04 avril 2006

Images: ça bouge!

Redimensionnement des réseaux et des débits, démocratisation des outils de captation et d’édition, multiplication des solutions d’hébergement, la vidéo en ligne casse la baraque.
YouTube, site communautaire de partage en ligne et de notation de clips vidéo, concentre toutes ces tendances que notre récent Dossier de veille n°19 consacré à la vidéo sur les réseaux explicite plus longuement. L’une des raisons du succès de YouTube tient à ce qu’il combine au plus haut degré la viralité de l’internet avec l’impact immédiat de l’image animée, sur le mode du réflexe social «Tiens, regarde un peu sur quoi je suis tombé, c’est trop drôle/émouvant/surprenant/nul/etc.» doublé de la possibilité offerte à tout un chacun de soumettre ses œuvres ou ses trouvailles à l’appréciation du groupe.
GoogleIdol, dans le même genre, transforme l’outil en radio-crochet permanent, avec pour slogan «Unearthing the world’s talent». Et quelques uns trouvent en effet à tirer bénéfice de leur popularité, comme ce jeune homme de 21 ans dont la parodie de MySpace a drainé plus de 3 millions de visites sur YouTube et qui s’est vu proposer une offre de collaboration par la chaîne MTVU. Comme on pouvait s’y attendre, et en raison même du succès de YouTube, les questions de propriété intellectuelle pointent le bout de leur nez: ainsi la chaîne CBS avait-elle demandé, et obtenu, le retrait d’un clip reprenant un reportage consacré à un jeune autiste ayant connu son heure de gloire grâce à ses exploits dans l’équipe de basket de son école. Quelques jours plus tard, quelqu’un avait de nouveau mis en ligne le reportage, précisant en commentaire que l’extraordinaire travail de CBS méritait la plus large audience possible. Voilà CBS bien embêtée, au-delà de la légitimité juridique de sa requête – les télés, tout comme Hollywood, s’intéressent en effet de près à ce nouveau débouché: Blinkx, moteur de recherche spécialisé dans la vidéo, ne vient-il pas d’introduire de la publicité dans ses pages de résultats dans le cadre d’un partenariat avec l'agence de presse télévisée ITN qui lui fournit du contenu?


à lire aussi:
Les médias classiques aveugles face aux défis des nouveaux outils vidéo? (en anglais)
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Les professionnels s'intéressent à YouTube et y créent des profils officiels pour mettre en ligne leurs contenus.
Ou bien ils postent de façon anonyme des films de qualité professionnelle dans le cadre de campagnes de pub plus ou moins avouées, comme cet excellent remake filmé de la série animée Les Simpsons.