05 septembre 2005

Développeur durable

En Afrique aussi, les TIC recèlent un formidable potentiel pour le développement, même si ce ne sont peut-être pas les mêmes TIC que dans le Nord.
Au Ghana, un développeur devenu entrepreneur est en train de bâtir une sorte d’empire du logiciel à l’échelle du pays, au point d’intéresser un géant comme Microsoft pour l’enrichissement et la distribution locale d’un de ses produits. Son secret ? Ses logiciels sont adaptés aux conditions locales : machines obsolètes, fourniture en électricité instable, températures élevées nuisant aux performances des processeurs, etc. Le code est écrit en conséquence, privilégiant par exemple des écritures nombreuses sur disque dur plutôt qu’en mémoire vive, ce qui est moins rapide mais plus sûr en cas de défaillance matérielle. Et malgré le recours à des technologies considérées ailleurs comme dépassées, tout ça marche bien mieux en situation qu’un logiciel importé. Mais la technologie qui connaît un véritable boom en Afrique c’est le téléphone portable, le nombre d’abonnés étant passé entre 1999 et 2004 de 7,5 à près de 80 millions. Cet essor repose en grande partie sur le succès des cartes prépayées, qui sont même devenues une monnaie d’échange presque universellement acceptée, y compris pour des transactions à distance : on achète une carte, on gratte pour faire apparaître le code, que l’on communique par SMS à l’autre partie, et cela vaut transfert de la somme correspondant aux unités de la carte. En Afrique du Sud, où l’essor du mobile est le plus rapide et où une bonne partie de la population est interdite de fait de compte bancaire à cause d’un ticket d’entrée trop élevé et de la rareté des agences en milieu rural, une expérience de banque virtuelle par mobile permet aux plus pauvres d’accéder enfin à une épargne sécurisée ainsi qu’au crédit. Cette solution permet également les transactions à distance par simple SMS, et sert de porte-monnaie électronique, autre avantage dans un pays au très fort taux de criminalité.