Le tiers lieu, ligne d’horizon des espaces publics numériques ?

08/06/2012 par Suzanne GALY.
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Une vaste étude menée dans le cadre du programme RAUDIN de l'Université de Bordeaux propose des hypothèses d'évolution pour les points d'accès publics à internet aquitains.

Une vaste étude menée dans le cadre du programme RAUDIN de l'Université de Bordeaux propose des hypothèses d'évolution pour les points d'accès publics à internet aquitains. Après une dizaine d'années d'existence, ceux-ci pourraient devenir des tiers lieux stimulant l'échange d'idées et l'innovation.

L’Aquitaine compte actuellement 697 points d’accès publics à internet (PAPI).

Cette dénomination générique regroupe une diversité de structures : médiathèques, cyberbases, espaces de coworking, espaces associatifs connectés, atelier multiservices informatique ou espaces publics numériques.

Si leurs statuts et missions varient, ces PAPI autorisent cependant une définition commune : « Ce sont des lieux non marchands ouverts à tous les publics, équipés d’un ou de plusieurs ordinateurs reliés à internet et proposant différents services : idéalement, un accompagnement et des initiations aux outils numériques » définit Didier Paquelin, Professeur en sciences de l'information et de la communication, et directeur du programme RAUDIN (Recherches aquitaines sur les usages pour le développement des dispositifs numériques) mené au sein de l’Université de Bordeaux.

En charge du groupe de recherche "Territoire numérique et formation", Didier Paquelin a livré début juin les résultats détaillés d’ une vaste étude consacrée à ces lieux d’accès à internet .

Elle dresse un panorama général des PAPI en Aquitaine avec une catégorisation par label, type de structure, fréquentation, équipement et publics. Elle élabore par ailleurs des hypothèses d’évolution pour ces espaces mis en place il y a plus de dix ans pour développer une culture numérique et participer à la lutte contre la fracture numérique.

Proximité, socialisation, échanges

Didier Paquelin, responsable du projet de recherche RAUDIN - photo AEC« Le projet initial de ces lieux a évolué aux cours de ces années, déplaçant la problématique de l’alphabétisation numérique vers celle de la proximité et de l’accessibilité à des infrastructures et des services », constate le directeur du programme.

Fréquentés à 62% par des femmes, à 36% par les plus de 60 ans et à 39% par des personnes sans emploi, les PAPI n’ont plus seulement vocation à fournir un accès au web ou une formation aux outils numériques.

D’ailleurs, 66% de ceux qui les fréquentent ont un ordinateur à domicile connecté à internet et 42% qui seraient susceptibles de les fréquenter ne souhaitent pas bénéficier d’un accompagnement spécifique.

Bien souvent, le PAPI attire car il offre « une certaine forme de confidentialité » et qu’on y retrouve des gens « dans la même dynamique » que soi, souligne Didier Paquelin.

« Les PAPI sont parfois les seuls lieux de socialisation ou d’échanges dans certains territoires » ajoute-t-il.

La proximité du PAPI joue un rôle essentiel puisque 30% y viennent à pied et 68% des publics habitent à moins de 5 kilomètres.

A l’avenir, les espaces publics numériques auront donc vocation à devenir ces "tiers lieux" définis comme étant « ni le domicile ni le travail , mais un espace où je peux trouver de l’aide si je le souhaite, où je ne me sens pas seul et qui est agréable », suppose Didier Paquelin.

Il est donc pertinent d’imaginer aujourd’hui de nouvelles modalités d’accueil dans ces espaces et de nouveaux services « plus en lien avec les pratiques territoriales » mais aussi « plus flexibles ». Il faut y favoriser la « circulation des personnes, des projets et des idées », « oser l’innovation par la fluidité, la rencontre et le partage ».

Et enfin, inviter à la mise en œuvre de « dynamiques en réseau d’initiatives plurielles ».

Autant de recommandations qui s’inscrivent dans la lignée de deux projets lancés récemment en Aquitaine :

Mots clefs
aménagement - Aquitaine - fractures - Gouvernance et territoires
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