, usages et réflexion prospective. Elle a déjà investi 115 millions d'euros de fonds propres dans 28 Délégations de Service public dans le cadre de réseaux de collectivités. Notre stratégie, désormais, évolue :
1.Développement massif du Très haut débit pour répondre aux besoins et attentes grandissants en termes d'usages.
2.Rénovation immobilière des universités, développement de stratégies pour l’université en Aquitaine.
3.Consolidation des fonds propres des entreprises et promotion des services numériques destinés aux entreprises
4.Trois challenges à relever :
- Intervenir rapidement afin d'adapter le délai de déploiement du THD avec les exigences des habitants.
- Eviter le risque de creusement de la fracture numérique.
- Anticiper une facture de 30 millions d’euros sur 10 ans.
Alain Rousset, Président du Conseil régional.
Lire son discours
Le haut débit ne connaît pas la crise : on sait que, depuis 10 ans, tous les 12 mois les besoins de communication numérique sont multipliés par deux, à l’image de la performance des ordinateurs.
A ce rythme, le réseau téléphonique n’aura plus, d’ici 10 ans, la capacité de transporter toutes les données de l’Internet, même pour les entreprises situées en zones urbaines.
Il nous faut envisager le remplacement pur et simple de notre bon vieux réseau de cuivre par des infrastructures électroniques plus performantes, qui seront capables de multiplier par cinquante, puis par cent, sa performance. Nous savons que c’est la généralisation progressive de la fibre optique qui permettra cela, c’est le Très Haut Débit.
Pourquoi faire, me direz-vous ? Ne nous aveuglons pas : un des premiers usages imaginés du téléphone était celui de la retransmission des voix des chanteurs d’opéra. Nous savons ce qu’il en est advenu ! Nous ne connaissons pas le dixième des services que rendra le très haut débit, même si nous en identifions déjà quelques-uns uns :
- C’est la télévision en haute définition, avec le sport et les films, sur grand écran, à la maison et dans plusieurs pièces simultanement ;
- C’est le sous-traitant aéronautique qui élabore en direct avec l’avionneur distant le concept de la pièce de fuselage dont celui-ci a besoin ;
- c’est le grand chirurgien d’une la metropole qui diagnostique la nécessité d'une intervention dans un hôpital secondaire qui, des lors, peut rester ouvert ...
Nous n’avons pas le droit d’attendre la venue de toutes ces applications nouvelles, faute de quoi le Très haut débit se réalisera ailleurs, c’est déjà le cas au Japon, en Corée, en Europe du Nord… et notre pays, notre région, seront irrémédiablement décrochés de la compétitivité mondiale, comme du partage du savoir et de la culture. Cette fracture numerique nouvelle serait bien plus grave que celle de l’acces a l’internet que nous avons connue et combattue. Le Président des Etats-unis en est bien conscient, puisqu’il a intégre cet enjeu dans son plan de relance.
C’est pourquoi, j’ai souhaité que notre Région ouvre la voie, comme elle l’a fait pour le haut débit, comme elle le fait pour la recherche, pour l’innovation industrielle, sociale et environnementale, pour la formation tout au long de la vie.
Cela veut dire que la Région agira mais que nous ne ferons rien tout seuls. Face à l’ampleur d’un chantier qui durera au moins dix ans, que nous devons ouvrir aujourd'hui, il est indispensable que chacun se mobilise et « joue collectif », faute de quoi ce sont les trois quarts de l’Aquitaine et plus de la moitié de sa population qui seraient exclus du Très Haut Débit. Ne répétons pas l’erreur tragique des départements qui ont refusé le passage du train au 19ème siècle !!!
Pour autant, ne nous leurrons pas : à l’évidence, le Très Haut Débit, déjà present à Pau, arrivera à Bordeaux ou Bayonne avant d’atteindre Lacapelle-Biron ou Terrasson : les opérateurs privés s’occuperont des grands centres urbains, puisque le marché les y appelle. N’attendons pas de leur générosité naturelle qu’ils aménagent vertueusement notre territoire.
Nous devons des lors etre capables de leur proposer d’investir mieux et plus loin sur le terrain en compensant financièrement, au nom de l’intérêt général, les efforts supplémentaires qu’ils accompliraient. C’est ce que nous avons déjà fait pour le haut débit et nous avons largement réussi la Région ayant investi plus de 30 millions d'euros sur ce programme : il nous faut continuer d'équiper toute l’Aquitaine d’une armature générale de réseaux de moyenne distance, pour activer la « montée en débit » des territoires avec des solutions techniques qui évitent le décrochage de ces zones.
Mais nous avons aussi a préparer l’arrivée a moyen terme de la fibre optique dans tous les services publics, dans les zones d'activité, dans les immeubles et les maisons partout ou le marche, même soutenu par des fonds publics, ne le permettrait pas dans un premier temps : c’est le chantier de création d‘un patrimoine public partagé, planifié sur plusieurs années, que je propose à l’ensemble des collectivités locales d’Aquitaine :
- à l’occasion de l’enterrement de réseaux, et la grande tempête de janvier nous a signalé combien cela était urgent, à chaque réfection de chaussée, requalification de centres bourgs, création de zones d’activités ou de lotissements,
- n’oublions plus jamais que nous pouvons, pour un coût marginal, installer des fourreaux supplémentaires, interconnecter deux zones, réaliser des opérations coordonnées entre collectivités ;
- Ces « fourreaux pre installes » permettront par la suite d’accueillir a moindre cout les câbles de fibre optique.
« Creusez, fouillez… C’est le fond qui manque le moins ». A l’image de la fable de LA Fontaine, sachons accomplir cet effort patient qui nous offrira le supplément de ressources que ne nous permettraient ni l’état de nos finances, ni toutes les priorités que nous avons à traiter conjointement, La LGV et la modernisation de l’Université n’étant pas des moindres en ce qui concerne la Région, et chaque collectivité locale a les siennes, je le sais bien.
Pour accomplir cette tâche, la Région montrera donc l’exemple. Selon trois axes principaux :
- Nous participerons à la nécessaire cohérence et a la coordination du programme, avec la réalisation d’un système d’information géographique sur les telecoms, qui sera notre premier outil de chantier, partagé par tous les acteurs, y compris les syndicats d’electricite ou les bailleurs sociaux. ;
- Nous sommes disposes a soutenir financièrement les collectivites locales porteuses de projets très haut débit mobilisant l’investissement conjoint des opérateurs, comme a accompagner la réalisation du patrimoine des fourreaux dans le cadre de schémas départementaux déterminés. Nous nous proposons d'investir 150 millions d'euros sur cet axe ;
- Nous sommes ouverts a vos avis et attentes pour l'élaboration du schéma directeur du très haut débit que nous nous proposons d’adopter des cette année, après avoir réalisé les études techniques et financières nécessaires ; un schéma que nous sommes disposés a mettre en commun et a faire évoluer, dans le cadre coopératif du Pole aquitain pour la société de l’information, avec l’Etat, avec les Départements, avec les agglomérations, les villes, les intercommunalités…
La Région jouera donc son rôle d’ensemblier actif et solidaire, tout en rappelant … une fois n’est pas coutume ! l’Etat à sa responsabilité dans le soutien adapté à l'enjeu qu’il doit savoir apporter à l’ équipement des territoires les moins denses, dont l’Aquitaine, à l’évidence, fait partie. Redire l'impératif de péréquation n’est pas une injure, que je sache ! L’Europe entendra egalement notre voix. On me dit que ce sujet n’est plus tabou ; Au nom du plan de relance, qui sait ? J’en accepte volontiers l’augure, j’attends surtout le passage à l’acte !
Merci de vous être réunis ici pour imaginer avec nous les bases d’une nouvelle et longue étape de l’aménagement public. Elle est indispensable à notre économie comme a notre cohésion sociale. Ensemble, nous pouvons en faire une belle aventure collective, à la hauteur du futur que nous voulons offrir à nos enfants."
VidéosPour AEC,
Gérard Hardy, directeur adjoint du cabinet Tactis (Paris), revient sur le contexte français de déploiement du
FTTH (Fiber to the home = la fibre jusqu'à l'abonné).
(Vidéo 6'04)Considérant qu’elle doit jouer le rôle d’architecte coordinateur régional et ainsi "donner le la", voire "ouvrir le feu", la Région soumettra au vote des élus, lors de la séance plénière du 25 juin 2009, l’adoption d’une première mouture d’un
Schéma directeur Très haut débit de la Région Aquitaine.
De quoi s'agit-il ? Quel est son utilité ?Réponses de
Bernard Vauriac, conseil régional délégué aux TIC. (Vidéo : 2'23)Témoignages
Le chef d’entreprise : il a besoin du THDLaurent Raboteau, directeur associé de ComWith -
Biscarosse (Landes- 12 000 habitants).
"Notre problématique est celle de l’informatique ubiquitaire : nous devons être présents à tout moment sans avoir à nous déplacer".
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"ComWith sort actuellement d’une phase d’incubation et connaît un fort développement. Pour assumer cette croissance, la fibre optique apparaît comme un élément déterminant : le débit est notre matière première. Les clients d’une agence de "communication web" comme la nôtre ne sont pas sur Biscarosse ou dans les Landes mais à Paris, pour la plupart. Notre problématique est celle de l’informatique ubiquitaire : nous devons être présents à tout moment sans avoir à nous déplacer.
Actuellement, notre offre ADSL2+ professionnelle nous permet, en théorie, d’atteindre des débits de données de plus de 20 Mbit/s dans le sens descendant. En pratique, les débits sont plutôt de l’ordre de 9 Mbit/s. Cela ne suffit plus à répondre à nos besoins et, en termes de coûts, c’est exagéré : environ 300 euros pas mois en fonction des services offerts. Dans un contexte non concurrentiel, je ne peux souscrire qu’aux offres d’Orange ou me tourner vers des offres de services ultra spécialisés qui coûtent extrêmement chers.
Pour développer notre activité, nous aurions besoin de mettre la voix sur IP (communiquer par la voix via l’Internet, ndlr). Le Très haut débit, c’est aussi la possibilité d’organiser des visioconférences ou de tenir des réunions virtuelles dans des espaces numériques comme Second Life. Le Pôle e-Business sud Aquitain (Peba), dont ComWith est adhérent, développe un projet dans ce sens. Que dois-je faire pour m’inscrire dans ces évolutions ? Créer un deuxième bureau à la Technopôle Hélioparc de Pau ou à celle d’Izarbel, à Bidart ? Quitter Biscarosse, où l’on se sent bien, pour s’installer à Paris ? Je n’en n’ai pas envie et je ne crois pas que ce soit une solution.
Notre territoire a un potentiel de développement très important et la fibre serait un élément d’attractivité évident. Nous avons de l’espace, un maillage autoroutier et une légitimité avec le Centre d’essais des Landes à proximité… On pourrait imaginer ici la création d’une technopôle, à l’image de ce qui a été fait il y a 30 ans avec Sofia Antipolis (Antibes). Ce serait une aubaine pour le développement économique et social du Pays de Born. Mais cela nécessite un engagement politique fort en termes d’aménagement du territoire. Un réseau très haut débit d’initiative publique ne pourra se faire qu’en fédérant la Région, la communauté de communes, la ville mais aussi les artisans et tous les acteurs économiques locaux."
Le maire : il prépare l'arrivée du THD
Le « réflexe fibre optique » de MorcenxEntretien avec Jean-Claude Deyres, maire de Morcenx (Landes).La municipalité a anticipé l’arrivée du Très haut débit en procédant, dès 2002, à l’enfouissement de fourreaux vides pour la fibre optique.
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Fin 2009, les quelque 5000 administrés de Morcenx pourront recevoir à leur domicile jusqu’à 1 Gbit/s de débit de connexion à internet. Une perspective dont n’aurait pu rêver cette commune rurale des Landes si elle avait laissé faire les lois du marché : les opérateurs déployant des infrastructures Très haut débit concentrent leurs efforts sur les espaces urbains denses où le potentiel commercial, en termes d’abonnement au réseau, est acquis.
Face à ce constat, la municipalité a su adopter le bon réflexe : installer des fourreaux vides à l’occasion de tous les chantiers de voirie. Résultat : 5 kilomètres de réseau réalisés, des économies effectuées et des perspectives de développement non négligeables pour Morcenx.
AEC : Qu’est-ce qui a motivé cette impulsion municipale à une époque où l’on parlait peu de Très haut débit ?
Jean-Claude Deyres : Grâce au Plan d’Urbanisme, nous savions que plusieurs opérateurs avaient déployé de la fibre optique sur Morcenx. Mais aucun n’aurait investi dans un réseau de desserte à l’abonné (FTTx, NDLR). Il fallait donc miser sur l’initiative publique pour offrir le Très haut débit aux habitants. En 2002, nous entendions parler d’ADSL et de fracture numérique. Nous savions que la fibre optique représentait l’avenir pour notre territoire. Nous avons donc décidé de profiter des travaux effectués sur les réseaux d’eau, d’électricité, de gaz pour installer des fourreaux vides destinés à accueillir de la fibre optique. Au fil des ans, nous avons constitué un patrimoine public numérique de 5 kilomètres qui quadrille Morcenx, et ce n’est pas fini.
Qui bénéficiera de ce réseau ?
J-C.D : Il relie les administrations publiques locales et bientôt les zones commerciales et industrielles. Il dessert aussi 200 habitations en centre-ville et quatre lotissements construits ces dernières années sur la commune.
Est-ce un investissement lourd pour Morcenx ?
J-C.D : Le surcoût engagé par l’achat de fourreaux vides est symbolique au regard de la dépense engendrée par un chantier de voirie pour poser de la fibre. Morcenx fera même des économies car nous aurons un seul abonnement à internet pour l’ensemble de la collectivité au lieu des 30 ou 40 abonnements actuels. Enfin, l’investissement est rentable à long terme car la fibre sera louée aux opérateurs. S’il y a des bénéfices, ils nous permettront d’étendre le réseau.
Vous avez choisi le modèle de la location du réseau aux opérateurs ?
J-C.D : En 2007, une fois les fourreaux installés, nous avons demandé assistance à un bureau d’études pour connaître le meilleur modèle d’activation de notre réseau. Il nous a conseillé de louer aux opérateurs de la fibre noire, c'est-à-dire inactive. Avec 5000 habitants dans la commune, une Délégation de service public pour installer leur propre fibre optique n’aurait pas été perçue comme un modèle rentable. En étant locataires du réseau, les opérateurs ne prennent aucun risque financier. Preuve que nous avons fait le bon choix : Free, Neuf et Orange/France Telecom se sont déjà manifestés !
A quelles conditions louerez-vous votre réseau ?
J-C.D : Notre objectif est de créer de la concurrence pour permettre aux entreprises et aux habitants de bénéficier d’offres de services compétitives. Il y aura des négociations entre la mairie et les opérateurs mais on ne louera notre fibre ni plus cher, ni moins cher qu’à Paris ou à Lyon.
Comment réagissent vos administrés face à l’arrivée du Très haut débit ?
J-C.D : Les entreprises locales sont intéressées par la qualité des services qu’il peut offrir et nous espérons que d’autres feront le choix de s’installer dans notre commune. La fibre représente pour Morcenx un atout de vitalité économique et culturel évident qui la place sur un pied d’égalité avec les grandes agglomérations ! Les habitants, eux, ne se sentent pas encore très concernés mais nous allons entamer cette année des actions de sensibilisation et de formation à internet. En tout cas, à l’avenir, Morcenx ne sera pas exclue du Très haut débit. Nous serons même très en avance.
Propos recueillis par Suzanne Galy.
Autres interventions Voir les supports powerpointDocumentsTéléchargez le dossier hors série de
l'Aquitaine Numérique "Les Assises aquitaines du Très haut débit : l'appel aux élus locaux" (PDF - 7,1 Mo)
> Lire le sommaire« Nous pouvons envisager des cofinancements pour la construction de réseaux de fibre optique mais la présence de l’Etat est nécessaire », a ainsi déclaré Bernard Vauriac, conseil régional chargé des TIC. L'engagement insuffisant de l'Etat dans les nouveaux réseaux de communication à Très haut débit a souvent été dénoncé lors de ces Assises. « Le leadership de l’Etat doit être mis en œuvre en concertation avec les territoires », répond Jérôme Coutant, responsable du pôle Aménagement numérique des territoires à la Diact. Ce positionnement se traduit par l’existence d’un outil de concertation mis en place en 2008 : le Comité pour la couverture numérique des territoires (CCNT). Animé par la Diact, il réunit l’Etat et les associations d’élus et de collectivités. Sébastien Soriano, chef du service régulation haut débit et collectivités territoriales de l’Arcep, rappelle également que les collectivités ne sont pas seules face au chantier du Très haut débit: « L’Autorité les accompagne dans le cadre du Comité des réseaux d’initiative publique », lance-t-il. « L’Etat prendra sa part dans les schémas directeurs notamment après la révision à mi-parcours des Contrats de Plan Etat-Région (CPER, ndlr) », précise Jérôme Coutant. « Personne n’exclut que la révision à mi parcours du CPER puisse permettre d’introduire une dimension supplémentaire pour la couverture numérique par les fonds européens », confirme Frédéric Mac Kain, Secrétaire générale aux affaires régionales, en conclusion de ces Assises aquitaines du Très haut débit. « L’Aquitaine a mis en oeuvre une démarche régionale exemplaire de concertation et de mise en cohérence des initiatives numériques régionales à travers le Pôle Aquitain pour la Société de l’information (PASI). Il est opportun de maintenir un leadership sur la méthode appliquée et la mise en œuvre de ces initiatives ».
Les propos introductifs
(Photo, de gche à drte : Xavier Roland-Billecart, Frédéric Mac-Kain (SGAR), Alain Rousset, Marcel Desvergne)
Francis Idrac, Préfet de région, préfet de la Gironde.
Lire
"La mise en oeuvre du THD doit être une logique de projets plus qu'une logique de moyens. Nous ne pourrons couvrir en réseau de fibres tous les territoires en même temps. Les chantiers seront engagés les uns après les autres selon la qualité des projets déposés par les collectivités.
Dans cette perspective, le gouvernement proposera de son côté une première étape : couvrir les Zones d'activités économiques d'intérêt communautaire et les communes démographiquement les plus importantes. Objectif à terme : la mise à niveau des réseaux de collecte des communes de plus de 1000 habitants. Il faut donner à l'Aquitaine une meilleure compétitivité avec la meilleure égalité territoriale possible."
Xavier Roland Billecart, directeur régional Caisse des Dépôts.
Lire
"La Caisse des Dépôts a rempli sa mission sur plusieurs axes : infrastructures, services, usages et réflexion prospective. Elle a déjà investi 115 millions d'euros de fonds propres dans 28 Délégations de Service public dans le cadre de réseaux de collectivités. Notre stratégie, désormais, évolue :
1.Développement massif du Très haut débit pour répondre aux besoins et attentes grandissants en termes d'usages.
2.Rénovation immobilière des universités, développement de stratégies pour l’université en Aquitaine.
3.Consolidation des fonds propres des entreprises et promotion des services numériques destinés aux entreprises
4.Trois challenges à relever :
- Intervenir rapidement afin d'adapter le délai de déploiement du THD avec les exigences des habitants.
- Eviter le risque de creusement de la fracture numérique.
- Anticiper une facture de 30 millions d’euros sur 10 ans.
Alain Rousset, Président du Conseil régional.
Lire son discours
Le haut débit ne connaît pas la crise : on sait que, depuis 10 ans, tous les 12 mois les besoins de communication numérique sont multipliés par deux, à l’image de la performance des ordinateurs.
A ce rythme, le réseau téléphonique n’aura plus, d’ici 10 ans, la capacité de transporter toutes les données de l’Internet, même pour les entreprises situées en zones urbaines.
Il nous faut envisager le remplacement pur et simple de notre bon vieux réseau de cuivre par des infrastructures électroniques plus performantes, qui seront capables de multiplier par cinquante, puis par cent, sa performance. Nous savons que c’est la généralisation progressive de la fibre optique qui permettra cela, c’est le Très Haut Débit.
Pourquoi faire, me direz-vous ? Ne nous aveuglons pas : un des premiers usages imaginés du téléphone était celui de la retransmission des voix des chanteurs d’opéra. Nous savons ce qu’il en est advenu ! Nous ne connaissons pas le dixième des services que rendra le très haut débit, même si nous en identifions déjà quelques-uns uns :
- C’est la télévision en haute définition, avec le sport et les films, sur grand écran, à la maison et dans plusieurs pièces simultanement ;
- C’est le sous-traitant aéronautique qui élabore en direct avec l’avionneur distant le concept de la pièce de fuselage dont celui-ci a besoin ;
- c’est le grand chirurgien d’une la metropole qui diagnostique la nécessité d'une intervention dans un hôpital secondaire qui, des lors, peut rester ouvert ...
Nous n’avons pas le droit d’attendre la venue de toutes ces applications nouvelles, faute de quoi le Très haut débit se réalisera ailleurs, c’est déjà le cas au Japon, en Corée, en Europe du Nord… et notre pays, notre région, seront irrémédiablement décrochés de la compétitivité mondiale, comme du partage du savoir et de la culture. Cette fracture numerique nouvelle serait bien plus grave que celle de l’acces a l’internet que nous avons connue et combattue. Le Président des Etats-unis en est bien conscient, puisqu’il a intégre cet enjeu dans son plan de relance.
C’est pourquoi, j’ai souhaité que notre Région ouvre la voie, comme elle l’a fait pour le haut débit, comme elle le fait pour la recherche, pour l’innovation industrielle, sociale et environnementale, pour la formation tout au long de la vie.
Cela veut dire que la Région agira mais que nous ne ferons rien tout seuls. Face à l’ampleur d’un chantier qui durera au moins dix ans, que nous devons ouvrir aujourd'hui, il est indispensable que chacun se mobilise et « joue collectif », faute de quoi ce sont les trois quarts de l’Aquitaine et plus de la moitié de sa population qui seraient exclus du Très Haut Débit. Ne répétons pas l’erreur tragique des départements qui ont refusé le passage du train au 19ème siècle !!!
Pour autant, ne nous leurrons pas : à l’évidence, le Très Haut Débit, déjà present à Pau, arrivera à Bordeaux ou Bayonne avant d’atteindre Lacapelle-Biron ou Terrasson : les opérateurs privés s’occuperont des grands centres urbains, puisque le marché les y appelle. N’attendons pas de leur générosité naturelle qu’ils aménagent vertueusement notre territoire.
Nous devons des lors etre capables de leur proposer d’investir mieux et plus loin sur le terrain en compensant financièrement, au nom de l’intérêt général, les efforts supplémentaires qu’ils accompliraient. C’est ce que nous avons déjà fait pour le haut débit et nous avons largement réussi la Région ayant investi plus de 30 millions d'euros sur ce programme : il nous faut continuer d'équiper toute l’Aquitaine d’une armature générale de réseaux de moyenne distance, pour activer la « montée en débit » des territoires avec des solutions techniques qui évitent le décrochage de ces zones.
Mais nous avons aussi a préparer l’arrivée a moyen terme de la fibre optique dans tous les services publics, dans les zones d'activité, dans les immeubles et les maisons partout ou le marche, même soutenu par des fonds publics, ne le permettrait pas dans un premier temps : c’est le chantier de création d‘un patrimoine public partagé, planifié sur plusieurs années, que je propose à l’ensemble des collectivités locales d’Aquitaine :
- à l’occasion de l’enterrement de réseaux, et la grande tempête de janvier nous a signalé combien cela était urgent, à chaque réfection de chaussée, requalification de centres bourgs, création de zones d’activités ou de lotissements,
- n’oublions plus jamais que nous pouvons, pour un coût marginal, installer des fourreaux supplémentaires, interconnecter deux zones, réaliser des opérations coordonnées entre collectivités ;
- Ces « fourreaux pre installes » permettront par la suite d’accueillir a moindre cout les câbles de fibre optique.
« Creusez, fouillez… C’est le fond qui manque le moins ». A l’image de la fable de LA Fontaine, sachons accomplir cet effort patient qui nous offrira le supplément de ressources que ne nous permettraient ni l’état de nos finances, ni toutes les priorités que nous avons à traiter conjointement, La LGV et la modernisation de l’Université n’étant pas des moindres en ce qui concerne la Région, et chaque collectivité locale a les siennes, je le sais bien.
Pour accomplir cette tâche, la Région montrera donc l’exemple. Selon trois axes principaux :
- Nous participerons à la nécessaire cohérence et a la coordination du programme, avec la réalisation d’un système d’information géographique sur les telecoms, qui sera notre premier outil de chantier, partagé par tous les acteurs, y compris les syndicats d’electricite ou les bailleurs sociaux. ;
- Nous sommes disposes a soutenir financièrement les collectivites locales porteuses de projets très haut débit mobilisant l’investissement conjoint des opérateurs, comme a accompagner la réalisation du patrimoine des fourreaux dans le cadre de schémas départementaux déterminés. Nous nous proposons d'investir 150 millions d'euros sur cet axe ;
- Nous sommes ouverts a vos avis et attentes pour l'élaboration du schéma directeur du très haut débit que nous nous proposons d’adopter des cette année, après avoir réalisé les études techniques et financières nécessaires ; un schéma que nous sommes disposés a mettre en commun et a faire évoluer, dans le cadre coopératif du Pole aquitain pour la société de l’information, avec l’Etat, avec les Départements, avec les agglomérations, les villes, les intercommunalités…
La Région jouera donc son rôle d’ensemblier actif et solidaire, tout en rappelant … une fois n’est pas coutume ! l’Etat à sa responsabilité dans le soutien adapté à l'enjeu qu’il doit savoir apporter à l’ équipement des territoires les moins denses, dont l’Aquitaine, à l’évidence, fait partie. Redire l'impératif de péréquation n’est pas une injure, que je sache ! L’Europe entendra egalement notre voix. On me dit que ce sujet n’est plus tabou ; Au nom du plan de relance, qui sait ? J’en accepte volontiers l’augure, j’attends surtout le passage à l’acte !
Merci de vous être réunis ici pour imaginer avec nous les bases d’une nouvelle et longue étape de l’aménagement public. Elle est indispensable à notre économie comme a notre cohésion sociale. Ensemble, nous pouvons en faire une belle aventure collective, à la hauteur du futur que nous voulons offrir à nos enfants."
VidéoPour AEC,
Gérard Hardy, directeur adjoint du cabinet Tactis (Paris), revient sur le contexte français de déploiement du
FTTH (Fiber to the home = la fibre jusqu'à l'abonné).
(Vidéo 6'04)Témoignages
Le chef d’entreprise : il a besoin du THDLaurent Raboteau, directeur associé de ComWith -
Biscarosse (Landes- 12 000 habitants).
"Notre problématique est celle de l’informatique ubiquitaire : nous devons être présents à tout moment sans avoir à nous déplacer".
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"ComWith sort actuellement d’une phase d’incubation et connaît un fort développement. Pour assumer cette croissance, la fibre optique apparaît comme un élément déterminant : le débit est notre matière première. Les clients d’une agence de "communication web" comme la nôtre ne sont pas sur Biscarosse ou dans les Landes mais à Paris, pour la plupart. Notre problématique est celle de l’informatique ubiquitaire : nous devons être présents à tout moment sans avoir à nous déplacer.
Actuellement, notre offre ADSL2+ professionnelle nous permet, en théorie, d’atteindre des débits de données de plus de 20 Mbit/s dans le sens descendant. En pratique, les débits sont plutôt de l’ordre de 9 Mbit/s. Cela ne suffit plus à répondre à nos besoins et, en termes de coûts, c’est exagéré : environ 300 euros pas mois en fonction des services offerts. Dans un contexte non concurrentiel, je ne peux souscrire qu’aux offres d’Orange ou me tourner vers des offres de services ultra spécialisés qui coûtent extrêmement chers.
Pour développer notre activité, nous aurions besoin de mettre la voix sur IP (communiquer par la voix via l’Internet, ndlr). Le Très haut débit, c’est aussi la possibilité d’organiser des visioconférences ou de tenir des réunions virtuelles dans des espaces numériques comme Second Life. Le Pôle e-Business sud Aquitain (Peba), dont ComWith est adhérent, développe un projet dans ce sens. Que dois-je faire pour m’inscrire dans ces évolutions ? Créer un deuxième bureau à la Technopôle Hélioparc de Pau ou à celle d’Izarbel, à Bidart ? Quitter Biscarosse, où l’on se sent bien, pour s’installer à Paris ? Je n’en n’ai pas envie et je ne crois pas que ce soit une solution.
Notre territoire a un potentiel de développement très important et la fibre serait un élément d’attractivité évident. Nous avons de l’espace, un maillage autoroutier et une légitimité avec le Centre d’essais des Landes à proximité… On pourrait imaginer ici la création d’une technopôle, à l’image de ce qui a été fait il y a 30 ans avec Sofia Antipolis (Antibes). Ce serait une aubaine pour le développement économique et social du Pays de Born. Mais cela nécessite un engagement politique fort en termes d’aménagement du territoire. Un réseau très haut débit d’initiative publique ne pourra se faire qu’en fédérant la Région, la communauté de communes, la ville mais aussi les artisans et tous les acteurs économiques locaux."
Le maire : il prépare l'arrivée du THD
Le « réflexe fibre optique » de MorcenxEntretien avec Jean-Claude Deyres, maire de Morcenx (Landes).La municipalité a anticipé l’arrivée du Très haut débit en procédant, dès 2002, à l’enfouissement de fourreaux vides pour la fibre optique.
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Fin 2009, les quelque 5000 administrés de Morcenx pourront recevoir à leur domicile jusqu’à 1 Gbit/s de débit de connexion à internet. Une perspective dont n’aurait pu rêver cette commune rurale des Landes si elle avait laissé faire les lois du marché : les opérateurs déployant des infrastructures Très haut débit concentrent leurs efforts sur les espaces urbains denses où le potentiel commercial, en termes d’abonnement au réseau, est acquis.
Face à ce constat, la municipalité a su adopter le bon réflexe : installer des fourreaux vides à l’occasion de tous les chantiers de voirie. Résultat : 5 kilomètres de réseau réalisés, des économies effectuées et des perspectives de développement non négligeables pour Morcenx.
AEC : Qu’est-ce qui a motivé cette impulsion municipale à une époque où l’on parlait peu de Très haut débit ?
Jean-Claude Deyres : Grâce au Plan d’Urbanisme, nous savions que plusieurs opérateurs avaient déployé de la fibre optique sur Morcenx. Mais aucun n’aurait investi dans un réseau de desserte à l’abonné (FTTx, NDLR). Il fallait donc miser sur l’initiative publique pour offrir le Très haut débit aux habitants. En 2002, nous entendions parler d’ADSL et de fracture numérique. Nous savions que la fibre optique représentait l’avenir pour notre territoire. Nous avons donc décidé de profiter des travaux effectués sur les réseaux d’eau, d’électricité, de gaz pour installer des fourreaux vides destinés à accueillir de la fibre optique. Au fil des ans, nous avons constitué un patrimoine public numérique de 5 kilomètres qui quadrille Morcenx, et ce n’est pas fini.
Qui bénéficiera de ce réseau ?
J-C.D : Il relie les administrations publiques locales et bientôt les zones commerciales et industrielles. Il dessert aussi 200 habitations en centre-ville et quatre lotissements construits ces dernières années sur la commune.
Est-ce un investissement lourd pour Morcenx ?
J-C.D : Le surcoût engagé par l’achat de fourreaux vides est symbolique au regard de la dépense engendrée par un chantier de voirie pour poser de la fibre. Morcenx fera même des économies car nous aurons un seul abonnement à internet pour l’ensemble de la collectivité au lieu des 30 ou 40 abonnements actuels. Enfin, l’investissement est rentable à long terme car la fibre sera louée aux opérateurs. S’il y a des bénéfices, ils nous permettront d’étendre le réseau.
Vous avez choisi le modèle de la location du réseau aux opérateurs ?
J-C.D : En 2007, une fois les fourreaux installés, nous avons demandé assistance à un bureau d’études pour connaître le meilleur modèle d’activation de notre réseau. Il nous a conseillé de louer aux opérateurs de la fibre noire, c'est-à-dire inactive. Avec 5000 habitants dans la commune, une Délégation de service public pour installer leur propre fibre optique n’aurait pas été perçue comme un modèle rentable. En étant locataires du réseau, les opérateurs ne prennent aucun risque financier. Preuve que nous avons fait le bon choix : Free, Neuf et Orange/France Telecom se sont déjà manifestés !
A quelles conditions louerez-vous votre réseau ?
J-C.D : Notre objectif est de créer de la concurrence pour permettre aux entreprises et aux habitants de bénéficier d’offres de services compétitives. Il y aura des négociations entre la mairie et les opérateurs mais on ne louera notre fibre ni plus cher, ni moins cher qu’à Paris ou à Lyon.
Comment réagissent vos administrés face à l’arrivée du Très haut débit ?
J-C.D : Les entreprises locales sont intéressées par la qualité des services qu’il peut offrir et nous espérons que d’autres feront le choix de s’installer dans notre commune. La fibre représente pour Morcenx un atout de vitalité économique et culturel évident qui la place sur un pied d’égalité avec les grandes agglomérations ! Les habitants, eux, ne se sentent pas encore très concernés mais nous allons entamer cette année des actions de sensibilisation et de formation à internet. En tout cas, à l’avenir, Morcenx ne sera pas exclue du Très haut débit. Nous serons même très en avance.
Propos recueillis par Suzanne Galy.
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l'Aquitaine Numérique "Les Assises aquitaines du Très haut débit : l'appel aux élus locaux" (PDF - 7,1 Mo)
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Dossier
Le mot d’Alain Rousset : « NKM et le THD »
Le mot de Francis Idrac : Le Très haut débit aquitain au bénéfice du plus grand nombre
Caisse des Dépôts : Très haut débit, un nouvel enjeu territorial
Région Aquitaine : Vers un schéma directeur « du haut débit au Très haut débit »
Témoignages : Oui au Très haut débit, et vite !
Initiative publique : Le « réflexe fibre optique » de Morcenx
Juridique : Le cadre légal du déploiement de la fibre optique se précise
A l’ étranger : Des modèles de déploiement performants
En annexes : documents de référence
>Synthèse du rapport d’étude sur la couverture très haut débit des territoires
(Association des régions de France, Caisse des dépôts, Avicca), décembre 2008
> Notes d’IENA, Conditions pour le developpement numérique des territoires
(l’avis du Conseil économique, social et environnemental), février 2009
> Synthèse du bilan des interventions des collectivités territoriales dans le secteur
des communications électroniques (Arcep), décembre 2008
> Extrait du rapport « France 2012, plan de développement de l’économie numérique »,
(Sécrétariat d’Etat chargé de la prospective, de l’évaluation des politiques publiques et du
développement de l’économie numérique), octobre 2008
Libellés : aquitaine numérique, evenement, très haut débit, video