26 septembre 2005

Bonne pioche pour Google Earth

Le 9 septembre dernier était inauguré à Pessac, sur le campus universitaire bordelais, l’Archéopôle d’Aquitaine. Il comporte notamment une salle dédiée aux nouvelles technologies, en particulier à la réalité virtuelle. Celle-ci permet au visiteur de déambuler au sein de reconstitutions en 3D de sites antiques, ou encore aux archéologues eux-mêmes d’associer des données à des représentations 3D d’objets, voire de manipuler virtuellement ces objets ; ainsi a-t-on pu à Xanthos, en Turquie, reconstituer informatiquement un arc honorifique à partir d’une centaine de gros blocs de pierre épars, dans une sorte de jeu de puzzle impossible en réel. A Sorbolo, près de Parme, c’est grâce à Google Earth qu’on pense avoir découvert les ruines d’une villa romaine enfouie : grâce à des images satellites, le logiciel propose une vision en 3D de la planète, dans laquelle un particulier s’amusait à naviguer lorsqu’il a noté des ombres rectangulaires au sein d’un paysage de sa région suggérant la présence d’un artefact d’origine humaine. Il en a reproduit le dessin, avant de contacter le Musée archéologique national de Parme, qui a procédé à quelques fouilles préliminaires et découvert des pièces de céramique confirmant la découverte. Google Earth permet également à ses utilisateurs d’annoter les vues satellites, voire de leur superposer d’autres images. Suite aux dévastations occasionnées à la Nouvelle Orléans par l’ouragan Katrina, certains se sont ingéniés à récupérer les multiples photos des inondations parues dans la presse et sur Internet pour les superposer aux représentations originelles des lieux dans Google Earth, de manière à permettre aux réfugiés de se faire une idée du niveau des eaux à l’emplacement de leur maison, ou au moins dans leur quartier, via Internet. Une autre sorte d’archéologie, destinée à faire émerger du bourbier quelques bribes d’information géoréférencée dans un contexte de chaos ayant bouleversé toutes les représentations usuelles.