Chantons en samples
A trop s’arc-bouter sur des règles depuis longtemps rendues caduques par les usages numériques, la machine de la propriété intellectuelle court le risque de s’enrayer.
Décidément, l'âge numérique est un casse-tête pour la propriété intellectuelle (reprise d’un titre de ZDNet du... 22 juin 2001). Sans doute la mise au point d’un modèle économique viable pour les biens numériques exige-t-elle du courage et de l’imagination ; on ne saurait prétendre, en l’état actuel du rapport soumis à l'Assemblée nationale à propos de la transposition de la directive européenne sur le droit d’auteur et les droits voisins dans la société de l’information, que le législateur brille par l’une ou l’autre. Dans sa formulation actuelle, le projet de loi rend notamment illégale la lecture d’un support d’œuvre multimédia protégée sur un équipement non standard, comme par exemple un PC sous Linux. De son côté, la Cour suprême américaine vient de rendre son arrêt dans l'affaire "Grokster et Morpheus", condamnant à mort de fait les deux réseaux d’échanges peer-to-peer poursuivis par la Metro-Goldwin-Meyer pour infraction au droit d’auteur. Cette crispation a des répercussions curieuses : chez LucasArt, quand on développe un jeu en ligne (Star Wars Galaxies), on permet au joueur d’y jouer de la musique devant l’auditoire des autres joueurs, mais seulement en mixant des bribes musicales pré-enregistrées et livrées par l’éditeur. La raison n’en est pas technique, ni même d’éviter que les univers résidents deviennent d’insupportables cacophonies une fois laissés à la créativité de leurs habitants. L’éditeur craint tout simplement qu’un joueur reprenne une mélodie de Madonna et que cela constitue une forme nouvelle d’infraction au droit d’auteur, à défaut d’une nouvelle forme d’art collaboratif. Et si vous voulez faire imprimer vos photos numériques par un laboratoire, tâchez de ne pas trop bien les réussir, car un nombre grandissant vous le refusera de peur qu'il s'agisse d'oeuvres copyrightées.
Décidément, l'âge numérique est un casse-tête pour la propriété intellectuelle (reprise d’un titre de ZDNet du... 22 juin 2001). Sans doute la mise au point d’un modèle économique viable pour les biens numériques exige-t-elle du courage et de l’imagination ; on ne saurait prétendre, en l’état actuel du rapport soumis à l'Assemblée nationale à propos de la transposition de la directive européenne sur le droit d’auteur et les droits voisins dans la société de l’information, que le législateur brille par l’une ou l’autre. Dans sa formulation actuelle, le projet de loi rend notamment illégale la lecture d’un support d’œuvre multimédia protégée sur un équipement non standard, comme par exemple un PC sous Linux. De son côté, la Cour suprême américaine vient de rendre son arrêt dans l'affaire "Grokster et Morpheus", condamnant à mort de fait les deux réseaux d’échanges peer-to-peer poursuivis par la Metro-Goldwin-Meyer pour infraction au droit d’auteur. Cette crispation a des répercussions curieuses : chez LucasArt, quand on développe un jeu en ligne (Star Wars Galaxies), on permet au joueur d’y jouer de la musique devant l’auditoire des autres joueurs, mais seulement en mixant des bribes musicales pré-enregistrées et livrées par l’éditeur. La raison n’en est pas technique, ni même d’éviter que les univers résidents deviennent d’insupportables cacophonies une fois laissés à la créativité de leurs habitants. L’éditeur craint tout simplement qu’un joueur reprenne une mélodie de Madonna et que cela constitue une forme nouvelle d’infraction au droit d’auteur, à défaut d’une nouvelle forme d’art collaboratif. Et si vous voulez faire imprimer vos photos numériques par un laboratoire, tâchez de ne pas trop bien les réussir, car un nombre grandissant vous le refusera de peur qu'il s'agisse d'oeuvres copyrightées.


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