05 septembre 2005

Sous/sur-veillance

Un nouveau mot – « sousveillance » – a fait son apparition ces derniers temps pour désigner un comportement de plus en plus répandu, qui consiste à garder un œil au moins attentif, au pire soupçonneux, sur les faits et gestes de ses voisins, pour ensuite les rapporter à la police. Il semblerait qu’au-delà du mot, les technologies de communication encouragent cette tendance en facilitant sa mise en œuvre. C’est ainsi qu’à Malte et en Indonésie, un serveur a été mis en place pour collecter les numéros d’immatriculation des véhicules polluants relevés par les «bons» citoyens et envoyés par SMS ; à Malte, on comptabilisait déjà 639 appels trois jours après le lancement de l’opération, ce qui, si l’on considère que le numéro à composer est tout sauf facile à se rappeler (5061 1899), prouve assez la bonne volonté desdits citoyens en la matière... En Malaisie, un système équivalent est destiné à recueillir par MMS des photos d’automobilistes en infraction au code de la route avant leur mise en ligne sur un site Internet baptisé la «Galerie de la honte». La ville de Harlow, au Royaume-Uni, encourage de même ses habitants à prendre en photo toute personne ou groupe de personnes manifestant un comportement « antisocial » ou tout acte de vandalisme. Dans le même ordre d’idée, on ne sait trop quoi penser de l’aventure de cette jeune New Yorkaise devenue une véritable héroïne du net après avoir photographié avec son mobile un exhibitionniste qui l’importunait dans le métro et mis sa photographie en ligne ; l’homme y est clairement identifiable et, influencé par le commentaire qui accompagne l’image, on se dit qu’il doit être en train de se reboutonner. Identifié par des internautes, il vient d’être arrêté par la police. Laquelle fonde également de gros espoirs sur les images recueillies au cours d’une attaque à main armée dans une boutique d’articles de sport à Manchester, filmée de bout en bout par des clients équipés d’un mobile de dernière génération.
via Textually.org