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Le mouvement pour l’open public data a très officiellement gagné l’Aquitaine, le 6 décembre dernier, avec les premières Assises des données publiques ouvertes organisées dans notre région.
« Pragmatisme et réalisme ! L’important, en matière d’ouverture des données publiques, est de lancer un processus, d’entrer dans la démarche et la dynamique de partage s’auto-entretiendra » a lancé Danièle Bourlange, directrice de l’ Agence du Patrimoine Immatériel de l’Etat (Apie), aux 140 participant des Assises des données publiques ouvertes, organisées pour la première fois en Aquitaine, le 6 décembre dernier.
L’événement s’est déroulé à l’Hôtel de Région, sous l’impulsion d’AEC et en présence d’Alain Rousset, président du Conseil régional d’Aquitaine.
Le territoire aquitain ajoute désormais son nom à la courte liste des précurseurs de l’open data en France.
« Peu de collectivités se sont lancées à ce jour, même si la libération et la réutilisation des données publiques est un droit depuis 2005 et la révision de la loi CADA* », a remarqué Nathalie Manet-Carbonnière, Conseillère régionale d’Aquitaine, déléguée au développement numérique. « L’enjeu est éminemment important, tant du point de vue des services rendus aux usagers que des évolutions de la société qui vont dans le sens de l’échange ».
A l’instar de
Rennes
et de Brest qui ont évoqué leur programme d’ouverture des données publiques lors des Assises, la
Communauté urbaine de Bordeaux
a annoncé le lancement d’une expérimentation d’un an visant à libérer des jeux de données dans des domaines aussi variés que les transports, l’eau et l’assainissement, la signalisation ou encore la voirie.Voir ci-dessous l'entretien avec Vincent Feltesse, président de la CUB.
La CUB veut ainsi asseoir une dynamique pérenne de valorisation de ses données. A plus court terme, elle espère voir naître une vingtaine d’applications innovantes courant 2011, sans préjuger desquelles : « Nous savons que cela apportera plus de transparence, plus de concurrence mais l’idée est que les uns et les autres se saisissent de cette matière riche que représentent nos données publiques et se l’approprient » souligne Vincent Feltesse, président de la CUB. L’expérimentation, accompagnée par la
Fing
et AEC, et à laquelle s’associe le
Département de la Gironde
et la
Région Aquitaine
, donnera lieu à des « Rencontres mensuelles de l'open data », espaces ouverts d'échange, de dialogue et d'apprentissage. 
Le mouvement pour l’ouverture et la réutilisation des données publiques, mondial, prend de l'ampleur et connaît une accélération. En France, l’Etat se mobilise au travers, notamment, de l’Apie. « Il est nécessaire d’accompagner le droit à la réutilisation en créant un écosystème favorable : faire connaître les données disponibles, limiter les coûts de transaction pour les réutilisateurs, favoriser l’exploitabilité des données », a conseillé Danièle Bourlange lors des Assises.
L’ observatoire des territoires numériques (OTEN) , de son côté, réalise actuellement une étude baptisée « Stratégie régionale en matière de données publiques » pour accompagner les élus. Quelles données doivent être mises à disposition, sous quel format et à quel coût ? Selon quels processus ? La donnée libérée peut-elle être réutilisée dans un cadre commercial ? Comment sensibiliser un président de collectivité et associer les services concernés au mouvement de libération ? Le programme expérimental qui s’engage en Aquitaine doit permettre d’apporter des réponses à ces questions, de contourner les freins et les obstacles à la libération des données publiques. « Chaque cas est un cas d’espèce qui nécessite un dialogue entre le détenteur de la donnée, le producteur et le réutilisateur », a rappelé Philippe Ourliac, délégué général de l’OTEN.
Afin d'aider les collectivités à s'engager concrètement dans la mise en oeuvre de la libération de leurs données, AEC a réalisé un guide juridique qui récapitule les obligations légales pour l'accès et la réutilisation de ces données. Il les accompagne dans leur mise en conformité et leur propose un cadre afin d'opérer.
« Nous avons mis 48 heures à décider la libération de nos données publiques », a témoigné Xavier Crouan, directeur de l’information et de l’innovation à Rennes Métropole. L’agglomération rennaise a créé un site qui recense tout un ensemble de données publiques non nominatives, fiables et actualisées en permanence. Résultat, une somme d’applications réalisées par des férus d'informatique et de technologies pour se repérer dans la ville, savoir quel bus prendre, connaître un temps de trajet ou les lieux accessibles aux personnes à mobilité réduite...
A Bordeaux, Sébastien Dugué n’a pas attendu l’ouverture des données pour faciliter la vie de ses concitoyens dans les transports en commun. Ce consultant web a créé la plateforme
iBordeaux.fr
, accessible sur le web et téléphone mobile, en intégrant des plans des divers moyens de transport (transport en commun, vélos en libre service, parkings, stations de taxi), des cartes de trafic automobile en temps réel ou les temps de parcours sur les grands axes de Bordeaux ainsi que la disponibilité temps réel des bornes de vélos (VCUB). S’il voulait couvrir les coûts de développement de cette dernière application, a-t-il souligné, il lui faudrait plus de clients qu’il n’existe d’utilisateur du VCUB. Avec des données payantes, il n’aurait donc jamais développé iBordeaux.fr.
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