Un ANI, ou accord national interprofessionnel, est un accord négocié au niveau national entre les organisations syndicales de salariés et les organisations patronales, tous secteurs confondus. Il fixe un cadre commun sur des sujets sociaux majeurs, mais ne devient obligatoire pour toutes les entreprises que s’il est transposé par une loi ou étendu par arrêté. Voici qui le négocie, comment il s’applique et son impact concret pour les entreprises.
Qu’est-ce qu’un ANI ?
L’ANI est le plus haut niveau de la négociation collective en France. Interprofessionnel signifie qu’il concerne l’ensemble des secteurs d’activité, et non une seule branche.
Un accord entre partenaires sociaux
Un ANI est le fruit d’une négociation entre les partenaires sociaux : d’un côté les organisations syndicales représentatives des salariés, de l’autre les organisations patronales. L’État n’y participe pas directement, même s’il en est souvent à l’origine.
ANI, convention de branche et accord d’entreprise
Comparer les niveaux de négociation collective
Choisissez un niveau d'accord pour voir qui le négocie et jusqu'où il s'applique.
L’ANI se situe au sommet, au-dessus des conventions collectives de branche, elles-mêmes au-dessus des accords d’entreprise. Chaque niveau a son périmètre et ses négociateurs, comme le résume l’outil ci-dessous.
Qui négocie un ANI et comment ?

La négociation réunit les représentants des salariés et ceux des employeurs, reconnus représentatifs au niveau national et interprofessionnel.
- Du côté des salariés : les organisations syndicales représentatives (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC).
- Du côté des employeurs : les organisations patronales (MEDEF, CPME, U2P).
- La négociation aboutit à un texte signé, qui engage d’abord les organisations signataires.
Le gouvernement invite souvent les partenaires sociaux à négocier un ANI en amont d’une réforme, pour construire un compromis avant la loi.
Comment un ANI devient-il obligatoire ?

C’est le point le plus souvent mal compris. Signé, un ANI n’engage que ses signataires. Pour s’imposer à toutes les entreprises, il doit franchir une étape supplémentaire.
Un ANI devient obligatoire pour tous soit par transposition dans une loi votee au Parlement, soit par un arrete ministeriel d'extension qui l'applique a toutes les entreprises de son champ.
Sans cette extension ou cette loi, l’accord reste un engagement entre organisations, sans effet direct sur l’entreprise qui n’y a pas adhéré.
Quelques ANI qui ont marqué le droit du travail
Plusieurs ANI ont profondément transformé le quotidien des entreprises et des salariés.
- L’ANI du 11 janvier 2013, qui a généralisé la complémentaire santé collective obligatoire, transposé par la loi de sécurisation de l’emploi.
- Les ANI sur le télétravail, qui ont posé un cadre avant sa généralisation.
- L’ANI sur la santé au travail, à l’origine d’une réforme de la prévention.
Quelle portée pour les entreprises ?
Une fois étendu ou transposé, un ANI est un socle minimal. L’entreprise doit s’y conformer, sans pouvoir prévoir de dispositions moins favorables aux salariés.
Ces accords touchent souvent à des sujets sensibles comme la protection sociale ou l’organisation du travail, en lien avec le rôle des instances internes. Notre article sur le rôle du CSE éclaire ce dialogue social au sein de l’entreprise.
ANI : ce qu’il faut retenir
L’ANI est un outil de compromis social national, capable d’orienter une réforme entière du travail. Sa force dépend toutefois de son extension ou de sa transposition, sans lesquelles il reste un texte d’orientation.
Pour suivre les accords en vigueur et leur champ d’application, la documentation du ministère du Travail est la référence officielle.








