Peut on démissionner pendant un arrêt de travail ?

Peut on démissionner pendant un arrêt de travail ?

août 19, 2025

démission pendant arrêt maladie

Démissionner pendant un arrêt de travail soulève de nombreuses questions juridiques et pratiques pour les salariés.

Cette situation, bien que peu courante, concerne chaque année des milliers de travailleurs en France.

Comprendre les implications légales et les démarches à suivre est essentiel pour prendre une bonne décision et protéger ses droits.

Oui, la démission pendant un arrêt de travail est légalement autorisée

Droit garanti par l’article L. 1231-1 du Code du travail

Le Code du travail français autorise explicitement la démission d’un salarié en contrat à durée indéterminée (CDI) pendant un arrêt de travail. Cette possibilité découle de l’article L. 1231-1, qui garantit la liberté de rompre son contrat à tout moment, même en cas de suspension du contrat pour raison médicale.

Concrètement, un employé en arrêt maladie, accident du travail ou maladie professionnelle conserve son droit de démissionner. Cette disposition s’applique quelle que soit la durée de l’arrêt ou son motif.

Conditions d’application selon le type d’arrêt

Bien que le droit de démissionner soit universel, les modalités pratiques varient selon la nature de l’arrêt :

  • Arrêt maladie ordinaire : La démission suit la procédure standard, sans restriction particulière.
  • Accident du travail ou maladie professionnelle : Une meilleure vigilance s’impose pour éviter toute contestation de la validité de la démission.
  • Congé maternité : La salariée bénéficie d’une meilleure protection, mais conserve son droit de démissionner.

Exceptions et cas particuliers à connaître

Certaines situations limitent ou modifient le droit de démissionner en arrêt de travail. Par exemple, pendant la période d’essai, la rupture du contrat obéit à des règles spécifiques, distinctes de la démission classique.

De plus, en cas d’inaptitude constatée par le médecin du travail, le risque de licenciement pour inaptitude peut inciter le salarié à envisager une démission comme alternative. Dans ce contexte, une consultation préalable avec un avocat spécialisé en droit du travail est pertinente pour évaluer les options et leurs conséquences.

Procédure et formalités pour démissionner en arrêt maladie

procédure de démission

Notification obligatoire par lettre recommandée

Pour démissionner pendant un arrêt de travail, le salarié doit impérativement notifier sa décision à son employeur par lettre recommandée de démission avec accusé de réception (LRAR). Cette formalité garantit la preuve de la démission et sa date effective.

La lettre doit exprimer clairement et sans ambiguïté la volonté de démissionner. Annoncer sa démission de manière équivoque évite tout risque de contestation ultérieure par l’employeur.

Respect des délais de préavis selon le statut

Le préavis de démission varie selon le statut du salarié et la convention collective applicable. Voici un aperçu des durées courantes :

StatutDurée du préavis
Employé1 mois
Agent de maîtrise2 mois
Cadre3 mois

Le préavis pour une démission doit être scrupuleusement respecté, sauf dispense accordée par l’employeur. Son non-respect peut entraîner des sanctions financières pour le salarié.

Gestion du préavis pendant l’arrêt de travail

Gérer le préavis pendant un arrêt de travail soulève des questions spécifiques. Si l’arrêt se prolonge au-delà de la fin du préavis, celui-ci n’est pas prolongé et prend fin à la date initialement prévue.

En revanche, si l’arrêt se termine avant la fin du préavis, le salarié doit reprendre son poste pour effectuer le reste du préavis, sauf dispense accordée par l’employeur. Cette situation peut créer des complications pratiques, notamment en cas de nouvel emploi déjà programmé.

Impact sur les indemnités et la rémunération

Maintien des indemnités journalières de sécurité sociale

Démissionner n’interrompt pas automatiquement le versement des indemnités journalières de sécurité sociale (IJSS). Ces indemnités continuent d’être versées jusqu’à la fin de l’arrêt de travail prescrit, même si celui-ci dépasse la date de fin du contrat.

En 2025, le montant des IJSS s’élève à 50% du salaire journalier de base, plafonné à environ 47 € par jour. Cette continuité assure un revenu minimal au salarié démissionnaire pendant sa convalescence.

Indemnités complémentaires de l’employeur

Les indemnités complémentaires versées par l’employeur obéissent à des règles différentes. Généralement, elles cessent d’être versées à la date effective de fin du contrat, c’est-à-dire à l’issue du préavis.

Toutefois, certaines conventions collectives prévoient des dispositions plus favorables. Un examen attentif de la convention applicable s’impose pour déterminer ses droits précis.

Calcul de l’indemnité compensatrice de préavis

En cas de dispense de préavis accordée par l’employeur, le salarié a droit à une indemnité compensatrice. Son montant équivaut au salaire qu’il aurait perçu s’il avait travaillé pendant cette période.

Le calcul de cette indemnité prend en compte le salaire de base, mais aussi les primes et avantages habituels.

Conséquences sur les droits sociaux et alternatives possibles

droits sociaux

Perte du droit aux allocations chômage

Démissionner volontairement entraîne généralement la perte du droit aux allocations chômage. Cette conséquence majeure doit être soigneusement pesée avant de prendre la décision de démissionner pendant un arrêt de travail.

Selon les données de Pôle Emploi pour 2025, le taux de chômage en France s’établit à 7,2%, avec 2,5 millions de bénéficiaires de l’Allocation de Retour à l’Emploi (ARE). La privation de ce filet de sécurité peut être problématique pour de nombreux salariés.

Motifs légitimes ouvrant droit aux allocations

Certains motifs de démission, considérés comme légitimes par Pôle Emploi, permettent de conserver le droit aux allocations chômage. Parmi les 17 motifs reconnus, on trouve :

  • Le suivi du conjoint muté professionnellement
  • La création ou reprise d’entreprise
  • Les violences conjugales
  • Le non-paiement des salaires

Rupture conventionnelle comme alternative avantageuse

La rupture conventionnelle propose une alternative intéressante à la démission, même en situation d’arrêt de travail. Cette procédure, encadrée par la loi, permet une séparation à l’amiable entre l’employeur et le salarié.

Ses avantages incluent l’ouverture des droits au chômage et la négociation d’indemnités spécifiques. Le tableau ci-dessous compare les principales différences entre démission et rupture conventionnelle :

CritèreDémissionRupture conventionnelle
Droit au chômageNon (sauf motifs légitimes)Oui
Indemnités spécifiquesNonOui (négociables)
PréavisObligatoireNégociable

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