Le téléphone fixe décroche
Deux études publiées par l’Idate et le cabinet Analysys à un mois d’intervalle mettent en avant des chiffres concordants concernant l’abandon progressif du téléphone fixe « classique » (RTC). 15% des foyers français et européens ont d’ores et déjà coupé la ligne ; ils devraient être entre 25% et 29% en 2010. Les instituts de sondage sont d’ailleurs obligés d’ajuster tant bien que mal leurs panels en conséquence. Les opérateurs télécoms « historiques » font également la grimace. Au Japon, NTT a connu sur le dernier trimestre (avril à juin 2005) un repli de 5,5% de son chiffre d’affaires en téléphonie fixe. Principale cause aujourd’hui : la substitution par le mobile (on compte désormais plus de mobiles que de lignes fixes au USA) – mais l’essor de la VoIP (téléphonie par Internet) y est également pour quelque chose, et la tendance n’ira qu’en s’accentuant. Selon le cabinet Analysys, en 2010, 60% du budget télécoms des particuliers passera soit par les réseaux mobiles soit par VoIP. Le cabinet Point Topic estime quant à lui que le marché mondial de la VoIP a doublé au cours des neuf derniers mois, le marché français étant le plus dynamique en Europe avec 1,2 millions d’abonnés ; on estime entre 3 et 7 millions le nombre d’abonnés résidentiels aux USA fin 2005, et une entreprise sur deux y aurait recours d’ici la fin de 2007. C’est dans ce cadre que s’inscrit le récent accord entre France Télécom et Microsoft autour d’une plateforme de services basée sur la convergence de la voix et des données et sur l’équipement logiciel de téléphones IP distribués en Europe par l’opérateur français. L’opérateur américain AT&T a également passé un accord autour de la VoIP avec la firme de Redmond, et un peu partout dans le monde les opérateurs historiques se préparent à la reconversion de leurs activités via protocole IP. Reste à assurer la qualité de service, encore largement moins fiable que via RTC selon une très récente évaluation du bureau d’étude Keynote Systems : aucun des opérateurs américains testés n’a été en mesure d’assurer à 100% le bon acheminement et le maintien d’un appel téléphonique (les taux de réussite variant de 94,8% à 99,4%).


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