Refermer le boîtier de Pandore
Les usages délictueux du téléphone mobile explosent, obligeant les Etats à réagir.
Le point commun entre la Norvège et l’Asie ? On commence à s’y préoccuper des dérives de l’usage anonyme des téléphones portables : depuis le mois d’août dernier, il n’est ainsi plus possible d’acheter anonymement une carte SIM en Norvège, notamment parce que cela permettait aux criminels de communiquer sans risque d’être identifiés par la police. Cette préoccupation est largement partagée en Asie, mais les gouvernements y craignent également, entre autres, la redoutable efficacité du SMS pour déclencher des mouvements de masse, et pas seulement à but politique comme à Manille : de nombreuses rumeurs circulent par SMS, rassemblant à Brunei des foules incontrôlables pour un prétendu exorcisme nocturne, ou à Singapour suite à l’annonce mensongère d’une baisse de 40% du prix de l’essence à la pompe ; certaines rumeurs, comme celle du décès de l’épouse du Premier ministre de Malaisie ou celle de l’imminence de catastrophes naturelles, prennent une telle ampleur qu’elles obligent les gouvernements à réagir officiellement. D’ores et déjà, il est devenu obligatoire de décliner son identité pour pouvoir acheter une carte prépayée en Thaïlande, à Shangaï, à Taïwan ; l’Asie tout entière, Japon compris, envisage la même mesure, avec deux écueils : la réticence des citoyens, et celle des vendeurs, plus préoccupés de faire des affaires que de se transformer en policiers en vérifiant les données d’identité communiquées par leurs clients.
Le point commun entre la Norvège et l’Asie ? On commence à s’y préoccuper des dérives de l’usage anonyme des téléphones portables : depuis le mois d’août dernier, il n’est ainsi plus possible d’acheter anonymement une carte SIM en Norvège, notamment parce que cela permettait aux criminels de communiquer sans risque d’être identifiés par la police. Cette préoccupation est largement partagée en Asie, mais les gouvernements y craignent également, entre autres, la redoutable efficacité du SMS pour déclencher des mouvements de masse, et pas seulement à but politique comme à Manille : de nombreuses rumeurs circulent par SMS, rassemblant à Brunei des foules incontrôlables pour un prétendu exorcisme nocturne, ou à Singapour suite à l’annonce mensongère d’une baisse de 40% du prix de l’essence à la pompe ; certaines rumeurs, comme celle du décès de l’épouse du Premier ministre de Malaisie ou celle de l’imminence de catastrophes naturelles, prennent une telle ampleur qu’elles obligent les gouvernements à réagir officiellement. D’ores et déjà, il est devenu obligatoire de décliner son identité pour pouvoir acheter une carte prépayée en Thaïlande, à Shangaï, à Taïwan ; l’Asie tout entière, Japon compris, envisage la même mesure, avec deux écueils : la réticence des citoyens, et celle des vendeurs, plus préoccupés de faire des affaires que de se transformer en policiers en vérifiant les données d’identité communiquées par leurs clients.


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