29 mai 2005

Réseaux à fleur de peau

Une avancée technologique significative est intervenue dans le domaine des communications sans fil à courte portée ; elle utilise la peau humaine comme support.
A mesure que les technologies se miniaturisent, elles tendent à se rendre invisibles et se rapprochent toujours plus du corps humain. On pense aux puces sans contact greffées sous la peau (pour stocker le dossier médical des patient aux USA, comme ticket d’entrée et porte-monnaie dans une boîte de nuit branchée en Espagne...), mais une nouvelle technologie de réseau à courte portée, d’abord imaginée par les chercheurs du MIT, serait en train d’arriver à maturité grâce aux travaux de NTT, l’opérateur et équipementier téléphonique japonais. Baptisée RedTactont, elle exploite les champs électriques naturels à la surface de la peau humaine pour transmettre des données (entre un téléphone ou un appareil multimédia et un casque sans fil, par exemple, ou entre deux PDA lors d’une poignée de main...). Plus de fil, plus d’ondes radio, le corps lui-même achemine le signal.

25 mai 2005

L’Europe veut son Google

Retour en force ou retour forcé, l’avenir le dira, mais les questions liées à la numérisation du patrimoine culturel connaissent un regain d’actualité.
Pari gagné pour Jean-Noël Jeanneney, président de la Biblitohèque nationale de France, qui fait campagne pour que l’Europe se dote d’un moteur de recherche capable de concurrencer Google, et pour que les efforts de numérisation à l’échelle du vieux continent soient revus à la hausse à la lumière des ambitions affichées du projet Google Print de mise en ligne du fonds bibliographique de prestigieuses universités américaines : après l’appui de Jacques Chirac en mars dernier, il vient de recevoir celui de Jean-Claude Junker, président en exercice de l’Union européenne. Dans le même temps, dans l’ombre, un consortium impliquant notamment l’INSA de Lyon est en cours de constitution pour numériser des manuscrits du 12e siècle exhumés au Mali et menacés de destruction – un projet qui s’inscrit dans le programme « Mémoire du monde » de l’Unesco.

18 mai 2005

Je blogue, tu blogues, il blogue

Les blogs sont davantage un nouveau moyen de distribution et de partage qu’un format de plus pour publier les photos de son chat. Une révolution du même ordre que l’Internet lui-même.
Les blogs sont décidément furieusement « tendance » : entre la journée spéciale organisée au Sénat le 25 avril dernier et les rencontres Blog Pro qui se tiennent à Toulouse ce 18 mai, ce sont des mondes très différents qui se retrouvent autour du blog, ces bloc-notes web où la publication est simplifiée à l’extrême et qui finissent par tisser, de lien en lien, une véritable blogoshère, un monde au sein du monde de l’Internet. Et le phénomène est de taille, comme l’illustre l’exemple de Skyrock qui, avec 1,9 millions de Skyblogs, 500 000 billets par jour, 1 Go/s de trafic, est devenu une communauté électronique avec des auditeurs qui possèdent une radio, plutôt qu’une radio avec des auditeurs, selon les propres termes de son Directeur général. Selon les derniers chiffres américains, 10% des internautes ont créé un blog, et 25% en lisent régulièrement – 40 000 nouveaux blogs apparaissent chaque jour. Les entreprises s’en emparent : pour assurer leur veille technologique, pour enrichir leur relation client ; des postes de bloggers se créent dans les départements marketing, etc. Au point qu’une référence du journalisme technologique comme CNet argumente de plain pied avec des auteurs de blogs « amateurs » au cours d’une récente polémique autour de la fiabilité et des scrupules déontologiques des uns et des autres. Et ce n’est qu’un début...

17 mai 2005

Courants porteurs : une lame de fond ?

Une technologie supplémentaire vient agrandir le catalogue des solutions d’acheminement des données jusqu’à l’utilisateur final :elle utilise les fils électriques.
Depuis l’avis de l’Autorité de régulation des télécoms lui ôtant son caractère expérimental et autorisant les premiers lancements commerciaux, la technologie dite des courants porteurs en ligne connaît un début d’engouement médiatique, avec notamment la visite de Patrick Devedjian sur le site de l’expérience « Manche numérique ». La technologie, qui permet d’acheminer un signal numérique le long des fils électriques, n’est pas nouvelle puisqu’elle est utilisée par les compteurs EDF, mais permet aujourd’hui des débits acceptables (de l’ordre du mégabit/s) et a gagné en stabilité. Promue comme outil de désenclavement des territoires, elle se pose en alternative à l’ADSL, dans un mix regroupant satellite, Wifi et WiMax. Peu coûteuse en investissement pour la desserte finale (après le compteur électrique), elle ne permet cependant de couvrir que quelques centaines de mètres.

13 mai 2005

Ici, le paiement par mobile est accepté

Des rapprochements s’opèrent entre opérateurs de téléphonie mobile et secteur bancaire : ou comment redynamiser en les mariant deux marchés saturés.
« Nouveau ! proclame une affichette sur un distributeur automatique de banque de la Cité Mondiale, où sont situés les locaux d’Aquitaine Europe Communication. Ce DAB permet le rechargement de votre téléphone mobile ! » L’automate ne propose pas la mise en charge de la batterie dudit appareil, mais bien la gestion de son compte de téléphonie mobile grâce à un code faisant le lien avec le compte bancaire : rechargement des cartes prépayées, mais également crédit d’autres types d’offres de l’opérateur, en l’occurence SFR. Le téléphone mobile, on nous l’annonce, est voué à prendre en charge un nombre grandissant de services, et ce type de rapprochement avec l’univers bancaire en est un indice ; il s’agit d’une première étape vers le développement des solutions de paiement embarquées sur mobile. Il est également l’indice que d’autres logiques sont à l’œuvre à plus vaste échelle, comme l’illustre la prise de participation de DoCoMo, premier opérateur de téléphonie mobile au Japon, à hauteur de 34% du capital du numéro 2 japonais de la carte de crédit. Il s’agit autant pour DoCoMo de proposer sous sa marque un nouveau produit « mixte » alliant une carte de crédit classique et son double virtuel stocké dans la puce du téléphone mobile, que de s’appuyer sur un réseau bien établi pour convaincre les commerçants de s’équiper des terminaux nécessaires pour le paiement via mobile. La banque partenaire devrait également mettre à niveau son réseau de DAB pour que ceux-ci puissent dialoguer directement avec les téléphones mobiles devenus porte-monnaie : plus besoin de code ni de procédure compliquée. Et un argument de poids pour fidéliser les abonnés.

07 mai 2005

Tout est bon dans le logiciel espion

Le boom spectaculaire de la publicité en ligne s’accompagne de pratiques pour le moins douteuses, financées indirectement par les campagnes des grands groupes avec pignon sur rue.
Selon une récente étude, 9 PC sur 10 seraient infectés par au moins un spyware, ces logiciels espions qui s’installent à votre insu sur votre machine et envoient ensuite sur Internet toutes sortes d’informations, depuis des copies d’écran jusqu’à l’intégralité des frappes clavier. Les éditeurs spécialisés dans les solutions de sécurité se montrent par ailleurs prudents dans l’éradication de ces spywares, car des logiciels « légitimes » (dans la mesure où l’utilisateur est plus ou moins conscient qu’il les installe : en même temps qu’un économiseur d’écran ou qu’un autre logiciel, par exemple) fonctionnent selon des principes analogues. En effet, les adwares, ou logiciels publicitaires, ne se contentent pas tous d’afficher des fenêtres publicitaires intempestives ; certains collectent des informations commerciales à destination d’un serveur distant mis en oeuvre par la marque sponsor. La distinction est rendue encore plus difficile parce que bon nombre d’acteurs de la publicité en ligne ont recours à des réseaux de diffusion peu scrupuleux qui exploitent de tels logiciels parasites : très difficiles à supprimer, ils polluent l’espace de travail avec des messages publicitaires en cascade – mais génèreraient près de 2 milliards de dollars de chiffre d’affaires, soit le quart du montant global de la publicité en ligne, pour ces intermédiaires prêts à tout pour faire tourner les compteurs de clics des grandes campagnes en ligne. Car, selon une enquête du Los Angeles Times, ce sont les grandes firmes qui financent indirectement la prolifération de cette nuisance planétaire (des marques prestigieuses comme Mercedes-Benz sont citées), en sous-traitant sans trop y regarder leurs opérations de promotion web à des sociétés spécialisées qui font de même, créant une longue chaîne où les pratiques sont de moins en moins reluisantes à mesure que les responsabilités se diluent. A l’ère du numérique, la politique commerciale du pied dans la porte encourage par rebond le développement du risque informatique – les pertes (temps, productivité) occasionnées par les spywares sont estimées à 2 milliards de dollars.

04 mai 2005

Biométrie à la carte

Si le citoyen s’interroge quant au bien-fondé du recours à la biométrie, le consommateur pourrait, lui, franchir le pas en échange d’une meilleure sécurité dans le domaine bancaire.
Le débat mené en France autour de la carte d’identité électronique et de la biométrie a amplement montré que cette technologie suscite craintes et interrogations, notamment en ce qui concerne la création de bases de données centralisées d’empreintes digitales. Dans le domaine bancaire, pourtant, la pression s’accentue pour l’adoption des solutions biométriques en remplacement ou en complément des codes PIN utilisés aujourd’hui. Une étude Fujitsu affirme qu’au Royaume-Uni, où la technologie fait également débat à propos de la mise en place d’un titre d’identité, un consommateur sur trois serait prêt à l’adopter si sa banque la proposait. Scanecotech, société scandinave spécialisée dans les nouvelles technologies, a mis au point une carte entièrement compatible avec les appareils bancaires actuels, mais intégrant dans un format standard un scanner d’empreintes digitales et une batterie permettant 2000 utilisations (1000 pour une carte bancaire en moyenne) – toute la procédure d’identification a lieu en circuit fermé sur la carte, sans aucun échange d’information avec l’extérieur ni constitution d’une base de données biométriques.