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Intervention lors de la journée de promotion des logiciels libres "Aquitaine Libre" qui s'est déroulée le 6 juin 2009 à Agen
Voir la présentation " Logiciels et logiciels libres, quel cadre juridique ?"
Le logiciel est une œuvre de l’esprit sont au sens de l’article L 112-2 13° du code de la propriété intellectuelle (CPI).
Sont protégés à ce titre à la fois le logiciel en tant que programme d’ordinateur et le matériel préparatoire qui inclut :
La protection par le droit d’auteur est conférée au logiciel à la condition qu’il soit original. L’originalité d’un logiciel a été définie par la Jurisprudence comme correspondant à l’effort personnalisé de l’auteur.
Il est à noter que la protection légale bénéficie à l’auteur du seul fait de la création de l’œuvre et n’est subordonnée à aucune formalité ni dépôt.
Ainsi, toutes les œuvres créées sont soumises de facto au droit d'auteur et donc toute exploitation d’une œuvre nécessite d’obtenir l’autorisation de son auteur.
Le droit moral, qui occupe une place importante en droit français, traduit le lien entre l’auteur et son œuvre, qui est protégée du fait de son caractère original. Il permet à l’auteur de conserver une certaine maîtrise de son œuvre, même après en avoir cédé les droits patrimoniaux.
Les droits moraux dont jouit l’auteur d’un logiciel sont limités par rapport à ceux conférés aux auteurs d’œuvres littéraires ou musicales par exemple.
A cet effet, l’auteur d’un logiciel jouit :
Par contre, l’auteur d’un logiciel ne peut :
Le droit moral est attaché à la personne de l’auteur, ce qui signifie que l’auteur ne peut pas y renoncer ni le céder. Il s’agit donc d’un droit incessible et inaliénable. De plus il est perpétuel, il survit à la personne de l’auteur et sera donc transmissible à ses héritiers.
Les droits patrimoniaux correspondent aux droits d’exploitation dont l’auteur du logiciel est titulaire. Ces types d’exploitation nécessitent une autorisation de l’auteur pour être effectués.
Le droit patrimonial comprend :
Toutefois, ces actes ne sont pas soumis à l’autorisation de l’auteur s’ils sont nécessaires à l’utilisation du logiciel.
Le droit patrimonial a une durée limitée, il perdure pendant toute la vie de l’auteur, et après son décès les ayants droits en bénéficient pendant les 70 années qui suivent le décès de l’auteur. Passé ce délai, l’œuvre tombe dans le domaine public.
Les utilisations que l’auteur du logiciel peut accorder aux utilisateurs sont encadrées par la loi et listées de façon exhaustive à l’article L 122-6-1 du CPI.
Les droits concédés à l’utilisateur font l’objet d’une licence d’utilisation.
Peuvent être autorisés :
La violation des droits d’auteur est sanctionnée pénalement car elle constitue un délit de contrefaçon.
La contrefaçon d’une œuvre de l’esprit protégée par le droit d’auteur est punie de trois ans d'emprisonnement et de 300 000 € d'amende. (article L 335-2-1 et L 335-3 du CPI)
Constitue un délit de contrefaçon : « toute reproduction, représentation ou diffusion, par quelque moyen que ce soit, d’une œuvre de l’esprit en violation des droits d’auteur. »
Nous pouvons nous rendre compte que le droit d’auteur protège totalement l’auteur du logiciel ce qui ne permet pas une diffusion large et rapide des logiciels. Peu de droits sont consentis à l’utilisateur et de nombreuses limitations d’usages sont prévues par la loi.
C’est ce constat de déséquilibre entre droits de l’auteur et droits de l’utilisateur qui est à l’origine du développement des logiciels libres.
Un logiciel libre est un logiciel distribué avec l’intégralité de ses programmes-sources, afin que l’ensemble des utilisateurs qui l’emploient puisse l’enrichir et le redistribuer à leur tour (définition du Journal Officiel de la République n°93 du 20 avril 2007).
Le logiciel libre n’est pas un logiciel sans droit : l’auteur d’un logiciel libre n’abandonne pas ses droits d’auteur, mais concède seulement un droit d’usage aux utilisateurs.
Enfin, un logiciel libre n’est pas nécessairement gratuit.
Une licence libre règlemente et délimite les droits et obligations de l’utilisateur d’un logiciel libre.
La Free Software Fondation (FSF) a défini quatre libertés accordées, au minimum, aux utilisateurs :
Les différences entre licences libres portent sur les modalités d'utilisation et de redistribution du code source.
La licence GNU GPL a été créée par la FSF dans l’optique de promouvoir le logiciel libre et d’empêcher qu’un logiciel libre puisse être intégré dans un logiciel propriétaire.
Autre conditions de la licence GNU GPL : apposition d’un copyright, insertion d’une clause de renonciation de garantie, obligation de joindre un exemplaire de la licence GNU GPL et identification des modifications successives.
- redistribution du logiciel, modifié ou non, sous la licence initiale ;
- libre choix de la licence pour le reste de l'application.
La licence GNU LGPL autorise l’intégration des bibliothèques de code avec presque tout type de logiciel, y compris les logiciels propriétaires. Cette licence a vocation à ne s’appliquer qu’aux bibliothèques logicielles.
- forte obligation de citation de l'auteur ;
- réutilisation du logiciel sans aucune contrainte.
La licence BSD a été créée par l’Université de Berkeley. Elle autorise l’utilisateur à intégrer le logiciel initial (qui lui reste disponible en distribution sous licence BSD) dans un ensemble, appelé produit dérivé, soumis à la même licence, voire dans une autre licence, y compris propriétaire. Si le produit dérivé devient propriétaire, il est fait obligation de mentionner le copyright et les conditions présentes dans la licence BSD.
La licence GNU GPL,rédigée en langue anglaise, a été conçue au regard de la législation américaine. Les traductions fournies ne le sont qu'à titre indicatif. De plus, certaines de ses dispositions sont contraires au droit français.
La licence CeCILL, élaborée par le CEA, le CNRS et l’INRIA a pour vocation de transposer la licence GNU GPL en droit français.
Tout en conservant au mieux l'esprit de la licence GNU GPL, la licence CeCILL a les caractéristiques suivantes :
A consulter pour plus d’informations le site www.cecill.info
Nous constatons ici qu’un logiciel, bien que libre, est protégé par le droit d’auteur. Ce droit est aménagé puisque l’auteur concède d'un droit d'usage plus étendu que celui prévu par la loi. De plus, ces licences dites libres sont juridiquement valides.
L'utilisation de logiciels libres par des clients tels que les administrations et les entreprises est de nos jours courante et tend à s'intensifier.
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