30 novembre 2006

Internet sur téléphone mobile

[mobilité]
Une étude ComScore (octobre 2006) montre que 28% des internautes français de 15 ans et plus se connectent à internet (également ou exclusivement) via leur téléphone mobile. Les grands portails type Yahoo!, Google et MSN représentent seulement ¼ du trafic, à égalité avec les portails opérateurs et loin devant les sites de commerce (2%). Nokia domine le marché européen des équipementiers pour les usages en ligne, mais la dernière livraison de XitiMonitor (novembre 2006) souligne une explosion des parts de marché de Samsung sur ce créneau en France – on y apprend également que le nombre de pages vues par les internautes via mobile est supérieur à ce qu’on observe sur les autres connexions mais que le temps par page est 2,5 fois plus court en moyenne (19 secondes contre 48).

Xitimonitor
L’étude ComScore

23 novembre 2006

Qui n’a pas son lecteur MP3 ?

[divertissement]
Selon une étude Informa Telecoms & Media parue en octobre dernier, c’est-à-dire à la veille du lancement sur le marché américain du Zune de Microsoft qui ambitionne de concurrencer le couple iPod-iTunes d’Apple, le nombre de téléphones mobiles équipés d’une fonction de lecture MP3 vendus dans le monde devrait croître de 80% cette année pour atteindre 126 millions d’unités. Plus de la moitié des appareils vendus en 2011 devraient être équipés. En France, un opérateur comme Orange évalue aujourd’hui à 10% de son parc client la proportion de mobiles équipés, soit une croissance de plus de 300% sur l’année. On observe également dans les rues de Bordeaux (voire dans le tram…) une tendance à se servir de ces petits bijoux technologiques pour remettre au goût du jour les sound machines des années 1980, en les écoutant sans casque, volume à fond, tout en se promenant. C’est d’ailleurs sur le téléchargement de musique que SFR axe la compagne actuelle autour de son offre 3G+ grand public.

La plateforme Zune
Campagne SFR
Etude Informa Telecoms & Media
Chiffres Solutions Research Group : taux de pénétration des lecteurs MP3

Banque en ligne et logique de guichet

[dématérialisation des services]
Une étude de l’association Consommation, logement et cadre de vie vient de comparer les tarifs des services courants de 84 banques traditionnelles avec ceux des quatre principales banques en ligne : e-LCL, Axa Banque, AGF et Monabanq. Résultat : en dehors d’un léger avantage pour le consommateur sur les cotisations de cartes bancaires, pas de véritable différenciation par les prix.
La dernière livraison de Novamétrie concernant le secteur bancaire montre en revanche qu’internet facilite la relation entre la banque et ses clients. 57% d’entre eux lui attribuent d’ailleurs la meilleure note de satisfaction, devant l’agence (35%) et le téléphone (29%). La facilité d’accès est déterminante dans cette perception positive mais la tarification également bénéficie d’un préjugé favorable qui ne paraît pas corroboré par les faits, si l’on en croit les chiffres établis par la CLCV. Les services bancaires en ligne l’emportent pourtant dans la perception des consommateurs sur la plupart des points, y compris pour la pertinence du conseil et la connaissance du client. Pour ce qui est de l’intimité de la relation, néanmoins, l’agence arrive encore en tête – c’est précisément dans le marketing relationnel en ligne (et l’exploitation du haut débit) que résident les axes de développement mis en avant par la profession, qui pourrait miser sur de nombreux départs à la retraite dans les prochaines années pour revoir ses modèles sans coût social élevé. Et l’enjeu n’est pas seulement la satisfaction client : une très grande banque anglaise a calculé qu’il lui en couterait 9 millions de livres supplémentaires par an pour délivrer les services si 10% de ses clients décidaient de ne plus utiliser internet et de basculer sur un autre canal (agence, téléphone, automate).

L’étude de la CLCV
Article Silicon sur l’étude Novamétrie

Les banques françaises interdisent beaucoup d’opération sur internet (JdN)
Pour comparaison à deux ans, le dossier de veille Banque en ligne et logique de guichet (septembre 2004)

Bientôt des paraboles en Chine ?

[Asie]
Depuis 1993, le décret 129 interdit en Chine aux individus et aux « unités de travail » de s’équiper en paraboles permettant de recevoir les programmes étrangers. Or, le 28 octobre dernier était mis en orbite Sinosat-2, premier grand satellite chinois de télévision directe, afin de répondre aux besoins d’un marché en fort développement (400 millions de postes à ce jour) ; il permettra de diffuser en Chine, à Hong Kong, Macao et Taïwan. Ce succès d’un programme spatial en forte montée en puissance ces cinq dernières années (avec un premier vol humain en 2003) avive les espoirs d’amendement du décret 129 en cours d’examen par l'Administration d'Etat de la radio, du cinéma et de la télévision. Si les paraboles individuelles devaient être autorisées, les analystes de l'industrie prévoient qu’elles devraient équiper 100 millions de foyers entre 2006 et 2010. Un marché pour le moins porteur, voire une brèche dans la muraille de la censure qu’internet peine à abattre.

Le Quoditien du Peuple en ligne (et en français)

La publicité en ligne continue de grignoter la concurrence

[médias]
Pour la première fois, internet dépassera cette année 10% du marché publicitaire dans deux pays : le Royaume-Uni et la Suède. C’est ce que montre une étude du groupe Publicis qui revoit à la hausse les prévisions de croissance établies le semestre dernier – la barre des 10% ne serait franchie à l’échelle mondiale qu’en 2011 (on s’attend à un chiffre légèrement supérieur à 5,5% en 2006), mais internet a d’ores et déjà bouleversé le modèle économique des médias traditionnels en leur disputant la manne des annonceurs – y compris dans le domaine des petites annonces où on estime par exemple qu’un site comme Craiglist, lancé à San Francisco par un particulier et désormais accessible pour 190 villes dans 35 pays, aurait cannibalisé 500 millions de dollars de revenus des journaux locaux américains alors que son propre chiffre d’affaires culmine à 20 millions de dollars.Et voici que les mastodontes internet que sont Google et Yahoo! étendent au monde physique (pour l’instant aux Etats-Unis) leurs ambitions de régies publicitaires : Google a lancé début novembre un partenariat avec une cinquantaine de grands journaux (dont le New York Times, le Washington Post ou encore The Tribune) pour permettre à ses annonceurs Adwords de réserver des encarts papiers, et Yahoo! vient de faire de même avec 140 quotidiens locaux – l’objectif étant bien sûr à terme de prélever un pourcentage sur les flux annonceurs qui ne se sont pas encore détournés vers internet. La radio n’est pas à l’abri, comme le montre le rachat par Google, début 2006, de Dmarc Broadcasting qui développe une solution de réservation en ligne de campagnes radio ; et le rachat de YouTube plus récemment dit assez que la vidéo est aussi en ligne de mire. Prochaine étape, la télé ? En France, Kewego, plateforme de partage vidéo, offre désormais aux petits annonceurs de diffuser également leurs spots sur 18 chaînes TV locales – des petites structures de production extrêmement agiles issues de l’explosion de la vidéo en ligne y voient d’ailleurs l’opportunité de prospecter le secteur des PME à qui ces espaces demeuraient jusqu’alors inaccessibles.

Article Atelier BNP Paribas sur Kewego
Chiffres publicité en ligne

Etats-Unis : internet bouleverse sérieusement la donne des médias traditionnels
Google s'attaque au marché publicitaire des quotidiens américains

La biométrie petit à petit

[sécurité]
Plus moyen de louer une voiture à l’aéroport de Stansted, au Royaume-Uni, sans laisser ses empreintes digitales. Celles-ci sont conservées par la société de location, et transmises à la police en cas de vol du véhicule, ou d’utilisation de celui-ci à des fins délictueuses. Ce test a été mis en place par la police de l’Essex pour lutter contre l’usage de fausses cartes de crédit, permis de conduire contrefaits et autres faux passeports – c’est également cette année que le Royaume Uni a mis en circulation ses premiers passeports biométriques (un million ont déjà été délivrés).

Article BBC News

Docteur Google

[santé]
Une étude Pew Internet and American Life Project parue en octobre dernier fait le bilan des habitudes des internautes américains. 80% d’entre eux ont fait des recherches en ligne sur des questions médicales, et pour les deux tiers directement via un moteur de recherche généraliste (un quart d’entre eux seulement à partir d’un site spécialisé consacré à la santé) – pour 7% d’entre eux, ce type de recherche peut même être qualifié de pratique usuelle au quotidien, un niveau de popularité comparable à la lecture des blogs ou à l’emploi d’internet pour rechercher une adresse ou un numéro de téléphone.
A mesure que cette pratique se banalise, la proportion d’internautes qui vérifient la source de l’information trouvée ne cesse de décroître : 50% le faisaient « toujours ou la plupart du temps » en 2001, ils ne sont plus que 25% aujourd’hui. Une observation à rapprocher des résultats d’une étude commanditée par le Département américain de la Santé et des Services à la personne, selon laquelle moins de 2% des destinations les plus populaires pour l’information médicale en ligne affichent dates et sources.Les experts de la santé publique s’inquiètent d’une tendance à l’autodiagnostic qui s’observe aussi dans la croissance des ventes en ligne de tests médicaux. Une étude australienne parue le mois dernier dans le British Medical Journal montre que Google peut aider les médecins eux-mêmes confrontés au diagnostic d’une maladie rare – mais l’accès aux quelque 3000 millions d’articles de médecine indexés par le moteur de recherche ne suffit pas à poser un diagnostic, or dans la moitié des cas les recherches auraient un impact sur la façon de se soigner des internautes américains.

L’étude Online Health Search 2006 (Pew)
L’étude parue au British Medical Journal (et commentaires)
La même commentée en français sur ZDNet

[edit 17/01/007: découvert via l'excellent VTech, un moteur de recherche spécialisé, Medstory, en phase beta]