Biométrie à tous les étages
Au sud-ouest de Tokyo, la construction par Meiwa Estate d’un vaste espace d’habitations est en cours d’achèvement. Rien de bien notable, si ce n’est que Fujitsu y annonce la première utilisation résidentielle de sa technologie biométrique d’identification par les veines de la main: plus de clé, on accède à son logement en présentant la paume devant un scanner. Pratique, sûr, et même hygiénique puisque sans contact. Tout aussi pratique, assurément, BioPay est en cours de déploiement au Missouri: pour régler ses achats à la supérette Express Mart du coin, plus besoin de carte bleue, une empreinte digitale suffit. On le voit, les initiatives privées se multiplient en parallèle de la volonté de plus en plus forte des Etats de recourir à la biométrie, notamment en matière de titres d’identité et de sécurisation des frontières; une volonté soutenue par les efforts de l’industrie pour mettre en place des standards assurant l’interopérabilité des divers systèmes. En France, de nombreux indices laissent à penser que malgré les réticences des citoyens relayées par le Forum des droits sur l’Internet, la biométrie fait son chemin. Un tout récent rapport sénatorial la juge «incontournable» et envisage même la constitution d’une base de données biométriques nationale pour l’état civil. Histoire de sauvegarder les formes, la Commission nationale Informatique et libertés serait associée à sa gestion. Cette même CNIL qui vient de changer son fusil d’épaule, considérant que l’enjeu n’est plus le recours ou non à la biométrie, mais comment la technologie mise en œuvre s’accommode de la problématique des traces: ainsi la reconnaissance du contour de la main étant réputée «sans traces» (contrairement à l’empreinte digitale que chacun dépose à chaque fois qu’il touche un objet), est-elle devenue un must pour tous ceux (écoles, supermarchés, mairies, hôpitaux, bureaux de poste...) qui désirent mettre en place un système biométrique de filtrage ou simplement de pointage. Nul doute que la Commission suive également avec intérêt les travaux d’IBM en matière de données biométriques remplaçables: au lieu de stocker l’empreinte elle-même, on en conserve une image déformée, quitte à renouveler l’opération si la sécurité de la base a été compromise. Tant il est vrai que sécuriser l’un des maillons de la chaîne sécuritaire n’a de sens que si tous les autres sont mis à niveau...


0 Comments:
Enregistrer un commentaire
<< Retour en page d'accueil