23 novembre 2006

Docteur Google

[santé]
Une étude Pew Internet and American Life Project parue en octobre dernier fait le bilan des habitudes des internautes américains. 80% d’entre eux ont fait des recherches en ligne sur des questions médicales, et pour les deux tiers directement via un moteur de recherche généraliste (un quart d’entre eux seulement à partir d’un site spécialisé consacré à la santé) – pour 7% d’entre eux, ce type de recherche peut même être qualifié de pratique usuelle au quotidien, un niveau de popularité comparable à la lecture des blogs ou à l’emploi d’internet pour rechercher une adresse ou un numéro de téléphone.
A mesure que cette pratique se banalise, la proportion d’internautes qui vérifient la source de l’information trouvée ne cesse de décroître : 50% le faisaient « toujours ou la plupart du temps » en 2001, ils ne sont plus que 25% aujourd’hui. Une observation à rapprocher des résultats d’une étude commanditée par le Département américain de la Santé et des Services à la personne, selon laquelle moins de 2% des destinations les plus populaires pour l’information médicale en ligne affichent dates et sources.Les experts de la santé publique s’inquiètent d’une tendance à l’autodiagnostic qui s’observe aussi dans la croissance des ventes en ligne de tests médicaux. Une étude australienne parue le mois dernier dans le British Medical Journal montre que Google peut aider les médecins eux-mêmes confrontés au diagnostic d’une maladie rare – mais l’accès aux quelque 3000 millions d’articles de médecine indexés par le moteur de recherche ne suffit pas à poser un diagnostic, or dans la moitié des cas les recherches auraient un impact sur la façon de se soigner des internautes américains.

L’étude Online Health Search 2006 (Pew)
L’étude parue au British Medical Journal (et commentaires)
La même commentée en français sur ZDNet

[edit 17/01/007: découvert via l'excellent VTech, un moteur de recherche spécialisé, Medstory, en phase beta]